Les marchés se recalibrent, la BoE va maintenir le cap

Ranjiv Mann, Allianz Global Investors

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La politique monétaire étant déjà clairement restrictive et la dynamique de croissance fragile, nous voyons peu de raisons justifiant un resserrement de la politique monétaire de jeudi.
  • Nous prévoyons que la Banque d'Angleterre maintiendra son taux directeur inchangé à 3,75% lors de sa réunion du 30 avril, conformément aux attentes du marché.
  • Après une forte réévaluation des anticipations d'inflation et de taux depuis le début du conflit entre les Etats-Unis et l'Iran, la BoE devrait réaffirmer son approche attentiste.

Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont entamé les espoirs d'une reprise économique durable au Royaume-Uni en 2026 et ont bouleversé le scénario de désinflation. La hausse des prix de l'énergie a fait grimper de manière significative les anticipations d'inflation globale et sous-jacente, l'inflation de l’Indice des Prix à la Consommation devant désormais rester bien au-dessus de l'objectif de 2% d'ici fin 2026. En conséquence, les anticipations du marché ont nettement évolué, passant de deux baisses de taux cette année à près de deux hausses de taux en 2026.

Toutefois, les récentes déclarations du gouverneur Andrew Bailey, qui a averti que les marchés avaient pris de l'avance en anticipant un nouveau resserrement monétaire, ont contribué à tempérer les attentes quant à une intervention imminente. Selon nous, cette prudence est justifiée. Les conditions sur le marché du travail britannique restent faibles et la croissance des salaires ralentit, ce qui devrait progressivement atténuer les pressions inflationnistes intérieures au fil de l'année, permettant ainsi à la Banque de ne pas se laisser influencer par le choc énergétique à court terme.

La politique monétaire étant déjà clairement restrictive et la dynamique de croissance fragile, nous voyons peu de raisons justifiant un resserrement de la politique monétaire. Si l'activité continue de s'affaiblir, les marchés pourraient réévaluer une nouvelle fois la perspective de baisses de taux plus tard dans l'année.

D'un point de vue stratégique, la combinaison d'une politique budgétaire rigoureuse, de conditions monétaires restrictives et de valorisations attractives continue de soutenir une exposition longue aux Gilts en termes de valeur relative. Nous privilégions particulièrement une position longue sur les Gilts à 30 ans par rapport aux bons du Trésor américain, reflétant les dynamiques monétaires et budgétaires divergentes entre le Royaume-Uni et les Etats-Unis.

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