Gonet: l'actualité des marchés au 26 mars

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Nasdaq -0,45%, SPX +1,15%, Dow +2,4%, Russell +1,3%, SOX -1,3%, Eurostoxx +3,13%, SMI +2,93%.

Wall Street parvient enfin à clôturer dans le vert deux séances d'affilées. Ca ne s'était plus produit depuis le 12 février, autant dire depuis une éternité, le monde était si différent alors. La fête aurait pu être nettement plus jolie si Bernie Sanders n'avait pas décidé de s'offrir de la publicité gratuite en déclarant qu'il est prêt à mettre le projet de loi en suspens si les Républicains ne renoncent pas à leurs objections sur les allocations chômage. Du coup l'indice S&P500 (SPX) rend environ 3% dans la dernière demi-heure de trading, lui qui était parvenu à se hisser à nouveau au-dessus des 2'550 points. Bernie Sanders n'est pas le seul à blamer, on peut aussi mentionner Apple (AAPL US -0,55%) qui pourrait repousser le lancement de son premier iPhone équipé de la technologie 5G, selon le media Nikkei. Quoi qu'il en soit, Bernie Sanders ne fait que repousser l'inéluctable, qui est d'ailleurs voté cette nuit par le Sénat et doit encore être approuvé par la chambre des représentants, à dominance démocrate, ce qui ne devrait pas constituer un obstacle car 100% de démocrates siégeant au Sénat ont voté pour le projet de loi. Le sentiment du marché est aussi aidé par l'Italie, qui montre de timides signes d'amélioration dans les nouveaux cas annoncés. La Chine rassure aussi avec notamment le patron de Huawei qui déclare que 90% de ses employés en Chine sont retournés travailler.

Les secteurs concernés par le plan de relance sont recherchés hier et notamment les titres de prêteurs hypothécaires, les hôpitaux, les assureurs vie, l'immobilier, les voyagistes, les compagnies aériennes, les hôtels, les vêtements et... les casinos. Les volumes d'échanges restent très élevés aux Etats-Unis avec 16,9 milliards de titres échangés sur le NYSE (New York Stock Exchange) alors qu'ils se tassent considérablement en Europe. Les ETFs (Exchange Traded Funds) n'ont jamais été autant traités. A eux seuls, 5 d'entre eux correspondent à 42% du volume total du NYSE. Il s'agit du SPY (ETF répliquant l'évolution du S&P500), du QQQ (Nasdaq100), du IWM (Russell2000), du HYG (obligations de sociétés à haut rendement) et du TLT (Bons du trésor US d'une maturité supérieure à 20 ans). Le vénérable Dow Jones revient brièvement prendre la température à 22'000 pour rendre 800 points en clôture. Notons les semi-conducteurs qui souffrent du recul d'Apple, l'indice SOX étant du coup pénalisé par Advanced Micro (AMD -3,4%), Qualcomm (QCOM -3,6%) et Skyworks Solutions (SWKS -2,2%). Après la clôture Micron Tech (MU) progresse de 5,7% après avoir battu les attentes des analystes.

Dans une interview avec la chaîne américaine Fox News, Donald Trump affirme qu'un confinement trop prolongé pourrait «détruire» l'économie de la première puissance mondiale. «On peut détruire un pays en le fermant de cette façon», indique-t-il, estimant qu'une "grave récession" pourrait faire plus de victimes que le nouveau coronavirus...

Le dollar recule pour la troisième séance consécutive, le dollar index DXY à 100.7, la paire eur/usd à 1,0915. Le pétrole recule de 3% à 23,71 dollars le baril de WTI Light Crude. Le rendement de l'emprunt US à 10 ans repart vers le sud, à 0,80% ce matin et l'or se maintient au-dessus des 1600 dollars l'once.

Les économistes tentent d'évaluer les conséquences de la pandémie sur l'économie américaine. Ceux de JP Morgan estiment que le PIB des Etats-Unis pourrait fondre de 14% au Q2, tandis que Goldman Sachs entrevoit une chute de 24% sur la même période.

Les chiffres de l’emploi aux Etats-Unis seront scrutés cet après-midi. Pas moins de 46 millions de personnes pourraient se retrouver sans emploi à court terme aux Etats-Unis alors que les entreprises en contact avec du public ferment leurs portes pour endiguer la propagation de l'épidémie de coronavirus, annonce hier James Bullard, le président de la Réserve fédérale de Saint-Louis. Les demandes hebdomadaires d'allocations chômage au 21 mars seront publiées à 14h30 heure de Genève, d'ordinaire elles sortent dans des niveaux de 200 à 250'000. Aujourd'hui les attentes des économistes s'élèvent à 1'640'000 demandes.

Nike (NKE +9,2%) le marché salue des résultats trimestriels plutôt solides. Bénéfice net au troisième trimestre de 847 millions de dollars ou un bénéfice par action de 53 cents contre un profit de 1,1 milliard de dollars ou 68 cents par titre un an plus tôt. Les revenus battent les attentes grâce à une croissance de 13% de Nike Direct, et à une progression des ventes en ligne de 36%. Les belles performances sur plusieurs marchés clefs de Nike, dont l'Amnord, ont permis de compenser l'impact de la pandémie de Covid-19 sur l'activité en Chine. La marge brute s'est par ailleurs établie à 44,3%. Compte tenu des incertitudes liées à l'épidémie, pas de guidance 2020. Mais Nike possède 30% de parts de marché en Chine et au Japon, qui sont en avance sur le reste du monde dans le cycle de la pandémie et redémarrent déjà le moteur de leurs croissances respectives.

Les ventes de Target ont été dopées grâce au coronavirus, Le marché de la dette d'entreprise n'est pas fermé, comme le démontrent les opérations menées par Nike, McDonald's et Pfizer. Calida modifie son conseil d'administration. Valora s'attend à une année 2020 très compliquée. Sonova réduit sa guidance et est indiquée en baisse de 5% à l'ouverture.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé avec Tokyo qui recule de 4,5% après ses deux séances de forte hausse. Hong Kong rend 0,7%, Shanghai 0,6% et Séoul 1%. Les marchés australiens, indien et taïwanais sont en hausse. Le future SPX traite en recul de 1,8%, l'Eurostoxx est indiqué en recul de 2,2% à l'ouverture, rien de bien extraordinaire à cela, on digère les gains récents et le marché est déjà en train de mettre le plan de relance de l'économie US derrière lui.

Tout le monde sur le pont à 14h30 pour les chiffres de l'emploi aux Etats-Unis!