Les bourses résistaient globalement bien mercredi à la hausse du pétrole et des taux d’intérêts dans l’attente de la saison des résultats trimestriels des géants de la tech, moteur des marchés, qui commence avec Alphabet/Google.
Vers 14H00 GMT à New York, le Nasdaq réduisait ses pertes (-0,20%), le S&P 500 revenait à l’équilibre (+0,05%) et le Dow Jones progressait (+0,46%).
Le titre d’AMD, l’un des champions des puces IA, progressait de 0,80% après l’annonce d’un accord croisé avec Anthropic, typique des géants de l’intelligence artificielle : en contrepartie de l’investissement de cinq milliards de dollars d’AMD au capital d’Anthropic, ce dernier va en retour commander des processeurs AMD pour l’IA.
Après la séance à Wall Street, Alphabet doit ouvrir la saison des résultats des géants de la tech, «un moment de vérité, décisif pour les Bourses aux Etats-Unis et en Europe», pour Mike O’Sullivan, chef économiste de Moonfare.
En Europe, Londres signait la meilleure performance vers 13H30 GMT (+1,36%), portée «par les valeurs minières, les compagnies pétrolières, les banques et les assureurs», selon Kathleen Brooks, analyste pour XTB.
L’inflation au Royaume-Uni a reculé à 2,6% en juin, notamment grâce à une baisse des prix des carburants, un coup de pouce bienvenu, mais probablement temporaire, pour le tout nouveau Premier ministre travailliste Andy Burnham, qui a assuré mercredi faire passer le pouvoir d’achat «avant tout le reste».
A la veille de la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), les investisseurs prenaient des risques mesurés à Paris (+0,97%), Milan (+0,85%) et Francfort (+0,53%). A Zurich, le SMI prenait 0,43%.
La hausse du pétrole, événement majeur
«L’événement majeur de mercredi est la flambée du prix du pétrole», rappelle Kathleen Brooks.
Vers 13H30 GMT, le Brent de la mer du nord s’échangeait à 93,86 dollars le baril (+3,13%) pour livraison en septembre tandis que le WTI américain s’affichait à 86,81 dollars (+2,93%).
«Le prix du pétrole brut Brent a augmenté de plus de 10% cette semaine, ce qui représente un sérieux coup dur pour les banques centrales du monde entier, ainsi que pour les nouveaux gouvernements qui tentent de maîtriser le coût de la vie», commente Kathleen Brooks.
Une allusion au nouveau premier ministre britannique Andy Burnham, qui a décidé de supprimer la TVA sur l’électricité.
Un temps oubliées, les tensions redoublent dans le détroit d’Ormuz.
Le président américain Donald Trump a menacé mercredi sur sa plateforme Truth Social de répliquer à toutes les prochaines attaques de navires par l’Iran dans le détroit d’Ormuz en bombardant les ponts et les centrales électriques iraniennes.
«Le marché reconstitue donc une partie de la prime de risque géopolitique: la question n’est pas simplement de savoir si le détroit d’Ormuz est officiellement ouvert ou fermé, mais si les volumes de transport maritime, les coûts d’assurance et la disponibilité des pétroliers restent affectés», relève Daniela Hathorn, analyste de Capital.com.
Côté valeurs, le géant énergétique norvégien Equinor (+4,12% à la Bourse d’Oslo vers 12H00 GMT) a publié mercredi un bénéfice net trimestriel multiplié par 3,7, à 4,8 milliards de dollars.
Comme ceux de ses pairs en Europe (TotalEnergies qui prenait 2,12% à Paris, BP qui gagnait 2,12% et Shell 1,61% à Londres), les résultats d’Equinor sont dopés par l’envolée du prix des hydrocarbures déclenchée par la guerre au Moyen-Orient.
Retour des craintes inflationnistes
En parallèle de la hausse du pétrole, «les craintes inflationnistes ont été accentuées par la poursuite de la progression des prix du gaz naturel», qui évolue actuellement à son plus haut niveau en Europe depuis mars, souligne Jim Reid, économiste à la Deutsche Bank.
Le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne du gaz naturel, s’affichait à plus de 62 euros le mégawattheure (+4,48%) vers 14H00 GMT.
Le rendement de l’emprunt français à dix ans continuait de se rapprocher des 4% vers 14H00 GMT, au plus haut depuis juin 2009 (3,98%).
Le taux de l’emprunt allemand à 10 ans (Bund), considéré comme le plus solide de la zone euro, redescendait à moins de 3,18%.