Automated Mobility Summit: la Suisse passe du pilote à la réalité

Giacomo Fumagalli, Robeco

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La conduite autonome est entrée dans sa phase de réalité.

 

Le niveau de confiance perceptible parmi les participants a marqué les échanges. Les doutes quant à la capacité de la technologie à relever le défi de la conduite autonome s’estompent progressivement. Les démonstrations ont contribué à renforcer cette impression, mais les exemples déjà opérationnels ont surtout servi de référence tangible.

Waymo a notamment été fréquemment cité comme illustration d’un modèle autonome désormais fonctionnel à grande échelle.

Réglementation: non plus un obstacle, mais un catalyseur

L’évolution réglementaire constitue un autre facteur clé. Depuis le 1er mars 2025, la Suisse dispose d’un cadre fédéral autorisant trois usages concrets: le pilotage de niveau 3 sur autoroute, le stationnement automatisé dans des zones désignées et les véhicules sans conducteur de niveau 4 sur des itinéraires approuvés.

Les véhicules restent soumis à une homologation, tandis que les cantons sont responsables de l’approbation des zones d’exploitation et de la mise en œuvre locale.

Le principal frein ne semble donc plus être l’incertitude juridique, mais l’exécution: d’un côté par les constructeurs automobiles via les demandes d’homologation, de l’autre par les cantons à travers leur déploiement opérationnel.

La conduite autonome apparaît de plus en plus comme une voie crédible vers une mobilité plus sûre, plus inclusive et technologiquement plus avancée.

Déploiement: la Suisse est plus avancée qu’on ne le pense

Une session dédiée aux projets suisses de véhicules automatisés a montré que les initiatives ne relèvent plus uniquement de l’expérimentation théorique. Des projets concrets et des opérateurs sont déjà actifs dans les transports publics comme dans la logistique, plusieurs exemples helvétiques ayant été présentés durant le sommet.

La forte présence d’acteurs de la mobilité et des véhicules commerciaux a renforcé cette impression: la Suisse est de plus en plus considérée comme un environnement crédible pour passer du pilote expérimental à un véritable service opérationnel.

Le «pourquoi»: dernier kilomètre, inclusion, sécurité et optimisation

Même dans un pays disposant d’un réseau de transports publics performant, les problématiques du «dernier kilomètre» persistent, et l’autonomie pourrait contribuer à les réduire.

La question de l’inclusion a également occupé une place importante dans les discussions. L’amélioration de l’accès à la mobilité pour les personnes à mobilité réduite ainsi que pour les seniors a été régulièrement évoquée.

L’argument sécuritaire reste lui aussi central: près de 20’000 personnes ont perdu la vie sur les routes européennes en 2025, rappelant le potentiel de systèmes de conduite plus sûrs et technologiquement plus avancés.

Les échanges ont également mis en avant une utilisation plus efficace du parc automobile existant – parfois estimée à environ 15% dans certains scénarios optimistes – si la conduite autonome favorise le développement de solutions de mobilité partagée et d’itinéraires optimisés.

Une dynamique qui s’accélère

La Suisse demeure aujourd’hui en retrait par rapport aux États-Unis, à la Chine ou au Royaume-Uni. Mais le sommet a mis en évidence une accélération claire des conditions nécessaires à l’adoption de la mobilité autonome.

Qu’il s’agisse du transport de marchandises ou de passagers, intégré aux réseaux publics ou à travers de nouveaux services, la conduite autonome apparaît de plus en plus comme une voie crédible vers une mobilité plus sûre, plus inclusive et technologiquement plus avancée.

Pour les investisseurs internationaux, il est également significatif de voir émerger en Suisse des dynamiques déjà observées depuis plusieurs années dans d’autres régions du monde.

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