Les Etats-Unis n’ont pas connu de progrès en matière d’inflation le mois dernier avec un indice PCE qui stagne à un niveau élevé (3,7% sur un an), selon des données officielles publiées mercredi.
Les investisseurs s’attendaient à un léger ralentissement de la hausse des prix, autour de 3,6% sur un an (contre 3,7% en juin et 4,1% en mai), selon le consensus publié par Trading Economics.
L’inflation reste donc quasiment deux fois plus élevée que les 2% visés par la Réserve fédérale américaine (Fed), un objectif manqué depuis plus de cinq ans.
«Les Etats-Unis ont toujours un problème d’inflation», commente Heather Long, économiste pour la banque Navy Federal Credit Union.
«Ces données permettent néanmoins à la Réserve fédérale d’attendre de voir [avant d’agir sur les taux d’intérêt, NDLR]. Cela n’a pas empiré en juillet, mais cela ne s’est pas amélioré pour autant», ajoute-t-elle dans une note, estimant que la guerre commerciale en cours avec le voisin canadien «ne fera qu’aggraver les soucis d’inflation».
«La lassitude des consommateurs est réelle», pointe Mme Long.
Les données de mercredi, publiées par le ministère du Commerce, reflètent l’évolution des prix, mais aussi des revenus et des dépenses. Or ces dernières n’ont progressé que parce que les biens et services coûtent plus cher.
Le pouvoir d’achat est au coeur de la campagne en vue des élections de mi-mandat (en novembre), alors que le président Donald Trump avait promis de rendre les Américains plus riches.
Les prix sont largement affectés par la guerre initiée par le chef de l’Etat contre l’Iran, qui a fait exploser les coûts énergétiques.
En l’absence d’issue au Moyen-Orient, l’essence s’est à nouveau renchérie ce mois-ci dans les stations-service américaines, où le gallon (3,8 litres) coûte en moyenne 4,10 dollars, selon les données de l’association automobile américaine. C’était environ trois dollars avant le conflit.
«Le président Trump avait juré de faire baisser les prix +dès le premier jour+ [de son mandat]. Il a échoué», a cinglé dans un communiqué la sénatrice démocrate Elizabeth Warren.
«L’inflation est aujourd’hui plus élevée que lors de son entrée en fonction en janvier 2025, plus élevée que lorsqu’il a lancé ses droits de douane chaotiques en avril 2025, et plus élevée que lorsqu’il a déclenché sa guerre illégale en Iran il y a cinq mois», a-t-elle reproché.