Les marchés européens prudents face à la hausse des prix du pétrole

AWP/AFP

2 minutes de lecture

En baisse au cours de la journée, Paris progresse finalement de 0,28%, hissé par la grimpée de STMicroelectronics. Francfort monte de 0,66%, porté par le rebond d’Infineon et Siemens Energy. Londres et Zurich avancent de 0,58% et 0,31%.

Les marchés mondiaux restent prudents mardi, tiraillés entre la hausse des prix du pétrole et le rebond de la tech avant le résultat des géants du secteur cette semaine.

Vers 16h00 GMT, le Brent, référence du brut, s’échangeait à 91,39 dollars le baril pour livraison en septembre (+2,43%) sur fond de tensions persistantes au Moyen-Orient.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en août gagnait 2,61% à 85,40 dollars, au dernier jour de sa cotation pour son actuelle maturité.

Les tensions autour du détroit d’Ormuz «accentuent les inquiétudes concernant la sécurité d’approvisionnement» en pétrole et «l’incertitude» sur les perspectives du marché, a averti mardi le patron de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), Fatih Birol.

Face aux frappes américaines, l’Iran resserre son étau sur le détroit d’Ormuz, point de passage d’environ 20% de la production pétrolière mondiale. Ses soutiens yéménites, les rebelles houthis, veulent entraver le trafic en mer Rouge au départ et à destination des ports saoudiens.

Les Bourses européennes finalement dans le vert

Longtemps prudentes, les bourses européennes ont finalement terminé en hausse, tirées par ses quelques champions technologiques.

En baisse au cours de la journée, Paris a finalement progressé (+0,28%), tirée comme par la veille par un mouvement des investisseurs vers STMicroelectronics (composants électroniques, +4,26%).

A Francfort, le Dax a grimpé de 0,66% à 25.011,35 points, porté par le rebond d’Infineon (+5,53%, 67,54 euros) et Siemens Energy (+3,60%, 158,14 euros).

A la Bourse de Londres (+0,58% pour l’indice principal du FTSE 100), Mitie, groupe britannique spécialiste de l’entretien de bâtiments, s’est envolé de 39% (sur l’indice élargi du FTSE 250) après l’annonce de son prochain rachat à plus de 3 milliards de livres (3,5 milliards d’euros) par son rival OCS Group.

A Zurich, le SMI a gagné 0,31%.

A New York, le Nasdaq progressait franchement vers 16H00 GMT (+1,31%) tout comme le Dow Jones (+0,84%) et le S&P 500 (+0,90%).

Microsoft reculait (-0,92%) après l’annonce d’un accord de «plusieurs milliards» de dollars avec le champion français de l’intelligence artificielle (IA) Mistral afin d’utiliser la puissance de calcul de ses infrastructures en Europe.

New York vit dans l’attente des résultats trimestriels d’Alphabet, maison mère de Google, et du spécialiste des véhicules électriques Tesla mercredi. Le géant des microprocesseurs Intel suivra jeudi.

Les résultats des géants Microsoft, Meta, Apple et Amazon paraîtront la semaine prochaine.

Ces publications promettent d’être scrutées et «devront confirmer que les investissements massifs dans l’intelligence artificielle continuent de générer de la croissance», souligne John Plassard, analyste de Cité Gestion Private Bank.

«Il est probable que les investisseurs restent avant tout concentrés sur les perspectives de dépenses», explique Ipek Ozkardeskaya de Swissquote.

«Ils ne souhaitent pas que les géants de la technologie continuent d’augmenter leurs investissements si les retours ne suivent pas», ajoute-t-elle.

Tensions sur les marchés obligataires

«Les taux d’intérêt ont continué à remonter», observe Bastien Drut, responsable de la stratégie et de la recherche économique chez CPR Asset Management. «Il y a un lien très fort entre les taux d’intérêt et les prix du pétrole».

Le rendement de l’OAT français à dix ans s’est finalement stabilisé à 3,96% après des pointes à 3,98%, contre 3,94% la veille.

Le «Bund» allemand affichait un rendement de près de 3,16% contre moins de 3,15% la veille.

Malgré les risques d’inflation, aucun analyste ne parie sur un nouveau relèvement des taux d’intérêt de la BCE lors de sa réunion jeudi.

«Mais on peut s’attendre à ce qu’elle soit quand même offensive en indiquant qu’elle sera très vigilante par rapport à l’évolution de l’inflation», selon Bastien Drut.

Au Royaume-Uni, les taux ont intégré ces derniers jours la hausse du pétrole et l’arrivée au pouvoir du nouveau Premier ministre travailliste Andy Burnham, qui a annoncé la suppression de la TVA sur l’électricité pour octobre.

Le «Gilt» à dix ans baissait légèrement à moins de 5,03% contre plus de 5,03% la veille.

Andy Burnham s’est engagé mardi à «faire baisser le coût de la vie» tout en respectant la discipline budgétaire, en réunissant pour la première fois son gouvernement.

A lire aussi...