Gonet: l'actualité des marchés au 22 septembre

Jean Frédéric Nussbaumer, Gonet & Cie

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Dow +0,71%, S&P 500 +1,49%, Nasdaq +2,26%, Russell +0,52%, SOX +4,29%, Eurostoxx +1,31%, SMI +1,23%.

 

La première séance de trading de la semaine renforce la conviction montante dans le marché que la hausse de taux de la Fed de la semaine passée (et sa posture désormais clairement faucon) étaient déjà intégrées dans les prix. En parallèle, la glissade du baril de pétrole à 100 dollars sur le brent hier permet une détente générale du sentiment. Saupoudrez le tout d’une ruée vers Meta, dont le nouvel agent Muse est en tête des charts et vous obtenez un «melt up rally» de fort belle facture, avec à la clé records historiques, casquettes, t-shirts et Bitcoin en tenue d’apparat.

Le rebond des «sept magnifiques» reprend de la vigueur, porté par Meta, dont l’action bondit de 11,34% hier après que son nouvel assistant d’intelligence artificielle Muse s’est hissé en tête de l’App Store d’Apple. Le marché y voit peut-être un début de réponse aux doutes entourant les investissements massifs de Meta dans l’IA, Muse pouvant ouvrir une nouvelle source de revenus hors publicité grâce à des abonnements payants. Les six autres membres des Magnificent Seven progressent également, tandis que l’optimisme autour de l’IA entraîne Intel (+12%) et AMD (+10%), ce dernier franchissant pour la première fois les 1’000 milliards de dollars de capitalisation. Le mouvement de prise de risque s’étend au bitcoin, qui retrouve environ 86’000 dollars, et permet au Nasdaq Composite (CCMP) de gagner 2.26% pour inscrire un nouveau record. Le recul du pétrole soutient également le mouvement: le Brent baisse de 3,4% à 100,34 dollars, quatrième séance consécutive de repli, sur fond de reprise partielle du trafic dans le détroit d’Ormuz et d’espoirs diplomatiques au Moyen Orient, en Ukraine et dans les discussions Etats Unis Chine sur l’IA. Les risques géopolitiques restent néanmoins présents et les marchés anticipent toujours au moins une nouvelle hausse de taux de la Fed cette année, mais pour l’instant les investisseurs semblent considérer que ni l’inflation élevée ni le resserrement monétaire ne suffisent à casser la dynamique haussière autour de l’intelligence artificielle.

Le SPX s’éloigne de sa moyenne mobile à 50 jours, il voit sa prochaine résistance à 7816 points (plus haut de tous les temps en séance du 13 août) contre 7764 pts hier à la cloche. Notez au passage que l’indice n’est pas suracheté. Son podium du jour se compose sans surprise des services de communication (merci Meta), de la tech et de la consommation discrétionnaire. Le breadth est positif, l’indice S&P500 équipondéré (SPW) ne progresse que de 0.55% contre +1.49% au SPX, cela indique que la hausse d’hier est purement «made in tech». Le SOX (semi-conducteurs) décolle et casse sa 100 jours sans pour autant entrer en territoire de surchauffe. Le Nasdaq100 (NDX) récupère le niveau de 30'000 points, il ne revient pas à son plus haut historique, pas encore. On garde un œil sur la volatilité qui se languit au fonds de la cave, le VIX fait du surplace, il clôture à 14.87, un niveau tout de même très calme. Côté marché obligataire c’est aussi relativement stable, le rendement du 10 ans US ne bouge pas, ce matin à 4.98%, alors qu’au chapitre des monnaies on continue d’observer un léger affaiblissement du yen contre le dollar, tandis que la paire eur/usd cote 1.1462, son support se situe à 1.1455, ensuite on regarde 1.1400. Ce matin le baril de Brent remonte légèrement à 101.84$, Washington menace d’isoler davantage le secteur aérien iranien du système financier international. Le détroit d’Ormuz reste le principal point de tension: le trafic pétrolier s’améliore légèrement mais demeure très inférieur à la normale, tandis que le risque de nouvelles frappes ou représailles reste élevé. Le marché pétrolier évolue donc entre espoir de désescalade et crainte d’une reprise des hostilités.

L’or recule légèrement, à 4320$ l’once mais reste globalement solide malgré la hausse de taux de la Fed et des rendements réels élevés, un environnement qui lui est normalement défavorable. Cette résistance montre que le métal jaune continue d’être recherché comme protection contre les tensions budgétaires, l’incertitude sur les politiques économiques et les risques géopolitiques. Les flux soutiennent également le marché: les ETF sur l’or enregistrent hier des achats de 125’000 onces, portant leurs avoirs au-dessus de 100 millions d’onces. Le retour de la demande des investisseurs occidentaux, après une hausse jusque-là surtout portée par les banques centrales et la demande physique, est notable.

Le sommet entre Donald Trump et Xi Jinping de ce jeudi devrait accorder une place importante à l’intelligence artificielle, devenue un enjeu central de la rivalité stratégique entre les Etats Unis et la Chine, mais les attentes restent limitées. Les deux pays cherchent surtout à préserver une fragile stabilité alors que persistent de fortes tensions sur les semi-conducteurs avancés, les terres rares et l’accès aux technologies critiques. Scott Bessent indique qu’un dialogue formel sur l’IA a été accepté et que Washington a proposé un mécanisme de notification pour les incidents liés à la sécurité nationale. Les analystes n’attendent pas d’accord majeur sur la régulation ou la sécurité de l’IA, mais un engagement à poursuivre les discussions, à limiter certains risques comme les cyberattaques involontaires ou l’utilisation de l’IA dans la chaîne de commandement nucléaire serait déjà considéré comme un progrès. En toile de fond, la compétition reste intense: les Etats Unis conservent un avantage majeur dans la puissance de calcul et les modèles de pointe, tandis que la Chine mise davantage sur des modèles open source moins coûteux et une diffusion massive de ses technologies à l’international.

Selon Jefferies, la gestion passive continue de gagner du terrain aux Etats Unis, avec 16’300 milliards de dollars d’actifs dans les ETF et fonds actions indiciels fin juillet, soit 63% du total contre 60% un an plus tôt. La raison principale est la difficulté persistante des gérants actifs à battre les indices, dans un marché très concentré sur la technologie et l’intelligence artificielle, où moins de 40% des gérants actifs surperforment leur benchmark. Cette domination du passif pourrait toutefois devenir un signal de prudence, Jefferies estimant qu’une forte hausse de la part de la gestion indicielle peut parfois précéder une pause de performance. Plusieurs gérants considèrent par ailleurs que les meilleures opportunités pour la gestion active se trouvent désormais davantage hors des Etats Unis, notamment en Europe, où les marchés sont moins concentrés sur l’IA et offrent une diversification plus importante vers la santé, les financières, l’énergie et les industrielles.

Aux Etats Unis, la séance macro-économique sera notamment animée par plusieurs interventions de la Fed, avec John Williams à 16h05 puis Tom Barkin à 19h00, dont les propos seront suivis de près pour obtenir de nouveaux indices sur la trajectoire des taux après le récent resserrement monétaire.

Nestlé Russie indique vouloir poursuivre ses activités malgré le transfert de certains actifs par le Kremlin, tandis que Novo Nordisk annonce la suppression de 13’000 postes sur un an afin d’améliorer sa compétitivité. Roche obtient l’autorisation européenne pour Susvimo dans le traitement de la DMLA, alors que Burberry présente sa collection été 2027. Eli Lilly lance la construction d’un site de production de 6,5 milliards de dollars à Houston, tandis qu’Alibaba dévoile une nouvelle puce d’IA et travaille sur un modèle comptant entre 5’000 et 10’000 milliards de paramètres. Lockheed Martin remporte un contrat de missiles de l’US Army pouvant atteindre 1,2 milliard de dollars. Toyota conclut un accord de quinze ans avec Constellation Energy portant sur des certificats d’énergie renouvelable. Enfin, BHP et Amazon lancent au Chili un projet pilote de négoce de crédits liés à la réduction des émissions dans la production de cuivre, tandis que Lenovo et Schneider Electric s’associent pour développer des outils de décarbonisation destinés à leurs partenaires de distribution informatique.

Cette nuit et ce matin en Asie, les indices traitent en ordre dispersé. Tokyo est fermée, Hong Kong grappille 0.1%, Shanghai égare 0.04%, Séoul prend 0.15% et le Nifty50 recule de 0.25%. Les futures SPX et NDX traitent autour de l’équilibre alors que l’Europe ouvre en hausse de 0.2%.

Le marché reprend manifestement son souffle après la hausse d’hier, à court terme l’évolution du cours de l’or noir devrait montrer la direction aux indices.

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