Les marchés boursiers naviguent à vue mercredi, Wall Street évoluant sereinement après un nouveau signe du recul de l’inflation aux Etats-Unis, quand, en Europe, l’humeur a été plombée par la guerre au Moyen-Orient.
Vers 15H50 GMT, à New York, le Nasdaq prenait 0,23%. Le S&P 500 gagnait 0,10% et le Dow Jones avançait de 0,29%.
La hausse des prix à la production (PPI) a ralenti en juin dans la première économie mondiale, revenant à 5,5% sur un an, grâce à la baisse du coût de l’énergie sur la période, selon des données publiées mercredi par le ministère du Travail américain (BLS).
L’estimation de mai a de plus été révisée en baisse, à +6% sur un an contre +6,5% lors de l’estimation précédente.
La veille, la publication de l’indice des prix à la consommation (CPI) pour juin avait aussi témoigné d’une accalmie, la hausse revenant à 3,5% sur un an contre 4,2% en mai.
Ces signes sont de nature à rassurer les investisseurs américains, échaudés par plusieurs mois de flambée de l’inflation, en raison de la hausse des prix de l’énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient.
Résultat, la perspective d’une hausse des taux de la Réserve fédérale américaine (Fed) en septembre s’éloigne.
Dans ce contexte, vers 14H00 GMT, le taux d’intérêt américain à échéance dix ans reculait à 4,55%, contre 4,59% la veille en clôture. Le dollar reculait légèrement (-0,14%) face à l’euro, à 1,1435 dollar pour un euro.
Prudence en Europe, le luxe brille
En Europe, en revanche, «le regain de tension au Moyen-Orient rend les investisseurs prudents», explique à l’AFP Louise Girard, analyste chez XTB. Francfort a cédé 0,59%, Milan 0,85% et Londres 0,13%.
La Bourse de Paris a fini dans le vert (+0,19%), grâce à ses poids lourd du luxe, tout comme Zurich (+0,46%).
Le secteur a grimpé, après que le suisse Richemont a publié mercredi des ventes trimestrielles bien meilleures qu’attendu, portée une fois encore par la joaillerie. A Paris, Kering a pris 3,64%, LVMH 2,66% et Hermès 2,37%. A Milan, Moncler a gagné 0,67%. Burberry a avancé de 1,73% à Londres.
Sur le marché pétrolier, les prix reculaient, après avoir passé une partie de la journée en hausse: vers 15H50 GMT, le Brent de la mer du Nord cédait 1,33% à 83,60 dollars et le WTI américain perdait 1,18%, à 78,40 dollars.
Côté obligataire, le Bund allemand, référence en Europe, affichait un rendement de près de 3,11%, au même niveau que la veille.
Prises de bénéfices dans les semi-conducteurs après ASML
Autre point d’attention des marchés: les résultats du néerlandais ASML (-0,41% à Amsterdam), le plus important fournisseur au monde de machines fabriquant les semi-conducteurs, des éléments indispensables pour construire les centres de données pour l’intelligence artificielle.
L’entreprise a affiché une hausse de son bénéfice net à 2,9 milliards d’euros, soit plus de 26% par rapport aux 2,3 milliards au second trimestre 2025, et 5,8% par rapport au trimestre précédent. Elle a revu à la hausse ses perspectives de chiffre d’affaires.
Dans la foulée de ces résultats, «le secteur a été victime de prises de bénéfices», relèvent les analystes de Briefing.com. A New York, Micron cédait 7,70% et Nvidia 1,02%. A Francfort, Infineon a perdu 6,28% et STMicroelectronics 3,99% à Paris.
Reste que «les signes montrant que la demande restera forte au cours des deux prochaines années pourraient contribuer à apaiser les craintes concernant la pérennité du +rallye+ (hausse boursière) actuel de l’IA», selon Katheen Brooks directrice de recherche pour XTB.
Des doutes ont en effet émergé ces derniers mois sur la rentabilité future des investissements massifs des géants de la tech pour développer l’IA et sur les valorisations boursières gigantesques du secteur des semi-conducteurs, ses principaux bénéficiaires.
BlackRock, plus gros gestionnaire d’actifs au monde, bondissait de 7,76% à New York, après avoir dépassé les attentes lors du dernier trimestre.
Le spécialiste du paiement en ligne Paypal bondissait de 16,46% à New York, après des informations selon lesquelles la plateforme financière Stripe et le fonds Advent auraient fait une offre d’achat pour 53 milliards d’euros, selon Bloomberg.