Septembre fait honneur à sa réputation:
Sam Altman, Dario Amodei et Elon Musk, trois patrons renommés du secteur de la technologie, ont mis en garde contre les dangers de l’intelligence artificielle (IA) sophistiquée. Le trio n’avait sans doute pas pour objectif d’attirer l’attention sur les éventuels risques, mais plutôt d’évincer la concurrence open source chinoise du marché au moyen d’une réglementation plus stricte. Les investisseuses et investisseurs qui observent d’ores et déjà d’un œil critique les investissements massifs des géants de la technologie dans les infrastructures IA ont ressenti une inquiétude supplémentaire. De nombreuses valeurs de semi-conducteurs étaient donc sous pression au début de la semaine. L’escalade généralisée au Proche-Orient et la poursuite de la hausse des taux du marché des capitaux ont également pesé sur le moral des bourses. Ainsi, les obligations d’Etat américaines à dix ans ont temporairement rapporté le même rendement que lors de la crise financière de 2007/2008, soit plus de 5%. Au bout du compte, les marchés des actions se sont révélés volatils.
Le Swiss Performance Index (SPI) a bénéficié de sa faible part de titres liés à l’IA ainsi que de la tentative de reprise du poids lourd de l’indice, Novartis, récemment très malmené. Du côté des entreprises, l’actualité est maigre. L’assureur né d’une fusion Helvetia Baloise a réalisé un gain opérationnel de près de 632 millions de francs au premier semestre. Toutefois, en raison de l’accélération des amortissements, le bénéfice selon les IFRS a nettement baissé. En ce qui concerne l’intégration, l’entreprise respecte son calendrier.
La Fed resserre la vis des taux
Les autorités monétaires américaines ont suivi les déclarations prônant la rigueur de leur chef, Kevin Warsh. Comme prévu par le marché, la Fed a décidé à l’unanimité mercredi soir de relever le taux directeur de 25 points de base à la nouvelle fourchette de 3,75% à 4,00%. Il s’agit de la première hausse des taux depuis l’été 2023. Ainsi, les autorités monétaires tiennent compte de la persistance de l’inflation élevée en rai-
son de la guerre en Iran. Par ailleurs, elles soulignent leur indépendance par rapport au gouvernement du président Donald Trump. En amont de la décision sur les taux, celui-ci avait de nouveau exigé un net assouplissement de la politique monétaire. En ce qui concerne le reste de l’année, la Fed a indiqué qu’elle était prête à procéder à de nouvelles hausses de taux. Le dollar US a donc atteint un nouveau record annuel par rapport au franc suisse, tandis que le cours de l’or a chuté à près de 4270 dollars l’once, son plus bas niveau depuis début août.
En revanche, la Bank of England (BoE) a maintenu son attitude attentiste. D’une part, son taux directeur se situe déjà dans une fourchette légèrement restrictive. D’autre part, les gardiens de la monnaie britanniques ne souhaitent pas étouffer l’économie, qui s’est récemment redressée – le produit intérieur brut (PIB) a augmenté de 1% au premier semestre 2026, un taux qui n’a été atteint dans aucun autre pays du G7.
Le prix élevé de l’énergie freine l’optimisme conjoncturel
Le baromètre des prévisions économiques en Allemagne établi par le Centre pour la recherche économique européenne (ZEW) a progressé de 0,5 point en septembre pour atteindre 34,78 points, son plus haut niveau depuis février. Les économistes avaient toutefois prévu une hausse plus marquée, à 40 points. L’optimisme conjoncturel des investisseuses et investisseurs en bourse est principalement entaché par les prix élevés de l’énergie dus au conflit au Proche-Orient ainsi que par les inquiétudes croissantes en matière d’inflation et de taux d’intérêt.
Le Sénat américain bloque la loi sur les cryptomonnaies
Le «Digital Asset Market Clarity Act» n’a pas surmonté l’obstacle politique du Sénat américain. De ce fait, la loi qui devait créer un cadre réglementaire fédéral pour les actifs digitaux est pratiquement bloquée. Pour les républicains, en particulier pour le président Trump, il s’agit là d’un revers. Mais les investisseuses et investisseurs se sont eux aussi montrés peu satisfaits: mardi, le bitcoin a perdu plus de 5% de sa valeur.
GRAPHIQUE DE LA SEMAINE
Le 18 septembre, à la clôture de la bourse, les actions de Kühne+Nagel sortiront du Swiss Market Index (SMI). Pour les actionnaires du spécialiste de la logistique, la présence de l’entreprise dans l’indice blue chips suisse n’a pas été payante. Depuis son inclusion le 13 juin 2023, les valeurs (dividendes inclus) ont baissé d’environ 5%, alors même que le SMI s’est renchéri d’un peu plus d’un tiers. Kühne+Nagel sort tout de même en bons termes: cette année, les titres ont enregistré une progression de plus d’un quart malgré l’environnement conjoncturel difficile et ont ainsi nettement surperformé l’indice directeur.
GROS PLAN
Que la fête commence!
Samedi, le Wiesn de Munich ouvre ses portes. Pour y boire une bière cette année, il faudra débourser en moyenne 15,61 euros, soit 2,4% de plus que l’année dernière. L’inflation du prix de la bière est donc inférieure au niveau de l’inflation générale en Allemagne (août: +2,9%).
LE PROGRAMME
Décision de la BNS sur les taux
Le 24 septembre, la Banque nationale suisse (BNS) se réunira pour discuter de sa politique monétaire. Nous ne prévoyons aucune modification du taux directeur.