Matières premières: l’or perd, l’aluminium prime et le cacao patine

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Sur le LME, une tonne de métal d’aluminium coûte 3278 dollars vendredi, contre 3215 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

Le cours de l’or a encore un peu accentué cette semaine sa glissade amorcée depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, avec désormais la crainte que les banques centrales se joignent au mouvement de vente.

L’or et l’argent restent proches de leurs plus bas de la semaine dernière, plusieurs banques centrales ayant alerté sur un retour de l’inflation, ce qui laisse présager de nouvelles hausses de taux pour freiner la hausse des prix.

Cette perspective renforce l’attrait du dollar et des obligations d’Etat, et «pèse sur l’or, car elle accroît le coût d’opportunité de détenir un actif ne rapportant pas d’intérêts», relève Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote.

Face aux fluctuations des marchés de l’énergie et boursiers, «des investisseurs ont réduit leurs positions sur l’or pour compenser des pertes ailleurs», rapporte aussi l’analyste.

Le cours du métal jaune a encore accéléré son repli, Bloomberg ayant rapporté jeudi que la Banque centrale de Turquie s’était séparée de 60 tonnes d’or en deux semaines, dans la foulée du début de la guerre en Iran.

L’institution monétaire turque en a directement vendu une partie sur le marché, et s’est engagée par contrat à en échanger une autre contre des devises étrangères ou des lires turques, selon le même média.

Un tel mouvement «pourrait se reproduire chez d’autres banques centrales» de pays eux aussi «confrontés à la hausse des coûts des importations d’énergie», estime Mme Ozkardeskaya.

L’or a perdu près de 16% de sa valeur depuis le début du conflit.

Vendredi, vers 14H45 GMT (15H45 GMT), l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à Londres à 4461,43 dollars, contre 4492,42 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

Pour l’argent, le platine ou encore le palladium, c’est la double peine: à la fois métaux précieux et industriels, ils subissent aussi «l’impact négatif de l’incertitude économique liée à la hausse des prix de l’énergie», souligne Carsten Fritsch, de Commerzbank.

L’aluminium déroule

Le cours de l’aluminium a légèrement progressé cette semaine à la Bourse des métaux de Londres (LME) alors que la guerre au Moyen-Orient bloque toujours les exportations du métal argenté en provenance du Golfe.

«La région du Golfe produit environ 8% de l’aluminium mondial et représente près de 14% des exportations mondiales», explique Volkmar Baur, analyste chez Commerzbank.

La production de ce métal étant extrêmement énergivore, la hausse des coûts de l’énergie peut aussi se répercuter sur les prix.

Toutefois, comme pour les autres métaux industriels, la demande d’aluminium est très dépendante des perspectives économiques mondiales.

Celles-ci étant plombées par la guerre au Moyen-Orient, la hausse des prix de l’aluminium reste modérée.

Sur le LME, une tonne de métal d’aluminium coûtait 3278 dollars vendredi, contre 3215 dollars sept jours plus tôt à la clôture.

Le cacao paralysé

Les cours du cacao sont restés stables cette semaine, ne parvenant pas à rebondir nettement de leur creux de fin février, où ils avaient atteint un plus bas niveau depuis 2023.

Cette faiblesse des prix par rapport à ceux affichés en 2024 et 2025 est liée à de «bonnes perspectives de récolte en Afrique de l’Ouest» et une prévision «de demande limitée» de cacao, explique Mark Bowman, analyste chez ADM Investors Services.

Depuis l’envolée des cours du cacao en 2024, «les fabricants mondiaux de confiseries ont réduit la quantité de chocolat dans leurs produits, et il pourrait falloir une longue période de prix bas du cacao pour les inciter à revenir en arrière», ajoute-t-il.

La tonne de cacao négociée à New York pour livraison en mai évoluait à 3.150 dollars, contre 3255 dollars la semaine dernière à la clôture.

A Londres, la tonne de cacao pour livraison le même mois valait 2.360 livres vendredi, contre 2414 livres une semaine plus tôt en fin de séance.

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