ABB en forme au deuxième trimestre, s’empare du britannique Rotork

AWP

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Entre avril et fin juin, les recettes du géant zurichois des réseaux électriques et de la robotisation augmentent de 14% à 9,48 milliards de dollars.

Le groupe d’électrotechnique ABB a créé la surprise jeudi en marge de ses solides résultats trimestriels en annonçant l’acquisition du britannique Rotork pour 5,5 milliards de dollars, un prix jugé élevé par certains analystes.

Rotork, spécialisé dans les instruments de mesure et de contrôle des flux, doit être intégré dans la division Automatisation d’ABB, qui espère ainsi élargir son offre pour les grands projets d’infrastructure et améliorer celle des services. La croissance du groupe devrait s’en trouver accélérée.

ABB propose de verser 503 pence par titre aux actionnaires du groupe britannique. L’offre correspond à une prime d’environ 60% par rapport au cours moyen de l’action Rotork au cours des trois derniers mois. ABB entend financer la transaction via ses liquidités disponibles, soit 5,8 milliards de dollars au 30 juin, ainsi que des crédits bancaires existants, a indiqué le groupe zurichois dans un communiqué.

La cession en octobre 2025 de l’activité Robotics au japonais Softbank, qui doit rapporter un produit net de 4,8 milliards de dollars au second semestre, viendra encore renforcer la trésorerie d’ABB. Le conseil d’administration de Rotork a approuvé la transaction à l’unanimité et recommande à ses actionnaires de l’accepter lors de la prochaine assemblée générale, l’opération devant être finalisée au premier semestre 2027.

Rotork qui emploie au total 3500 collaborateurs, occupe des positions bien établies dans le domaine des solutions de contrôle de débit et de mesure essentielles à l’exploitation. La société a dégagé l’an dernier un chiffre d’affaires de 777,3 millions de livres (848 millions de francs), un résultat opérationnel (Ebitda) de 226,3 millions et une marge de 24,6%. Elle devrait contribuer aux recettes d’ABB à hauteur de 3% et améliorer immédiatement la marge opérationnelle.

«Le timing pour la reprise de Rotork est bon, parce qu’ABB est en forme», a souligné le directeur général du groupe, Morten Wierod, estimant que la firme d’outre-Manche «convient stratégiquement très bien à ABB».

Pour Mark Diethelm, analyste de Vontobel, cette acquisition est «onéreuse, mais fait sens au niveau stratégique». Un avis partagé par les experts d’Octavian, qui ont estimé que «Rotork est sans aucun doute un atout de taille qui renforce la division Automatisation».

Rentabilité solide et perspectives relevées

ABB a «efficacement redéployé le produit de la vente de l’activité Robotique», a détaillé Kulwinder Rajpal d’Alphavalue. «Il s’agit d’une bonne utilisation du produit de la cession de l’activité Robotique, le bilan d’ABB devant rester solide après la consolidation», a complété l’analyste dans une note de marché.

Cette acquisition a relégué au second plan les résultats d’ABB au deuxième trimestre, notamment portés par la forte demande en réseaux électriques et en automatisations. Entre avril et fin juin, les recettes du géant zurichois ont augmenté de 14% à 9,48 milliards de dollars (7,64 milliards de francs). Les entrées de commandes ont quant à elles bondi de 30% à 12,04 milliards.

Grâce à cette solide performance, la rentabilité a été au rendez-vous, le résultat opérationnel (Ebita) s’améliorant de 20% à 1,93 milliard et la marge afférente prenant 0,9 point à 20,2%. Le bénéfice net part du groupe s’est inscrit à 1,23 milliard (+7%).

Ces chiffres clés sont mitigés comparés aux prévisions des analystes interrogés par l’agence AWP. Les entrées de commandes dépassent nettement les attentes, tout comme l’Ebita opérationnel et la marge, tandis que le bénéfice net ressort en dessous du consensus.

Morten Wierod a applaudi des entrées de commandes ayant atteint un «nouveau niveau record», estimant que le groupe se trouve «au coeur des tendances à long terme en matière d’électrification et d’automatisation».

Pour rester dans la course, ABB va investir ces trois prochaines années 200 millions de dollars en Europe dans le domaine des technologies moyenne tension, a poursuivi le patron suédois.

Pour le troisième trimestre, le groupe anticipe une croissance des ventes à périmètre constant autour de 10% sur un an. La marge Ebita doit quant à elle progresser comparé au partiel précédent.

La direction a légèrement relevé ses ambitions pour l’ensemble de l’exercice, tablant désormais sur une croissance des ventes supérieure à 10% à périmètre constant, contre une hausse autour de 5% à 10% précédemment. La rentabilité opérationnelle doit toujours dépasser celle de l’an dernier, qui s’était établie à 6,31 milliards de dollars, même abstraction faite du produit d’une cession immobilière.

Jeudi, le titre ABB a clôturé à 58,26 francs dans un SMI en baisse de 0,28%.

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