Les marchés émergents connaissent une profonde mutation. Longtemps dominés par les BRICS – Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud –, ils voient aujourd’hui émerger de nouveaux pôles de croissance offrant des dividendes attractifs. Ces marchés «de deuxième génération» abritent des entreprises solides, dotées de bilans sains et de politiques de distribution stables – un terrain fer-tile pour les investisseurs axés sur le rendement.
Entre 2003 et 2024, les dividendes versés dans les pays émergents ont progressé en moyenne de 11,8% par an, une dynamique nettement supérieure à celle des économies développées. Avec leurs flux de trésorerie robustes et une gouvernance de plus en plus favorable aux actionnaires, ces régions deviennent une alternative durable pour les investisseurs à long terme.
Le Moyen-Orient, un moteur de diversification
Il y a encore dix ans, l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis ne pesaient guère dans les indices émergents. Aujourd’hui, ils y occupent une place comparable à celle de l’Amérique latine.
L’Arabie saoudite investit massivement dans le tourisme, la culture et la technologie afin de ré-duire sa dépendance au pétrole.
Les Emirats, quant à eux, se positionnent comme un hub régional d’innovation ouvert aux capi-taux internationaux. De nouvelles entreprises émergent dans les secteurs des infrastructures, de la logistique et des énergies propres. L’essor des introductions en bourse et de technologies comme le refroidissement urbain économe en énergie témoigne du potentiel de croissance à long terme de cette région.
L’Asie du Sud-Est allie digitalisation et dividendes
En Asie du Sud-Est, la montée en puissance d’une classe moyenne dynamique transforme les éco-nomies locales.
En Indonésie, banques et opérateurs télécoms augmentent leur rentabilité grâce à la digitalisation, tout en maintenant une politique de dividendes généreuse.
Au Vietnam, les réformes économiques et la libéralisation du marché attirent les investisseurs étrangers. Les entreprises dotées d’une gouvernance stable y consolident des modèles de distribu-tion réguliers.
Aux Philippines, les acteurs des infrastructures et de la logistique profitent d’une population jeune et d’un commerce florissant pour générer des flux de revenus solides.
Asie centrale: un nouvel arc de croissance eurasiatique
L’Asie centrale entre dans une phase stratégique de développement. Le Kazakhstan, parmi les plus grands producteurs mondiaux d’uranium, profite du retour en grâce du nucléaire comme énergie durable. Ses faibles coûts de production et ses chaînes logistiques intégrées en font un acteur fiable pour les investisseurs en quête de rendement énergétique stable.
En Géorgie, des banques technologiquement avancées, dotées d’une gestion des risques rigou-reuse, s’imposent comme de nouveaux acteurs régionaux. La région offre ainsi des opportunités de diversification uniques, relativement indépendantes des cycles économiques occidentaux.
L’Amérique latine, la renaissance des marchés oubliés
Au-delà du Brésil, l’Amérique latine vit une nouvelle dynamique.
Le Pérou bénéficie du boom du cuivre, renforçant les finances publiques et attirant les investis-sements, notamment dans les secteurs financier et technologique.
Le Mexique, avec une économie solide et des bilans stables, voit émerger des modèles durables, notamment dans la gestion aéroportuaire. Un fort pouvoir de fixation des prix et une croissance du trafic aérien soutiennent des revenus récurrents.
De l’Eurasie à l’Amérique latine, de nouvelles régions s’imposent comme des sources fiables de dividendes, séduisant les investisseurs à la recherche de stabilité et de diversification.
Diversité et sélection, clés du succès durable
Regarder au-delà des BRICS, c’est embrasser la diversité des marchés émergents pour bâtir des portefeuilles plus résilients et mieux rémunérés.
Dans un environnement marqué par la volatilité et la transition, la sélectivité et la diversification deviennent les piliers d’un succès durable.