Le pétrole à 100 dollars le baril, les marchés flanchent de concert

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En Europe, Paris termine en baisse de 1,64%, Milan chute de 2,80% et Madrid lâche 1,55%.

Le baril de pétrole repasse au-dessus des 100 dollars, les marchés d’actions vacillent: l’élargissement du conflit au Moyen-Orient en mer Rouge ravive le spectre d’un choc énergétique et inflationniste sur les marchés mondiaux.

Le prix du pétrole Brent, la référence mondiale du brut, a franchi la barre symbolique des 100 dollars le baril pour la première fois depuis fin mai.

Vers 15H45 GMT, le baril de Brent flambait de 6,86% à 100,52 dollars le baril quand son équivalent américain, le WTI, grimpait de 5,95% à 92,00 dollars le baril.

Les rebelles houthis du Yémen - qui avaient annoncé lundi un blocus des ports saoudiens - ont revendiqué «une opération militaire» contre «deux pétroliers saoudiens qui ont violé le blocus», ouvrant un deuxième front dans la guerre au Moyen-Orient en mer Rouge.

«Cette annonce a ajouté une nouvelle source de risque géopolitique à un contexte déjà très tendu au Moyen-Orient et a contribué à soutenir les cours du brut», commente Patrick Munnelly, de Tickmill Group.

La mer Rouge est devenue un axe stratégique pour les exportations saoudiennes d’or noir, permettant de contourner le détroit d’Ormuz via le port de Yanbu, sur la côte ouest du pays.

«Les investisseurs étaient disposés à tolérer le choc subi dans le Golfe, en partant du principe que les routes maritimes pourraient être réorganisées et que les perturbations resteraient géographiquement limitées», explique Stephen Innes, gérant de SPI AM. La perturbation d’un deuxième point de passage stratégique «rend cette hypothèse plus difficile à défendre.»

L’Europe plie face à la flambée du brut

Les marchés d’actions plongent de concert sous l’effet de l’élargissement du conflit au Moyen-Orient et de la chute des valeurs tech après les résultats trimestriels d’Alphabet, le premier géant du secteur à avoir publié.

En Europe, la Bourse de Paris a terminé en baisse de 1,64%, Milan a chuté de 2,80% et Madrid a perdu 1,55%.

«Les prix élevés du pétrole brut donnent particulièrement du fil à retordre aux entreprises allemandes dépendantes des matières premières et de l’énergie», rappelle Andreas Lipkow de CMC Markets, précipitant l’indice Dax de la Bourse de Francfort dans le rouge (-1,56%).

Même à Londres, «le retour des inquiétudes concernant les taux d’intérêt et la prudence face aux risques inflationnistes liés aux matières premières ont finalement pris le pas sur le soutien initial apporté par les valeurs énergétiques», note M. Munnelly. L’indice FTSE 100 a finalement cédé 0,73%.

La tech plonge

A Wall Street, vers 15H45 GMT, l’indice Nasdaq - qui regroupe les valeurs technologiques - chutait de 2,55%, l’indice élargi S&P 500 reculait de 1,43% et le Dow Jones lâchait 1,06%.

La chute des titres géants Alphabet (Google) (-7,12%) et Tesla (-14,24%) après leurs résultats trimestriels ont emporté les indices américains.

L’appétit pour l’IA est tel qu’Alphabet a relevé sa prévision d’investissement à une fourchette de 195 à 205 milliards de dollars pour l’ensemble de l’exercice 2026, contre 180 à 190 milliards prévus jusqu’ici.

«Une nouvelle augmentation importante des dépenses consacrées à l’intelligence artificielle a relancé une question que les investisseurs ne peuvent plus éviter: combien de capitaux faudra-t-il encore consacrer au développement de l’IA avant que les rendements ne commencent à être à la hauteur des ambitions?», s’interroge Stephen Innes.

En Europe, «le groupe européen de semi-conducteurs STMicroelctronics n’a pas répondu aux attentes du marché», ce qui «a soumis l’ensemble du secteur des semi-conducteurs à une pression vendeuse», relève Andreas Lipkow.

A Paris, STMicroelctronics s’est effondré de 17,72%. Dans son sillage, Infineon a perdu 6,17% à Francfort.

Des taux au plus haut

La nouvelle flambée des prix du pétrole avec un baril à 100 dollars nourrit les craintes d’un choc inflationniste, ce que reflètent les taux d’emprunt des États.

Aux Etats-Unis, le taux d’emprunt de l’État américain à échéance dix ans se tendait nettement à 4,70% contre 4,65% la veille en clôture, au plus haut depuis janvier 2025.

Les taux d’emprunt imposés à la France pour financer sa dette à échéance 10 ans ont dépassé le seuil de 4% jeudi, pour la première fois depuis juin 2009, pour atteindre 4,02% vers 15H45 GMT. Référence en Europe, le rendement du «Bund» allemand à dix ans a lui dépassé le seuil de 3,20% pour la première fois depuis 2011.

La Banque centrale européenne (BCE) a laissé jeudi l’ensemble de ses taux d’intérêt inchangés, malgré la reprise des hostilités au Moyen-Orient et le rebond des prix de l’énergie. 

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