Le yen perd du terrain lundi, plombé par la perspective de dépenses publiques plus lourdes qu’anticipé au Japon.
La monnaie japonaise est handicapée par «des inquiétudes accrues concernant le plan de relance budgétaire du gouvernement, annoncé plus important que prévu», indique Lee Hardman, de MUFG.
Approuvé vendredi au Japon, ce plan de 21'300 milliards de yens (117 milliards d’euros) avait initialement soutenu la devise, car il visait à réduire la dette colossale du pays et à doper la croissance.
Mais il prévoit des dépenses générales de 17'700 milliards de yens, contre 13'900 milliards de yens l’année précédente, relève l’analyste.
Afin de les financer, l’Etat pourrait être tenté d’émettre davantage d’obligations. Cette perspective fait grimper leur rendement.
Vers 10H35 GMT (11H35 à Paris), la monnaie japonaise lâchait 0,20% au billet vert, à 156,73 yens pour un dollar.
«Les responsables politiques japonais» ont évoqué la possibilité d’une «intervention directe pour soutenir le yen si cette détérioration se poursuit», ajoute M. Hardman, et «des responsables de la Banque du Japon ont indiqué qu’un yen faible pourrait inciter à une reprise des hausses de taux».
De son côté, le dollar reculait de 0,23% face à la monnaie européenne, à 1,1540 dollar pour un euro, mais grappillait à peine 0,03% à la livre sterling, à 1,3095 dollar.
Vendredi, le président de la Réserve fédérale de New York, John Williams, a estimé qu’il y avait «de la marge» en faveur d’une nouvelle détente des taux directeurs américains «à court terme».
Le marché mise désormais à plus de 75% sur une baisse de taux d’intérêts en décembre, d’après l’indicateur du CME, FedWatch.
La livre patiente, elle, en attendant la présentation mercredi du budget du Royaume-Uni.
La ministre des Finances britannique, Rachel Reeves, pourrait à cette occasion rehausser les impôts afin d’assainir les finances publiques et de financer des mesures de soutien de la croissance.
«De telles hausses d’impôts seraient déflationnistes et pourraient inciter la Banque d’Angleterre à baisser ses taux dès décembre», prévient Ipek Ozkardeskaya, analyste de Swissquote Bank.
Les marchés américains resteront en outre fermés jeudi lors de la fête de Thanksgiving aux États-Unis, suivie du «Black Friday», qui se traduira par des horaires réduits.