Le Japon veut émettre davantage de dette pour financer son plan de relance

AWP

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Le gouvernement nippon a approuvé vendredi un budget supplémentaire de 18’300 milliards de yens pour financer son massif plan de relance économique équivalant à 117 milliards d’euros dévoilé la semaine dernière.

Le Japon a annoncé vendredi vouloir accroître ses émissions de dette pour financer le plan de relance économique de sa Première ministre Sanae Takaichi. Ce, au risque de gonfler l’endettement déjà colossal du pays et d’alarmer les marchés sur sa discipline budgétaire.

Le gouvernement nippon a approuvé vendredi un budget supplémentaire de 18’300 milliards de yens (94,24 milliards de francs) pour financer son massif plan de relance économique équivalant à 117 milliards d’euros dévoilé la semaine dernière.

Ce plan de relance, qui comprend des chèques aux parents et des subventions sur l’énergie, est censé soutenir l’activité et la consommation des ménages face à une inflation persistante --un engagement phare de Sanae Takaichi, en poste depuis un mois, face au vif mécontentement populaire contre la hausse des prix.

Sur ce budget supplémentaire, qui doit être soumis au Parlement pour validation, 11’700 milliards de yens seront couverts par de nouvelles émissions d’emprunts obligataires, selon le ministère des Finances.

De quoi alourdir encore la dette publique pharaonique de l’archipel, qui devrait atteindre 232,7% du PIB en 2025 selon le Fonds monétaire international (FMI).

Les inquiétudes concernant la discipline financière du Japon ont récemment fait grimper les rendements des obligations d’État nippones à longue échéance à des niveaux record.

«Ce dernier plan de relance budgétaire du Japon pourrait accroître les risques pesant sur sa notation souveraine +A+ avec perspective stable s’il représente un assouplissement significatif de la politique budgétaire à moyen terme», a averti cette semaine l’agence de notation Fitch Ratings.

Certes, «il intervient après des performances budgétaires récentes relativement solides qui ont offert au Japon une marge de manoeuvre supplémentaire», concède-t-elle.

Mais, souligne Fitch, «l’endettement public très élevé du Japon demeure le principal point faible de son profil de dette souveraine, notamment dans un contexte de faibles perspectives de croissance à moyen terme et de pressions budgétaires structurelles liées au vieillissement démographique».

Sous pression, Mme Takaichi a cependant assuré qu’elle entend mener une politique budgétaire «proactive et responsable».

Tokyo peut ainsi pointer que, même en y intégrant les 11’700 milliards de yens d’émissions de dette nouvelle, le total des émissions obligataires japonaises n’atteindra sur l’exercice que 40’300 milliards de yens, soit 4,3% de moins que l’année précédente --selon les calculs de Bloomberg.

«En favorisant une économie solide et en augmentant le taux de croissance, nous réduirons le ratio dette/PIB, atteindrons la viabilité budgétaire et garantirons la confiance des marchés», a promis Mme Takaichi le 21 novembre.

Les rendements obligataires sont «maintenus artificiellement bas» par des achats de la banque centrale nippone (BoJ), s’alarme en revanche Robin Brooks, de la Brookings Institution, jugeant Tokyo «au pied du mur».

L’adoption du budget supplémentaire reste suspendue aux pourparlers du Parlement, la coalition gouvernementale de Mme Takaichi n’y disposant pas de la majorité et devant donc s’entendre avec les partis d’opposition.

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