Le dollar s’est replié mardi alors que les attentes du marché sur une nouvelle baisse des taux de la banque centrale américaine (Fed) en décembre se sont renforcées.
Vers 19H30 GMT, le billet vert perdait 0,47% face à la monnaie unique européenne, à 1,1576 dollar pour un euro, et 0,76% face à la devise britannique, à 1,3205 dollar pour une livre.
«Les attentes concernant la politique monétaire de la Fed ont complètement basculé», a résumé auprès de l’AFP Marc Chandler, analyste de Bannockburn Capital Markets.
Christopher Waller, l’un des gouverneurs de la Fed, a exprimé lundi son soutien à une réduction des taux avant la fin de l’année, préoccupé par un marché du travail «toujours fragile» aux Etats-Unis.
Ces propos s’ajoutent à ceux de John Williams, président de la Fed de New York, qui voit une marge pour un nouvel ajustement des taux d’intérêt.
«Cela a eu des répercussions négatives sur le dollar», selon M. Chandler, et les investisseurs s’attendent désormais majoritairement à une baisse d’un quart de point lors de la réunion de la Fed des 9 et 10 décembre.
Ils étaient une minorité la semaine passée face au ton prudent de plusieurs membres de la Réserve fédérale (Fed).
En outre, la publication mardi d’indicateurs économiques américains pour le mois de septembre, décalés du fait de la paralysie budgétaire aux Etats-Unis, a renforcé la perspective d’un assouplissement monétaire de la Fed.
Selon les données dévoilées par le département américain du Travail, l’indice des prix à la production (PPI) a progressé de 0,3% sur un mois en septembre, en ligne avec les attentes des analystes.
Mais du côté des ventes au détail, publiées cette fois par le département du Commerce, la hausse mensuelle en septembre est de 0,2%, moins rapide qu’au mois d’août et légèrement plus faible que le consensus du marché.
Bien que ces chiffres soient «désormais assez datés», «ils renforcent l’idée que l’économie américaine a terminé le troisième trimestre sur une note mitigée», a expliqué M. Chandler.
Au Royaume-Uni, le budget d’automne qui sera présenté mercredi pourrait inclure de lourdes hausses d’impôts susceptibles d’inciter la Banque d’Angleterre à abaisser ses taux en décembre.
Mais «la livre a eu le temps d’intégrer ces mauvaises nouvelles», a estimé Jane Foley, analyste de Rabobank.