Gonet: l'actualité des marchés au 30 septembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow -0,26%, S&P 500 -0,17%, Nasdaq -0,09%, Russell -0,35%, SOX +1,32%, Eurostoxx +0,30%, SMI -0,22%.

 

Le marché aborde la dernière séance de septembre en mode optimiste mais pas trop. Cet état d’esprit est soutenu par le retour des PMI (indices des directeurs d’achats) Chinois en zone d’expansion et une détente bienvenue du cours de l’or noir, apparemment attribuable à JP Morgan et Goldman Sachs qui estiment que les exportations de pétrole brut du Moyen Orient sont revenues à environ 98% de leur niveau d’avant-guerre. En parallèle le rendement du 10 ans US se détend un chouia et revient ce matin à 5,21% contre 5,29% au plus haut hier. On garde un œil relativement inquiet sur son grand-frère le 30 ans, qui se met en orbite hier pour atteindre 5,6194% à son plus haut du jour. Retour à 5.55% ce matin, la poussée de fièvre observée ce mardi sur la partie longue de la courbe US s’explique notamment par une émission obligataire attendue de 32 milliards de dollars de Paramount Skydance pour financer le rachat de Warner Bros Discovery, les intervenants vendant du Long Bond US pour libérer du cash en vue de cette émission jumbo. La détente observée sur le 10 ans est probablement due aux déclarations de John Williams, le patron de la Réserve Fédérale de New York, qui vote au FOMC, sa voix compte donc. M. Williams estime qu’une nouvelle hausse des taux pourrait être appropriée en fin d’année si l’économie évolue comme prévu, mais souligne qu’il n’y a aucune urgence après le relèvement de septembre. Le marché entend surtout l’absence d’urgence et envoie les probabilités de hausse de taux par la Fed le 28 octobre de 70% à 45% d’un coup.

Plus largement, gardons en tête que l’économie des Etats-Unis est vigoureuse et que les risques inflationnistes sont importants. En revanche une sorte de dichotomie nauséabonde émerge dans le paysage macro-économique de la première puissance mondiale, avec d’un côté une économie qui pète la forme (comme l’illustrent les récents PMIs) et de l’autre un consommateur qui semble perdre pied, la publication hier de l’indice de confiance des consommateurs chute à son plus bas niveau depuis 2014, elle rate les attentes de beaucoup. Comment s’en étonner avec un prix du gallon de diesel qui gravite actuellement à 6,44$ et un taux hypothécaire fixe à 30 ans en orbite à 7,58%, sans parler des biens et services dont les prix augmentent régulièrement.

Dans ce contexte le dollar reste recherché, la paire EUR/USD cote 1,1351, elle regarde toujours comme prochain support 1,1325, son plus bas en séance du 24 juin. C’est un mercredi chargé qui attend le marché, avec au-delà de l’observation permanente d’une courbe des taux US tendue comme une corde de violon, la publication de l’indice des prix à la consommation en zone euro pour le mois de septembre (11h00). A ce sujet l’Espagne a déjà publié son CPI hier, qui a surpris en atteignant 5%, la BCE est déjà en mode faucon, c’est à suivre de près. Dans l’après-midi ce sera le tour du PCE (Personal Consumption Expenditure) d’être publié aux Etats-Unis, pour le mois d’août certes mais le PCE est l’outil favori de la Fed pour mesurer l’inflation. Après la clôture du NYSE nous aurons droit aux trimestriels de Micron Tech.

Et dans ce contexte ô combien opaque, le joyeux royaume des actions flirte avec ses records historiques, gardons toutefois en tête que l’indice S&P500 (SPX) stagne depuis le début du mois d’août, contrairement au Nasdaq100 (NDX) et aux semi-conducteurs (SOX) qui ont repris du poil de la bête depuis. L’intelligence artificielle reste un moteur boursier. Les revenus annualisés d’OpenAI approcheraient 70 milliards de dollars et le groupe viserait une levée de fonds de 30 milliards pour une valorisation de 1’400 milliards, soutenant Oracle et potentiellement les valeurs liées aux infrastructures d’IA. Le SPX s’approche à nouveau de sa moyenne mobile à 50 jours, qui évolue 25 points en-dessous de sa clôture à 7670 points. Son podium du jour se compose des utilities, des services de communication et des industrielles. Le breadth est nettement négatif sur toute la cote, les volumes d’échanges encore faibles, sans les semi-conducteurs et les services de communication la clôture d’hier eût été nettement plus négative. Notons que le SOX joue avec sa 100 jours depuis le 21 septembre, elle évolue actuellement à 12305 points contre une clôture de l’indice à 12629 pts hier. Au chapitre de la volatilité, le VIX se languit à 16,04 ce qui, pour les jeunes depuis plus longtemps que d’autres et qui sont passés par octobre 2008 ou mars 2020, équivaut à être en PLS.

L’or résiste, l’once revient à 4197$, la demande des ETF reste soutenue: leurs achats nets atteignent 1,87 million d’onces depuis le début de l’année, portant leurs avoirs à 100,8 millions d’onces, un plus haut depuis le 2 mars.

Tiens! on me souffle dans l’oreillette que l’indice des prix à la consommation du mois de septembre est sorti en France à 3%, les économistes tablaient sur 2,8%. Cela confirme le chiffre espagnol, on se tourne du côté des OAT françaises, autant vous dire tout de suite que cela n’est pas très joli à voir. Le 10 ans OAT monte à 4,78% et traite désormais 120 points de base au-dessus de son alter ego Allemand Bund. La présidentielle d’avril 2027 joue un rôle majeur dans ces mouvements, l’inflation aussi.

On le constate aisément, l’horizon du marché est actuellement plutôt brumeux. Dans ce contexte il est bien souvent judicieux de consulter les indicateurs internes de marchés, qui ne font pas grand-chose pour rassurer la galerie. Seules 25% des actions du SPX évoluent désormais au-dessus de leur moyenne mobile à 50 jours, contre 70% à la mi-août. C’est la plus faible proportion depuis le 2 avril et la deuxième plus basse depuis la chute des marchés liée au «Liberation Day» d’avril 2025. Par ailleurs, seules 47% des actions dépassent leur moyenne mobile à 200 jours, également un plus bas depuis le 2 avril. Lundi, à la Bourse de New York (NYSE), les actions touchant un nouveau plus bas sur un an étaient plus nombreuses que celles atteignant un nouveau plus haut, pour la dixième séance consécutive et lors de 14 des 15 dernières séances. En clair, la participation à la hausse se dégrade rapidement: de plus en plus de titres faiblissent, même si les grands indices peuvent encore résister grâce à quelques poids lourds.

Aux Etats-Unis, entre fin 2023 et juillet 2026, les dépenses de construction des centres de données auraient augmenté de quelque 51 milliards de dollars en rythme annuel, tandis que celles du reste de la construction privée diminueraient d’environ 120 milliards. Faisons donc dorénavant régulièrement un point sur l’IA: OpenAI dévoile Dots, un agent fonctionnant en continu, capable d’utiliser un ordinateur et les données d’applications connectées pour mener des recherches, rédiger des documents et développer des logiciels, ainsi qu’une nouvelle formule à 500 dollars par mois. De son côté, Anthropic aurait déposé un prospectus d’introduction en Bourse évoquant les risques catastrophiques ou existentiels de sa technologie pour l’humanité et des dépenses prévues de plusieurs centaines de milliards de dollars. Cet essor soutient les valeurs liées à l’IA: Oracle gagne jusqu’à 8,2% hier après les informations sur OpenAI, auquel il est lié par l’accord Stargate de 400 milliards de dollars, tandis que Meta progresse d’environ 36% en septembre au 25 du mois, grâce au succès de son assistant Muse, qui ravive la confiance dans sa capacité à monétiser l’IA et rapproche sa capitalisation de 2000 milliards de dollars.

Le point banques centrales du jour: on a déjà mentionné John Williams, ses collègues Michael Barr et Alberto Musalem jugent toutefois de nouvelles hausses probablement nécessaires: le premier souligne que les prix élevés du pétrole et la demande liée à l’IA perturbent la désinflation, tandis que le second considère la politique monétaire encore légèrement accommodante et les taux insuffisants pour freiner la croissance. En zone euro, les marchés anticipent environ 64 points de base de hausses de la BCE d’ici fin 2027, puis seulement 6 points de base de baisse d’ici fin 2028, une trajectoire jugée trop optimiste par Bloomberg face au choc énergétique, à la faible croissance et au durcissement des conditions financières.

La journée macro sera marquée en Europe par les chiffres de l’inflation en Italie à 11h00 et en Allemagne à 14h00, ainsi que par l’évolution du nombre de chômeurs allemands à 09h55. Aux Etats-Unis, l’emploi privé ADP paraîtra à 14h15, avant une série de publications à 14h30: croissance du PIB, dépenses et revenus personnels, inflation PCE, stocks en gros et balance commerciale. Suivront le Chicago PMI à 15h45 et les stocks de pétrole de l’EIA à 16h30. Enfin, les interventions de responsables de la Fed se succéderont avec Barkin à 19h30, Goolsbee à 23h10 et Kashkari à minuit.

UniCredit affiche sa confiance dans les discussions avec Berlin au sujet de Commerzbank. Bayer fait face à un procès test sur les plaintes restantes liées au Roundup après sa victoire devant la Cour suprême américaine. BP propose un accord collectif de six ans pour sa raffinerie de Whiting, tandis que Volkswagen aurait constitué des provisions pour indemniser des clients du financement automobile au Royaume-Uni. La FDA accepte d’examiner en priorité le fenebrutinib de Roche contre la sclérose en plaques. Chez Apple, John Ternus prévoit une réorganisation pour accélérer le développement des produits, étoffer la gamme et gagner en agilité. Tesla rassemble 30 milliards de dollars de lignes de crédit pour financer ses investissements, tandis que Salesforce prévoit de racheter Listen Labs, une plateforme d’études clients. Un traitement expérimental d’Eli Lilly entraîne une perte de poids de 21% dans un essai consacré au diabète. Boeing remporte le contrat du futur chasseur de la Marine américaine, tandis que RTX décroche une commande de 247 millions de dollars auprès de cette dernière. Robinhood ouvre les échanges sur les actions américaines 24 heures sur 24 durant le weekend. Glencore obtient l’autorisation de prolonger ses activités charbonnières dans la Hunter Valley, en Australie.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en hausse à part Séoul qui égare 0,48%. Tokyo prend 1,94% à la cloche, Hong Kong avance de 0,44%, Shanghai monte de 0,31% et le Nifty50 grappille 0,27%. Les futures SPX et NDX sont en léger progrès, l’Europe gagne 0,7% dans les premiers échanges.

Tout le monde sur le pont à 14h30 pour la publication de l’indice PCE aux Etats-Unis!

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