Matières premières: le marché de l’aluminium devient «très tendu»

AWP/AFP

1 minute de lecture

«On est dans une configuration très compliquée où on redécouvre qu’on va avoir un problème sur l’aluminium», prévient le spécialiste des métaux Yves Jégourel qui a codirigé le rapport CyclOpe.

La guerre au Moyen-Orient a fait chuter la production mondiale d’aluminium, métal incontournable dont le marché est «très tendu», a alerté mardi Yves Jégourel, spécialiste des métaux qui a codirigé le rapport CyclOpe sur les matières premières.

«On est dans une configuration très compliquée où on redécouvre qu’on va avoir un problème sur l’aluminium», métal classé par l’Otan comme étant «en risque d’approvisionnement extrêmement élevé», a rappelé le professeur au Conservatoire national des arts et métiers lors de la présentation à la presse de la 40e édition du rapport annuel.

Le métal à la fois léger et solide, dont la Chine est restée de loin le principal producteur en 2025 avec plus de 60% des quelque 74 millions de tonnes produites dans le monde, est indispensable notamment dans l’industrie de défense et l’aéronautique.

Or la guerre au Moyen-Orient a perturbé l’activité de production dans cette région, qui en est le premier producteur hors Chine, avec entre 8 et 9% de la production mondiale, selon l’International Aluminium Institute.

Elle a aussi fait grimper les prix de l’énergie, alors que la production d’aluminium est très gourmande en la matière.

Le marché est déjà «très tendu» et les stocks «faiblissent de manière considérable», a expliqué M. Jégourel mardi.

Plus largement, les experts qui préparent chaque année le rapport CyclOpe estiment que 2025 a été «l’année des métaux», observant de fortes variations sur le marché du cuivre, clé pour conduire l’électricité.

M. Jégourel a également souligné de «très fortes tensions» sur le marché de l’étain, «stratégique pour le monde de demain» en raison de son rôle dans la soudure.

La montée du prix de ce métal s’explique par le caractère «incertain» de l’offre dans les principaux pays exportateurs, Indonésie, Birmanie ou RD Congo, et par des mécanismes de spéculation à l’achat, «tout particulièrement en Chine», qui reste premier producteur mondial.

Autre point de vigilance, l’acide sulfurique, dont les prix ont flambé car un quart de la production mondiale vient du Moyen-Orient. Il est essentiel pour les engrais phosphatés, mais est aussi très utilisé par l’industrie minière.

Il est en effet utilisé pour la lixiviation du cuivre ou du nickel, procédé chimique permettant de transformer le minerai en métaux.

«L’acide c’était 23% du coût direct sur une tonne de nickel raffiné, aujourd’hui on est à 43%», explique M. Jégourel.

A lire aussi...