La chronique des marchés de Vontobel au 9 septembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Vontobel

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Nasdaq -0,17%, SPX +0,09%, Dow +0,26%, Russell -0,37%, SOX +0,14%, Eurostoxx +0,30%, SMI +0,91%.

Wall-Street termine sa semaine sur une note d’hésitation. Les chiffres de l'emploi en août ressortent inférieurs aux attentes aux Etats-Unis, ce qui jette un léger froid, très momentané cela dit. Le président de la Fed, Jerome Powell, qui s'exprimait lors d'un débat à Zurich, laisse de son côté entendre que la banque centrale américaine se tient prête à assouplir encore sa politique monétaire. Il estime par ailleurs que l'économie américaine ne risque pas de tomber en récession. Si l’on prend un peu de recul, force est de constater que le mois de septembre a fort bien débuté avec l’indice S&P500 (SPX) en progression de 1,8% sur la semaine écoulée et le Nasdaq100 (NDX) qui avance de 2,2%. Peu ou pas de couvertures de positions à découvert (shorts) mais de vrais acheteurs, l’indice Beta Index gagnant 4% en cinq séances. L’appétit au risque est donc de retour. Les indices ont pleinement apprécié la décision de Carrie Lam, cheffe de l’exécutif de Hong-Kong, de retirer formellement le projet de loi sur l’extradition, qui déchainait les passions. La confirmation par Pékin et Washington (mais surtout par Pékin) que les parties se retrouveront en octobre à Washington pour discuter à nouveau commerce a également fait son effet. Plus tard dans la semaine, la Chine a annoncé réduire son taux RRR (Reserve Requirement Ratio) à 13,5%, un niveau plus observé depuis 2007. Les RRR représentent les liquidités que les banques commerciales ont l’obligation de détenir auprès de la Banque Centrale Chinoise (PBoC). Lorsque le ratio diminue, cela permet à ces banques d’octroyer plus de crédits et donc de soutenir l’économie. En l’occurrence il s’agit de 126 milliards de dollars qui y seront injectés. Enfin, vendredi après la clôture européenne, le patron de la Fed Jerome Powell donne un discours à Zurich. Monsieur Powell, réagissant à la publication un peu plus tôt dans la journée des créations d’emplois aux Etats-Unis, estime que ces données témoignent d'un marché de l'emploi et d'une économie US en bonne santé, jouissant d'une croissance modérée. Il précise que la Fed ne prévoit pas de récession. Toutefois, il souligne que l'économie fait face à des risques baissiers «significatifs», affirmant que la Réserve Fédérale va surveiller tous les facteurs de risque. Jerome Powell se dit en particulier inquiet d'une inflation qui deviendrait trop faible, ce qui est immédiatement interprété dans le marché comme un signe que la Fed continuera de baisser ses taux directeurs afin de stimuler l'inflation. «Notre obligation est d'utiliser nos outils pour soutenir l'économie et c'est ce que nous continuerons à faire», ajoute-t-il. Les marchés anticipent massivement une nouvelle baisse des taux directeurs de la Fed à l'issue de sa prochaine réunion des 17 et 18 septembre, après celle d'un quart de point du mois de juillet, qui était la première depuis plus de 10 ans.

En termes de secteurs, la semaine passée il fallait acheter tout ce qui a trait à la Chine et au pétrole. Vendredi les semi-conducteurs ont passé une journée particulièrement bonne, l’indice Sox avançant de 4,3%. La volatilité recule, l’indice VIX en baisse de 7,8% à 15,25, le rendement de l’emprunt US à 10 ans remonte à 1,59%, l’or glisse à 1506 dollars par once et le pétrole est soutenu, le WTI Light Crude à 57 dollars le baril. Le dollar se stabilise, le Dollar Index DXY à 98,43. La paire euro/dollar à 1,1031 et le dollar/suisse à 0,9896. Le franc se détend quelque peu face à l’euro, à 1,0917.

En Europe, la semaine démarre avec la balance commerciale allemande et les données mensuelles de l'économie britannique (10h30). Aux États-Unis, la seule donnée disponible aujourd'hui est celle des crédits à la consommation (19h00). Dimanche, les chiffres du commerce extérieur chinois ont déçu, avec une légère contraction des exportations.

Et cette semaine, l'accent est mis sur la réunion de l'OPEP, la décision de la BCE sur le taux, les ventes au détail aux États-Unis et l’indice des prix à la consommation en Chine. Peu de résultats de sociétés cette semaine avec Broadcom (AVGO) et Kroger (KR) au centre de l'attention. Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, devrait renouveler sa campagne en faveur d'élections anticipées au cours de ce qui devrait être une autre semaine folle dans les délibérations du Brexit.

Demain, Apple tient une conférence de rentrée pour présenter ses nouveaux produits et services, avec son lot de rumeurs habituelles. Boeing aurait rencontré des soucis lors des tests du B777X, aux dernières rumeurs, même si rien ne permet de penser que le premier vol d'essai, prévu au début de l'année 2020, sera remise en cause. Permira et Advent auraient approché Symantec en vue d'un rachat à 16 milliards de dollars, a appris le Wall Street Journal. De nouveaux éléments des «football leaks» publiés par le Spiegel montrent que le montant du nouveau contrat signé par la star du football Ronaldo avec Nike lui rapportera 162 millions d’euros. Le directeur général de Roche, Séverin Schwan, estime que son groupe est capable de générer une solide croissance avec son portefeuille détenu en propre, et qu'il n'a pas nécessairement besoin d'acquisitions. Ferrari présente aujourd'hui sa dernière-née, la F8 Spider. L'entrée en bourse de WeWork pourrait valoriser la société à moins de 20 milliardes d’euros alors que le management espérait plus, si bien que l'IPO pourrait être décalée à Wall Street.