Le dollar se stabilise vendredi, avec la retombée des prix du pétrole sous 100 dollars le baril, seuil franchi jeudi avec l’ouverture d’un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient, ignorant aussi les nouveaux droits de douane imposés par Donald Trump.
Les Etats-Unis ont lancé vendredi une nouvelle série de frappes en Iran, après les attaques sur des pétroliers saoudiens en mer Rouge revendiquées par les Houthis alliés de Téhéran.
La reprise des hostilités depuis le 7 juillet fait craindre un blocage durable des exportations d’hydrocarbures puisque le stratégique détroit d’Ormuz est verrouillé par l’Iran et que les Houthis yéménites ont annoncé un blocus en mer Rouge contre les navires d’Arabie saoudite, premier exportateur mondial de brut.
La flambée des cours du brut jeudi a profité au dollar, devise dans laquelle est libellé l’or noir. A l’approche du week-end, le pétrole relâchait cependant une partie de ses gains.
Aussi vers 12H00, le billet vert cédait 0,10% face à la monnaie unique européenne, à 1,1389 dollar pour un euro, et autant devant la devise japonaise, à 163,68 yens pour un dollar.
«Tant que les Etats-Unis et l’Iran ne seront pas parvenus à un nouvel accord de cessez-le-feu et que les prix de l’énergie n’auront pas baissé» durablement, «le dollar devrait rester fort», tempèrent cependant James Knightley et Chris Turner, analystes chez ING.
Par ailleurs, après le Canada et le Brésil, une soixantaine d’économies se retrouvent à leur tour visées vendredi par de nouveaux droits de douane, de 10% ou 12,5%, sur leurs produits entrant aux Etats-Unis, au moment où les surtaxes temporaires mises en place par Donald Trump en février arrivent à échéance.
«L’impact sur le marché des changes devrait rester limité pour l’instant, car les nouvelles surtaxes remplacent les droits de douane de 10% arrivant à expiration, de sorte que le taux effectif ne devrait pas augmenter sensiblement», et parce que «la Maison-Blanche a publié une liste d’exemptions de 55 pages», a précisé Michael Pfister, analyste chez Commerzbank.
Après le statu quo monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) jeudi, la Réserve fédérale (Fed) doit rendre sa décision de politique monétaire mercredi, suivie par celle de la Banque d’Angleterre (BoE) jeudi prochain.
Avec les craintes d’une remontée de l’inflation en raison du regain de tensions au Moyen-Orient, les prévisions de hausses de taux sont «de plus en plus alignées entre la Fed, la BCE et la BoE, mais les investisseurs estiment les Etats-Unis mieux placés pour les absorber», en raison de la force de leur économie, a expliqué Derek Halpenny, analyste de MUFG.