La Réserve fédérale des Etats-Unis (Fed) a débuté mardi sa traditionnelle réunion de politique monétaire, dans un contexte d’inflation toujours élevée qui devrait pousser les banquiers centraux à continuer de temporiser.
C’est tout du moins ce qu’anticipent la grande majorité des investisseurs et analystes, deux tiers d’entre eux s’attendant à un maintien des taux à leur niveau actuel, compris dans une fourchette entre 3,50% et 3,75%, selon l’outil de veille de CME, FedWatch.
La réponse sera connue mercredi, à 14h00 locales (18h00 GMT).
Ce sera surtout la répartition des votes entre les différents membres du comité de politique monétaire de la Fed (FOMC), qui va attirer le plus l’attention des marchés, alors que certains ont affirmé être prêts à remonter les taux si l’inflation restait élevée.
Le sujet devrait provoquer la « bonne dispute de famille» que le président de l’institution, Kevin Warsh, a appelé de ses voeux.
Un relèvement des taux représenterait un scénario catastrophe pour le président Donald Trump qui a promis de faire baisser les prix comme les coûts d’emprunt.
Avant de nommer Warsh - dont il ne cache pas attendre une politique monétaire plus accommodante - il a mené une campagne acharnée contre celui qui a occupé pendant huit ans son fauteuil, Jerome Powell.
Le président américain a maintenu la pression sur le FOMC lundi en assurant que «le rapport sur l’inflation a été très bon», avec des «coûts qui baissent rapidement».
Suffisant à ses yeux pour justifier que «les taux devraient être abaissés», a-t-il de nouveau martelé.
L’inflation est repartie à la hausse ces derniers mois, principalement du fait de la guerre au Moyen-Orient consécutive aux bombardements américains et israéliens en Iran.
En mai, l’indice PCE, qui est privilégié par la Fed pour évaluer sa politique monétaire, atteignait 4,1%, 0,3 point de plus qu’en avril et en hausse de 1,2 point depuis février.
Les données pour le mois de juin seront connues jeudi, au lendemain de la décision de la Fed.
M. Warsh a récemment assuré au Congrès qu’il «continuerai(t) à faire (s)on travail» s’il était à son tour pris pour cible par l’exécutif.
La politique monétaire américaine résulte d’une décision collégiale, votée par douze membres ayant chacun un droit de vote.
Donald Trump est d’ores et déjà prêt à faire porter la responsabilité d’une décision autre qu’une baisse des taux sur les autres membres du FOMC, qu’il juge «particulièrement politisés».
«Je sais ce qu’il (Kevin Warsh, ndlr) veut faire mais il a besoin de l’accord de certaines personnes qui peuvent avoir de mauvaises intentions», a affirmé lundi le président américain.