Six thèmes ont façonné l’année 2025: l’IA et le super-cycle d’investissement (semiconducteurs, datacenters, électrification), la rotation US/non-US couplée avec la baisse du dollar, le profil en V des marchés lié aux annonces sur les droits de douanes de D. Trump, le profil en K de la croissance économique américaine, les craintes de débasement monétaire, l’assouplissement significatif des conditions monétaires et financières.
Avant de définir la stratégie d’investissement pour 2026, il convient d’identifier les points de questionnement à adresser.
- La trajectoire du super-cycle de l’intelligence artificielle va-t-elle se maintenir en termes d’exécution, s’amplifier en terme boursier, et se propager à l’ensemble de l’économie?
- Le profil en K de la croissance américaine, reposant largement sur la technologie (50 à 90% de contribution du taux de croissance cette année selon les estimations), va-t-il basculer dans un profil en L (récession) sous l’effet d’un ajustement plus rapide que prévu d’éventuelles surcapacités liées à l’IA?
- Peut-on s’attendre à une resynchronisation de la croissance mondiale, malgré la fragmentation du commerce mondial et le creusement des déséquilibres macro-financiers?
- Les conditions sont-elles réunies pour envisager une ré-accélération de l’inflation au-delà de 3% aux Etats-Unis?
- Les conditions monétaires et financières vont-elles se durcir, après une phase exceptionnelle de détente observée à partir du 2ème trimestre?
- Le policy-mix américain va-t-il rentrer en conflit, avec les pressions sur la Fed (indépendance, gouvernance), les contraintes de refinancement de la dette publique (fiscal dominance), et les mesures de déréglementation disruptives?
- Les aléas sur le marché de la dette privée vont-ils s’intensifier, causant un choc systémique (banques, assureurs, fonds de pension), susceptible de peser sur la liquidité et de causer un rationnement du crédit?
- Le leadership des 7 mega-tech aux Etats-Unis va-t-il s’infléchir au profit du reste du marché (le S&P493)?
- Le positionnement extrême des investisseurs sur le style high beta va-t-il subir un repositionnement plus ou moins ordonné vers des titres plus défensifs?
- Les cours de l’or deviennent-ils plus vulnérables à des corrections dans un contexte géopolitique en voie de normalisation et de ralentissement des achats des banques centrales?
- Les obligations d’Etat ont-elles encore un pouvoir diversifiant du risque Actions dans un contexte d’inflation supérieure à l’objectif de stabilité des prix (dans le cas des Etats-Unis)?
- Le profil boursier va-t-il suivre la saisonnalité traditionnelle des élections de mi-mandat, à savoir une année médiocre (performance médiane du S&P500 de -1.5% observée depuis 1950), avec un marché sans tendance jusqu’au mois d’octobre, avant de rebondir en fin d’année?
Cette liste non exhaustive de points potentiels de rupture doit conduire à questionner les grandes tendances de 2025. La question importe plus que la réponse, dans la mesure où la prévision importe moins que la capacité des portefeuilles à s’adapter et naviguer dans des environnements instables, mais surtout susceptibles de connaitre des bifurcations majeures.