Axa veut se faire une place dans les services de santé aux USA

AWP

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Axa ambitionne de grandir dans ce marché ces prochaines années, se disant prêt à de nouvelles acquisitions.

Encore faiblement présent dans les activités de santé aux États-Unis, l’assureur Axa ambitionne de grandir dans ce marché ces prochaines années, se disant prêt à de nouvelles acquisitions après le rachat début 2018 de la société de gestion numérique des couvertures de santé Maestro Health.

Longtemps absent de ce marché, Axa y a mis un premier pied en début d’année en mettant la main sur cette société américaine pour 155 millions de dollars (environ 127 millions d’euros).

Et l’appétit du groupe semble loin d’être rassasié à ce stade: Axa se tient prêt à mener de nouvelles acquisitions ou prises de participations dans le secteur de la santé aux Etats-Unis, a fait savoir lundi Guillaume Borie, le directeur de l’innovation du groupe, lors d’une rencontre avec la presse à New York.

L’assureur, qui n’a donné aucun détail concernant d’éventuelles discussions en cours, s’intéresse tout particulièrement à des acteurs positionnés sur la gestion des données, les services de santé en entreprise ou encore la coordination de solutions de santé.

Le groupe avait déjà annoncé par le passé avoir défini un budget de 200 millions d’euros chaque année pour réaliser des acquisitions ou des investissements stratégiques dans des secteurs d’innovation.

Nouvelle stratégie

Depuis 2016 et l’arrivée à sa tête de l’Allemand Thomas Buberl, Axa s’est lancé dans un vaste plan de réorganisation qui doit permettre, entre autres, de recentrer ses activités autour d’une quinzaine de marchés sur la soixantaine de pays où il était jusqu’à présent actif.

Dans un contexte de taux très bas, il veut aussi réduire sa dépendance aux risques de marché et à l’assurance vie pour donner la priorité à des activités jugées désormais plus porteuses, comme la prévoyance, l’assurance dommage pour les entreprises et... la santé.

À ce stade, l’activité d’Axa dans le domaine de la santé s’élève à 12 milliards d’euros dans le monde, centrée sur six marchés principaux, dont la France.

Le groupe ambitionne donc de croître notamment aux États-Unis, mais aussi en Asie.

La prudence est toutefois de mise en ce qui concerne le marché américain de la santé, très complexe, confronté à une forte hausse des coûts et en proie à d’importantes turbulences depuis plusieurs années.

Nouveaux acteurs

Dans ce contexte, «nous avons décidé de ne pas entrer sur le marché de l’assurance primaire santé aux Etats-Unis, qui est un marché très saturé. Nous avons préféré y entrer via des services innovants», a souligné M. Borie.

Le rachat de Maestro Health, qui fournit des services numériques aux entreprises dans la gestion de leur plan de santé, s’inscrit dans cette logique.

«On pense qu’aujourd’hui face aux problèmes spécifiques du marché américain, l’assurance en elle-même ne peut pas être la réponse unique. Deuxièmement, on pense que le marché est déjà beaucoup trop occupé sur ce sujet. Et troisièmement l’entrée par les services et la capacité à proposer de nouvelles solutions est sur le moyen terme créateur de davantage de valeur pour nous», a précisé M. Borie.

L’assureur entend ainsi se positionner comme un acteur de premier plan sur le marché des services dédiés aux sociétés ayant décidé de prendre à leur charge les frais de santé de leurs employés, soit environ un tiers des entreprises aux Etats-Unis.

L’enjeu est de taille à un moment où une foule de nouveaux acteurs innovants investissent le terrain de la santé, proposant ici des assurance accessibles en ligne, là des services de gestion des données ou encore des conseils de prévention pour les particuliers.

«La santé est probablement le secteur sur lequel on peut attendre le plus de disruption ces prochaines années», a estimé Guillaume Borie.

Ce constat vaut pour l’ensemble de la planète et tout particulièrement pour les États-Unis, où les dépenses de santé atteignent plus de 3.000 milliards de dollars par an, un chiffre en hausse de 7% chaque année, a-t-il précisé.