Douze questions pour 2026

Emmanuel Ferry, Union Securities Switzerland SA

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Avant de définir la stratégie d’investissement pour 2026, il convient d’identifier les points de questionnement à adresser.


Six thèmes ont façonné l’année 2025: l’IA et le super-cycle d’investissement (semiconducteurs, datacenters, électrification), la rotation US/non-US couplée avec la baisse du dollar, le profil en V des marchés lié aux annonces sur les droits de douanes de D. Trump, le profil en K de la croissance économique américaine, les craintes de débasement monétaire, l’assouplissement significatif des conditions monétaires et financières.

Avant de définir la stratégie d’investissement pour 2026, il convient d’identifier les points de questionnement à adresser.

  1. La trajectoire du super-cycle de l’intelligence artificielle va-t-elle se maintenir en termes d’exécution, s’amplifier en terme boursier, et se propager à l’ensemble de l’économie?
  2. Le profil en K de la croissance américaine, reposant largement sur la technologie (50 à 90% de contribution du taux de croissance cette année selon les estimations), va-t-il basculer dans un profil en L (récession) sous l’effet d’un ajustement plus rapide que prévu d’éventuelles surcapacités liées à l’IA?
  3. Peut-on s’attendre à une resynchronisation de la croissance mondiale, malgré la fragmentation du commerce mondial et le creusement des déséquilibres macro-financiers?
  4. Les conditions sont-elles réunies pour envisager une ré-accélération de l’inflation au-delà de 3% aux Etats-Unis?
  5. Les conditions monétaires et financières vont-elles se durcir, après une phase exceptionnelle de détente observée à partir du 2ème trimestre?
  6. Le policy-mix américain va-t-il rentrer en conflit, avec les pressions sur la Fed (indépendance, gouvernance), les contraintes de refinancement de la dette publique (fiscal dominance), et les mesures de déréglementation disruptives?
  7. Les aléas sur le marché de la dette privée vont-ils s’intensifier, causant un choc systémique (banques, assureurs, fonds de pension), susceptible de peser sur la liquidité et de causer un rationnement du crédit?
  8. Le leadership des 7 mega-tech aux Etats-Unis va-t-il s’infléchir au profit du reste du marché (le S&P493)?
  9. Le positionnement extrême des investisseurs sur le style high beta va-t-il subir un repositionnement plus ou moins ordonné vers des titres plus défensifs?
  10. Les cours de l’or deviennent-ils plus vulnérables à des corrections dans un contexte géopolitique en voie de normalisation et de ralentissement des achats des banques centrales?
  11. Les obligations d’Etat ont-elles encore un pouvoir diversifiant du risque Actions dans un contexte d’inflation supérieure à l’objectif de stabilité des prix (dans le cas des Etats-Unis)?
  12. Le profil boursier va-t-il suivre la saisonnalité traditionnelle des élections de mi-mandat, à savoir une année médiocre (performance médiane du S&P500 de -1.5% observée depuis 1950), avec un marché sans tendance jusqu’au mois d’octobre, avant de rebondir en fin d’année?

Cette liste non exhaustive de points potentiels de rupture doit conduire à questionner les grandes tendances de 2025. La question importe plus que la réponse, dans la mesure où la prévision importe moins que la capacité des portefeuilles à s’adapter et naviguer dans des environnements instables, mais surtout susceptibles de connaitre des bifurcations majeures.

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