«Enorme intérêt» des entreprises suisses à investir en Inde

AWP/ATS

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Depuis New Delhi, le président de la Confédération Guy Parmelin n’a toutefois pas caché que plusieurs problèmes restent à régler.

«On voit un énorme intérêt des entreprises suisses pour investir», a déclaré Guy Parmelin depuis New Delhi. Mais plusieurs problèmes restent à régler, selon le président de la Confédération, en Inde pour une visite d’Etat qui doit durer trois jours.

M. Parmelin a atterri lundi matin à New Delhi, où il a été reçu en grande pompe par le premier ministre indien ultranationaliste Narendra Modi, un an après la signature d’un accord commercial et économique entre les pays de l’Association européenne de libre-échange (Suisse, Norvège, Islande, Liechtenstein) et l’Inde. Preuve de l’importance du dossier pour Berne, il s’agit de la cinquième visite officielle du Vaudois dans le pays depuis 2022.

Premier de ce genre entre l’Inde et des pays européens, l’accord, négocié durant seize ans, est «profitable aux deux parties» selon M. Parmelin. Côté suisse, il permet notamment la suppression des droits de douane sur la plupart des machines, et améliore l’accès au marché indien pour les produits pharmaceutiques ou pour les produits agricoles transformés, comme le chocolat ou les capsules de café.

La Suisse bénéficie ainsi des échanges avec un immense partenaire, dont la croissance est soutenue, à une époque où le commerce mondial est devenu plus imprévisible. L’Inde bénéficie elle de capitaux, de transferts de technologie et d’un accès facilité aux marchés de biens à haute valeur ajoutée, a listé le président suisse lors d’une déclaration conjointe aux médias avec M. Modi.

L’Inde est le deuxième partenaire commercial de la Suisse en Asie, et le principal en Asie du Sud. Plus de 350 entreprises suisses y sont actives.

Enorme intérêt, mais

«On voit un énorme intérêt des entreprises suisses, toutes tailles confondues», a aussi déclaré Guy Parmelin lors d’un entretien avec Keystone-ATS. La Chambre de commerce Suisse-Inde les a sondées. Entre les investissements déjà réalisés depuis un an, ceux annoncés et ceux qui sont envisagés d’ici 2030, on arrive à 29 milliards de dollars, côté suisse, a détaillé le ministre de l’économie.

Le but affiché est d’atteindre 100 milliards d’investissements en 15 ans en comptant tous les pays de l’AELE. On est donc en avance, note Guy Parmelin. Au niveau de la création de postes de travail, on devrait arriver à 400’000 postes directs ou indirects d’ici 2030, alors que l’objectif est fixé à un million de postes d’ici 2040.

«Tout n’est pas parfait», a nuancé le Vaudois. «Ma visite a pour but de montrer dans certains secteurs des problèmes concrets rencontrés par les entreprises.» Elle doit notamment servir à faire progresser voire finaliser un accord de protection des investissements.

Litiges et arbitrage

Par exemple, en cas de litiges entre des entreprises et l’Etat indien, il doit y avoir une voie de recours sûre, un arbitrage fiable. Pour l’instant, ce n’est pas encore le cas, ce qui freine les investissements. Une rencontre avec la ministre des Finances indienne sur cette question est agendée pour mardi.

«Ces trois jours sont à disposition des entreprises suisses pour mettre sur la table les points de friction», a poursuivi M. Parmelin. Et d’évoquer notamment l’aspect des réglementations trop bureaucratiques. Il y a aussi la question de la taxation des dividendes, pour laquelle il faudrait négocier un amendement à l’accord commercial.

La problématique sensible de la propriété intellectuelle, en particulier pour la branche pharmaceutique suisse, fait également partie des discussions. L’Inde, fabrique mondiale des génériques, a désormais intérêt à protéger ses innovations, et la réflexion est en route ici aussi, constate le Vaudois. Le pays a un fait un pas décisif. En 2008, la pharma suisse avait refusé tout accord, a-t-il rappelé.

Coopération nucléaire et migratoire aussi

De son côté, Narendra Modi a aussi évoqué la «coopération dans les échanges militaires et la production pour la défense», sans donner plus de détails, ainsi que «dans le secteur de l’énergie nucléaire» civile. Le changement climatique pose d’énormes problèmes à l’Inde, notamment au niveau agricole, a illustré à ce sujet M. Parmelin. «Ils aimeraient sortir le plus vite possible du charbon, c’est pour ça qu’ils investissent dans le nucléaire».

Berne et New Delhi ont aussi annoncé avoir signé une déclaration d’intention sur la migration et la mobilité, notamment en matière de formation et coopération scientifique. Elle prévoit en outre la réadmission des ressortissants tenus de quitter le territoire. Un accord sur les échanges pour les jeunes professionnels est aussi en vue, permettant un séjour de formation ou formation continue dans chacun des deux pays.

Encore des visites

La visite présidentielle se poursuit. Mardi, la délégation suisse se rendra notamment à l’aéroport international de Noida, géré par une filiale de l’aéroport de Zurich. Un événement de haut rang sur la coopération scientifique complètera ces rencontres. La visite se terminera mercredi avec le deuxième «Prosperity Summit» entre l’Inde et les pays de l’AELE, qui permet de mettre en relation les représentants des gouvernements avec ceux des milieux économiques.

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