Brexit: rien ne va plus

Jocelyn Jovène, Morningstar

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La nomination de Borish Johnson ouvre une nouvelle période d’incertitude pour le Royaume-Uni, l’Europe et les marchés financiers.


©Keystone

Boris Johnson fera-t-il mieux que Theresa May? Beaucoup se posent la question, tant le personnage semble présenter un caractère pour le peu «clivant» et difficile à comprendre. Les premières réactions à sa victoire au sein du parti convervateur britannique ont laissé apparaître un certain nombre d’inquiétudes, en particulier dans le monde diplomatique.

La commission européenne, par la voix de son négociateur en chef Michel Barnier, n’a pas tardé à mettre d’entrée de jeu la pression sur Johnson, lui rappelant que beaucoup a déjà été fait et qu’il y avait peu de marges de manœuvre et encore moins de temps pour renégocier quoi que ce soit.

«Un nouveau premier ministre qui a à plusieurs reprises affirmer être prêt à quitter l’Union européenne sans accord a de grandes chances d’entrer en conflit ouvert avec le Parlement», observent les stratégistes d’UBS dans une note datée du 23 juillet.

Bien évidemment, les marchés espèrent qu’une extension des négociations avec l’Europe sera obtenue, en particulier si des élections anticipées étaient déclenchées. Ce scénario serait vraisemblablement favorable aux actions britanniques domestiques, au crédit «investment grade» et sans impact majeur pour l’économie européenne (préservation d’un certain «status quo»).

Le scénario du pire serait de ne pas trouver d’accord («No Deal»), lequel se traduirait par une récession au Royaume-Uni et un net ralentissement en Europe, une correction boursière, pénalisant surtout les entreprises domestiques, et une sous-performance des obligations à haut rendement par rapport aux titres «investment grade».

Bien évidemment, dans un tel scénario, les banques centrales (Banque d’Angleterre, BCE) seraient contraintes d’intervenir et de relancer un programme d’assouplissement quantitatif.

«La situation économique est sur le fil du rasoir», observent Thomas Bauer et Véronique Riches-Flores de RF Research. Le cabinet de recherche économique juge toutefois «peu probable» un Brexit sans accord d’ici octobre.

La principale victime pour l’instant est la livre. Depuis le mois de mai, elle a déjà cédé 5%. L’absence de clarté sur le scénario le plus probable, l’incertitude qui pèse sur le moral des agents économiques, sont de nature à peser durablement sur l’évolution future de la devise britannique.

Performance comparée des marchés actions européens et britannique

Source: Morningstar Direct