L’intelligence artificielle s’impose dans tous les métiers, y compris dans le domaine juridique. La génération de documents devient simple et rapide. Les coûts juridiques diminuent. Dominique Lecocq, de Laine Neural Networks, répond aux questions d’Allnews sur l’apport de l’IA dans le droit et dans l’économie, notamment en finance:
Pourquoi l’IA s’attaque-elle à l’inaccessibilité du droit?
L’IA ne s’attaque à rien à proprement parler. Elle comble avant tout un vide et contribue à améliorer l’accessibilité du droit, comme celle de nombreuses autres industries.
L’être humain est naturellement très intelligent, mais son efficacité reste limitée par les outils historiques dont il dispose. Cette inefficacité organisationnelle se répercute in fine sur le client, qui en supporte le coût à travers des processus longs, redondants et fortement consommateurs de temps humain. Il ne s’agit pas d’un problème de compétence, mais d’un mode de fonctionnement encore largement dépendant de tâches manuelles qui pourraient être mieux outillées technologiquement.
Si l’on prend l’exemple de la traduction de documents, l’IA est aujourd’hui capable de créer une première version d’un document traduit de manière bien plus rapide et souvent plus efficace.
L’IA ne s’attaque donc pas aux métiers en tant que tels; elle améliore l’efficacité des processus existants afin de rendre certaines industries plus accessibles, tant en termes de temps que de coûts.
Le droit est-il aisément accessible?
Non. Selon des statistiques internationales, moins de 10% des personnes exprimant un besoin juridique s’adressent effectivement à des avocats ou à des spécialistes du droit. Les principaux freins restent le temps et le coût. Un professionnel peut, par exemple, avoir besoin de plusieurs semaines pour produire un contrat, non pas en raison de la complexité du dossier, mais parce qu’il doit gérer de nombreux clients en parallèle.
Les avocats font eux-mêmes face à des coûts structurels importants: frais de personnel, loyers, assurances, infrastructures informatiques. Même un très bon cabinet d’avocats fonctionne généralement avec une marge d’environ 40%, dans une activité qui demeure relativement peu récurrente. Ces contraintes économiques se répercutent nécessairement sur le prix final payé par le client.
En pratique, le coût horaire d’un avocat est bien souvent identique, qu’il s’agisse d’une heure de discussion stratégique permettant de résoudre un enjeu juridique majeur pour le client, ou d’une heure consacrée à des tâches plus techniques telles que la mise en forme, le réalignement ou le reformatage d’un document. Or, si ces deux types de travail mobilisent le même temps et sont facturés au même tarif, par exemple 500 francs de l’heure, leur valeur perçue par le client n’est pas nécessairement la même.
«Une part importante du due diligence sera confiée à l’IA, qui pourra l’exécuter plus rapidement, de manière plus structurée».
Que fera l’IA?
Avec l’IA, le système juridique s’améliorera dans la mesure où le traitement des dossiers deviendra naturellement plus rapide et plus efficient, ce qui permettra à un plus grand nombre de clients d’accéder aux services juridiques. La réduction des délais et des coûts élargira naturellement la base de clients.
Dans ce contexte, l’avocat pourra se concentrer davantage sur les aspects stratégiques, d’analyse et de conseil, qui constituent le cœur de sa valeur ajoutée, et qui peuvent être facturés à un tarif horaire plus élevé, avec des marges potentiellement supérieures.
La technologie, et en particulier l’IA, ne remplace donc pas le personnel; elle transforme partiellement le modèle d’affaires et améliore de nombreux aspects du fonctionnement, tant pour les avocats que pour les clients.
C’est là tout l’intérêt de l’IA: elle facilite l’accès aux services juridiques aux clients en optimisant les coûts, tout en permettant aux avocats d’avoir plus de clients, de se concentrer sur des prestations à plus forte valeur ajoutée et d’améliorer leurs marges. C’est gagnant-gagnant.
Est-ce que l’IA, par exemple ChatGPT, m’incitera à consulter plus facilement mon avocat du fait de la baisse des coûts?
L’IA permet avant tout de réduire certains coûts et d’offrir une première compréhension d’une situation juridique. ChatGPT est un modèle fondamental, un Large Language Model, relevant de l’IA générative. Il fournit des réponses générales, mais ne raisonne pas comme un spécialiste du droit. Il faut disposer de connaissances juridiques suffisantes pour savoir interroger correctement un outil comme ChatGPT.
Les technologies plus avancées, et en particulier l’IA agentique, marquent une évolution importante: elles permettent de passer de la simple génération de contenu à des capacités de cadrage, de décision et d’action plus structurées. Ces approches permettent d’encadrer les modèles fondamentaux afin de les rendre plus précis et plus fiables dans des domaines spécifiques, mais surtout directement utilisables par des personnes ne disposant pas de connaissances juridiques particulières.
Plus largement, l’IA prendra en charge une partie du travail dans de nombreuses professions, des analyses préliminaires, de la rédaction, de la traduction à l’analyse médicale, en passant par l’analyse financière, l’audit ou la comptabilité.
À partir de quelques indications, l’IA pourra également assumer une part du travail de pré-analyse, tant pour le client que pour l’avocat. L’intervention de l’avocat demeure toutefois essentielle pour les aspects les plus sensibles et les plus stratégiques du dossier, d’autant que le raisonnement, l’expérience et le jugement humains n’ont pas encore été intégralement répliqués par l’IA.
Pouvez-vous prendre un exemple?
Prenons l’exemple d’un contrat de prêt, un exercice relativement simple. A prête 100'000 francs à B, avec un remboursement prévu dans un an. La première question porte sur la détermination du taux d’intérêt. Imaginons qu’il soit fixé à 18%. L’avocat doit-il consacrer l’essentiel de son temps à rédiger l’intégralité du contrat ou, au contraire, s’interroger prioritairement sur la pertinence et la validité d’un tel taux? C’est bien sur ce point que son expertise est déterminante.
Les statistiques internationales montrent qu’un contrat de difficulté moyenne rédigé par un avocat coûte en moyenne 6900 dollars par document. Dans mon cabinet à Genève, le coût moyen s’élève à environ 5500 francs, ce qui correspond à cette moyenne mondiale. Or, sur ces 5500 francs, près de 80% du travail réalisé est perçu comme ayant une valeur limitée par le client. À ses yeux, l’essentiel se concentre généralement sur quelques points clés, par exemple ceux qui anticipent un risque futur ou garantissent l’applicabilité effective du contrat.
Grâce à l’IA, le coût de production d’un contrat standardisé, qui s’élevait auparavant à 5500 francs, peut être réduit à quelques dizaines de francs, par exemple 80 francs.
Dans ce contexte, un avocat qui facturait auparavant dix heures de travail, comprenant la prise de contact initiale, l’analyse du dossier, les vérifications KYC et la rédaction, peut désormais intervenir de manière ciblée sur une question précise nécessitant une heure d’expertise réelle. Cette intervention pourrait alors être facturée 1000 francs au lieu de 500 francs. Au final, le client paierait environ 1080 francs, et non plus 5500 francs.
Il s’agit donc d’accepter que la technologie rende certains services plus efficaces, afin de permettre à l’expertise humaine de se concentrer sur les prestations à forte valeur ajoutée et de les facturer en conséquence, plutôt que de maintenir un prix moyen qui intègre des processus structurellement inefficaces.
L’IA n’empêche pas que des erreurs se produisent. Comment intégrer cette incertitude dans le contrat final?
C’est un point essentiel. L’incertitude liée à l’IA dépend fortement du domaine concerné. Dans le cas d’un véhicule autonome, tout ce qui peut être rendu déterministe doit l’être. Il n’est pas envisageable d’autoriser un véhicule à « apprendre de ses erreurs » lorsqu’il s’agit de sécurité.
La question devient alors: qu’est-ce qui est déterministe? Les règles de la circulation et les règles de bonne conduite, par exemple. Celles-ci peuvent être codées et intégrées de manière fiable. En revanche, il faut également tenir compte de facteurs intrinsèquement incertains, comme la chute soudaine d’un arbre sur la chaussée ou une tempête imprévisible. Ces événements externes sont trop nombreux et trop variés pour permettre une approche entièrement déterministe. Il est donc nécessaire de mettre en place une méthodologie permettant, dans ces situations, d’aboutir à la décision la plus sûre possible afin d’éviter l’accident.
Dans tous les cas, un «mode de sécurité» doit exister: si le véhicule ne sait pas quoi faire, il doit être en mesure de s’arrêter immédiatement sur le bord de la route.
Il en va de même pour l’IA et pour Laine Neural Network dans ces exercices de rédaction et de révision. Le système procède à une analyse et à une évaluation des risques. Si l’IA identifie que l’action envisagée par le client n’est pas possible, appropriée ou conforme au droit, le «mode de sécurité» consiste alors à orienter le client vers un avocat indépendant inscrit sur la plateforme.
En finance, ces dernières années, les effectifs ont bondi dans le «due diligence». Est-ce que l’IA va inverser cette tendance et faire ce travail elle-même?
Une part importante du due diligence sera confiée à l’IA, qui pourra l’exécuter plus rapidement, de manière plus structurée et dans des conditions économiques plus efficientes, notamment grâce à des technologies avancées, dont le quantum computing à terme. L’analyse détaillée des documents sera ainsi considérablement améliorée, tout en devenant plus accessible.
En revanche, le recours exclusif à un outil généraliste comme ChatGPT comporte un risque réel de passer à côté de certains points essentiels. C’est pourquoi il ne suffit pas d’utiliser des modèles fondamentaux: il est nécessaire de s’appuyer également sur des applications reposant sur des approches agentiques, spécifiquement codées et entraînées pour ces usages, et capables d’exploiter des technologies de calcul avancées.
En décembre dernier, lors de déplacements en Californie et au Texas pour rencontrer plusieurs start-up, j’ai pu constater que certaines d’entre elles se sont déjà positionnées sur le due diligence assisté par IA, avec des résultats particulièrement impressionnants.
«La réduction des délais et des coûts élargira naturellement la base de clients.»
A quoi ressemble notre adaptation à l’IA?
Notre adaptation à l’IA me fait parfois penser à la réaction face à l’arrivée d’un tsunami: beaucoup de personnes ne commencent à réagir que lorsque la vague est déjà très proche. Jusq’à là, ils la regardent. De nombreux avocats autour de moi savent que l’IA va s’imposer et comprennent que, le jour où les clients disposeront d’applications juridiques innovantes et accessibles, ils devront s’adapter rapidement. Pour l’instant toutefois, cette adaptation reste encore largement théorique. Or, cela va arriver très vite.
Si les clients ont accès à des outils juridiques efficaces et peuvent ne solliciter leurs avocats que pour les points véritablement stratégiques, tandis que la rédaction des documents s’effectue à un coût sensiblement inférieur, par exemple à hauteur d’un tiers de celui d’aujourd’hui, les clients adopteront naturellement ces solutions.
L’objectif n’est en aucun cas de remplacer les avocats. Uber, par exemple, n’a pas supprimé les taxis. Comme souvent, la technologie suscite des craintes, mais elle vise avant tout à améliorer l’efficacité globale d’un système.
Il restera certes des avocats réfractaires à ces évolutions, parfois par attachement à des pratiques traditionnelles. Mais il est préférable d’évoluer pour mieux répondre aux attentes des clients, améliorer la qualité du service et se concentrer sur les aspects stratégiques du métier, quitte à les facturer à un prix plus élevé. À terme, la marge de l’avocat pourrait même être supérieure à celle d’aujourd’hui.
L’IA semble d’abord pénaliser l’emploi des jeunes juristes. Comment interprétez-vous ce problème?
Les jeunes juristes qui arrivent sur le marché de l’emploi aujourd’hui, ont été formés dans l’ancien système et ils devront s’adapter au nouveau système. Les universités doivent adapter leurs programmes à ce phénomène.
Les grands cabinets d’avocats et les consultants n’augmenteront pas leurs effectifs. Le risque existe qu’ils réduisent leur personnel malgré une augmentation des affaires.
Il est vrai que des tâches rébarbatives vont enfin disparaître. Par exemple celles que je remplissais à mes débuts dans un cabinet d’avocat pour des prospectus de cotation. A 18h le vendredi, je devais relire manuellement ces documents et confirmer que les références des pages étaient correctes. Cela me prenait tout le week-end.
J’ai ouvert mon cabinet d’avocat en 2007. A cette époque, j’ai engagé des collaborateurs. J’en ai nommé certains au titre d’associés et leur ai confié des clients. Pourtant la moitié se sont ré-orientés parce que le métier est extrêmement astreignant. Certains clients vous appellent à 18h et demandent de finaliser un prospectus de fonds et relire 80 pages pour le lendemain. Croyez-moi, l’IA rendra le métier beaucoup plus agréable.
Est-ce qu’avec l’IA votre propre façon de travailler a changé?
Ma façon de travailler a effectivement beaucoup évolué au cours de l’année écoulée. Auparavant, lorsque je devais intégrer une clause complexe dans un contrat, je consacrais une part importante de mon temps à en élaborer la formulation. Aujourd’hui, je me concentre avant tout sur l’idée et l’objectif de la clause, et l’IA se charge de proposer une rédaction souvent plus aboutie, et surtout beaucoup plus rapide.
Il n’est plus vraiment possible de refuser l’IA. La question centrale devient donc celle des gagnants et des effets de distribution qu’elle engendre.
Les services deviendront globalement plus accessibles pour les consommateurs, grâce à une baisse des coûts et à une meilleure efficacité des processus. De leur côté, les prestataires qui sauront intégrer une technologie bien calibrée pourront optimiser leur organisation, réduire certains coûts opérationnels et réallouer leurs ressources humaines vers des tâches à plus forte valeur ajoutée.
Est-ce que l’IA renforcera l’emprise du droit anglo-saxon?
Non. La technologie en elle-même n’est pas intrinsèquement liée à un système juridique particulier. Les modèles ne sont pas «anglo-saxons» par nature. S’ils ont souvent été développés ou initialement déployés aux États-Unis, rien n’empêche de les adapter et de les encadrer pour qu’ils fonctionnent efficacement dans d’autres cadres juridiques.
Les États-Unis disposent certes d’un écosystème technologique très dynamique et d’un important vivier de talents, mais appliquer ces technologies au droit suisse, ou à tout autre système juridique, n’est pas particulièrement complexe dès lors qu’elles sont correctement structurées, paramétrées et encadrées par une méthodologie adaptée.
Est-ce que l’IA encourage la démocratisation du droit?
Le terme est sans doute un peu fort, mais l’IA facilite clairement l’accès aux experts du droit. En tant qu’avocat, je rencontre de nombreuses personnes qui auraient besoin de services juridiques, mais qui les jugent trop coûteux. Même lorsque les cabinets réduisent leurs frais, l’effort reste souvent insuffisant du point de vue du client, d’autant que la responsabilité de l’avocat, elle, demeure inchangée.
Si certaines tâches à faible valeur ajoutée, et parfois peu attractives pour les avocats, peuvent être confiées à l’IA, les services juridiques deviennent plus accessibles sans en compromettre la qualité. La société y gagne, car des documents juridiquement corrects préviennent de nombreux litiges. Trop souvent, des personnes renoncent à consulter un avocat et recourent à des solutions copiées sans accompagnement, ce qui finit par leur coûter bien plus cher.
Est-ce que l’IA va s’introduire dans le prétoire?
Nous n’en sommes pas là. Chaque tribunal applique ses propres règles et procédures, et la rédaction d’actes pour une juridiction donnée nécessite une connaissance pratique et une expérience humaine. À ce stade, aucun système juridique n’autorise une IA à plaider devant un tribunal.
En revanche, l’IA jouera un rôle déterminant en amont des procédures. Dans les contentieux complexes, les dossiers peuvent représenter des centaines de classeurs, ce qui génère des coûts très élevés liés à l’analyse manuelle. L’IA permet de relier les documents pertinents, de comparer les versions et de mettre en évidence les points clés. L’avocat gagne ainsi un temps considérable et le client bénéficie d’une réduction sensible des coûts.
Est-ce que l’IA fait disparaître le risque de prescription d’anciennes affaires?
Oui, certainement. Les tribunaux font leur possible pour empêcher les problèmes de prescription. Les affaires seront traitées plus rapidement et la paix sociale mieux assurée.
L’alternative à l’adaptation n’est-elle pas, souvent, celle de l’interdit?
Effectivement, nous assisterons à une adaptation ou à une interdiction issue du parlement qui conduirait à une perte de compétitivité pour notre pays.
Est-ce qu’une plus grande accessibilité juridique n’a pas des travers sociétaux? Ne risque-t-elle pas d’accroître le réglement des conflits par voie juridique plutôt que par une conversation?
Non. L’IA est déjà capable d’analyser une situation et d’estimer des probabilités de succès. Si, par hypothèse, l’accès aux avocats devenait totalement gratuit, par exemple via des subventions, il pourrait effectivement être tentant d’engager des procédures sans réelle justification.
En pratique, l’effet inverse est plus probable. Si une IA indique que les chances de succès sont très faibles, peu de personnes persisteront dans une démarche contentieuse, d’autant plus qu’elles devront supporter les frais de procédure et, le cas échéant, ceux de la partie adverse.
Une meilleure information en amont tend donc plutôt à dissuader les actions infondées qu’à encourager une judiciarisation excessive des conflits.
Avec l’IA, est-ce que les procédures seront beaucoup plus rapides?
Oui, très clairement. Notre plateforme permettra à toute personne disposant d’une clause arbitrale Laine de présenter ses arguments de manière structurée et, si elle le souhaite, de sélectionner un avocat sur la plateforme pour l’assister. Sur cette base, Laine fournit une estimation d’un settlement agreement, indiquant les forces et faiblesses de chaque position et les probabilités d’issue du litige.
Ce processus peut se dérouler rapidement, de manière largement dématérialisée et à des conditions économiques bien plus efficientes que les procédures traditionnelles. Dans la seconde moitié de 2027, Laine mettra également à disposition un centre d’arbitrage dédié, permettant d’aller plus loin dans la résolution des différends, avec des procédures encadrées, assistées par l’IA et intégrant systématiquement une supervision humaine. L’objectif est de réduire les délais, les coûts et les frictions, tout en garantissant un haut niveau de sécurité juridique.
Dans les entreprises, la tendance à placer en haut de la hiérarchie des spécialistes juridiques sera-t-elle remise en cause par l’IA?
Non. Les juristes conserveront leur rôle central et les facultés de droit ne sont pas appelées à disparaître. On observe d’ailleurs un phénomène comparable dans le secteur bancaire: les banques sont devenues, en grande partie, des entreprises technologiques, si l’on considère la proportion croissante d’informaticiens dans leurs effectifs, sans que cela n’ait remis en cause le rôle des financiers ou des décideurs.
Dans les cabinets d’avocats comme dans les entreprises, les profils évolueront et se spécialiseront différemment afin de gagner en efficacité. Nous traversons un changement structurel profond. L’histoire économique est jalonnée de transformations de ce type, souvent accompagnées par la disparition ou la mutation de certains métiers, comme ce fut le cas, par exemple, des traders à la corbeille.
La principale difficulté concerne aujourd’hui les jeunes professionnels entrant sur le marché du travail: formés selon des modèles anciens, ils voient l’IA s’imposer rapidement, avec peu de temps pour s’adapter. Le véritable enjeu est donc celui de l’accompagnement et de l’évolution des compétences, plus que d’un bouleversement des hiérarchies.
Que proposez-vous chez Laine Neural Network?
Laine Neural Network se positionne comme un écosystème situé entre les clients et les avocats, avec pour objectif de faciliter le travail des deux parties. La plateforme permet aux clients de réaliser eux-mêmes une partie des tâches juridiques, notamment la structuration des informations, la pré-analyse et la préparation des documents, tout en conservant un accès direct à un avocat lorsque cela est nécessaire.
Laine permet de guider le client pas à pas, de poser les bonnes questions, d’identifier les risques et de produire des documents juridiquement structurés, cohérents et conformes au cadre légal applicable. Le client gagne en autonomie, en compréhension et en rapidité, sans être laissé seul face à des décisions juridiques complexes.
Pour les avocats, Laine leur permet de bénéficier d’une infrastructure technologique avancée sans devoir investir eux-mêmes dans le développement, la maintenance ou la mise à jour de ces outils. La technologie est mise à leur disposition afin qu’ils puissent se concentrer sur leur véritable valeur ajoutée: l’analyse, la stratégie, le conseil et la validation finale.
L’ambition de Laine Neural Network n’est donc pas de remplacer les avocats, mais de créer une infrastructure commune où technologie et expertise humaine se complètent, au bénéfice de l’ensemble de l’écosystème juridique.