Pollution plastique: dernières consultations pour arracher un accord à Genève

AWP/ATS

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Jeudi à la mi-journée, le conseiller fédéral Albert Rösti voulait croire encore à un arrangement.

Les ministres et négociateurs du monde entier s’affairent à Genève pour tenter d’arracher un accord contre la pollution plastique, au lendemain d’une cohue en plénière contre le président des pourparlers. Jeudi à la mi-journée, le conseiller fédéral Albert Rösti voulait croire encore à un arrangement.

Le président des négociations Luis Vayas Valdivieso avait cru pouvoir faire avancer la situation après plus d’une semaine de discussions. Après avoir dévoilé un projet de texte beaucoup moins ambitieux, il s’est attiré les foudres de la plupart des Etats pendant des heures de réprobation.

Aucun engagement mondial n’était prévu sur la question de la production du plastique et les propositions, notamment lancées par la Suisse, pour contrôler les produits problématiques n’étaient pas reflétées. «Une insulte», selon des représentants du sud. «Pas du tout ambitieux», selon M. Rösti.

Même les Etats pétroliers, de l’Arabie saoudite à la Russie en passant par l’Iran, qui bloquent toute avancée depuis trois ans, n’étaient pas entièrement satisfaits. Ce moment a poussé les 185 Etats enregistrés aux négociations de Genève, un nombre qui n’a cessé d’augmenter, à tenter en continu depuis mercredi soir de désamorcer la crise.

Jeudi après-midi, les consultations en groupes se poursuivaient. «Nous y sommes», a dit à Keystone-ATS M. Valdivieso, considérant un accord possible. «Nous négocions des blocs» entre plusieurs textes, affirme-t-il.

Nombreuses rencontres pour Rösti

De son côté, le conseiller fédéral a mené des rencontres avec des représentants de dizaines de pays. Il attendait un nouveau projet de texte pour jeudi après-midi. La Suisse estime qu’il ne serait «pas acceptable» de repartir de Genève sans résultat.

Elle souhaite désormais un accord resserré sur une amélioration de la production, sans objectif de réduction, et un contrôle ou au moins une surveillance des produits problématiques. De même qu’un mécanisme de financement du soutien aux pays en développement.

«A la fin, ce sont les grands pays, les grands producteurs qui seront décisifs», admet M. Rösti. Mais en dehors de la Suisse, qui souhaiterait voir un «Accord de Genève», certains pays ambitieux ne veulent toujours pas abandonner le scénario de règles contraignantes pour limiter la production de plastique. Et sur les réseaux sociaux, le président français Emmanuel Macron a lui appelé «tous les Etats présents à Genève» à approuver un traité qui réponde aux défis urgents environnementaux et sanitaires.

De leur côté, les acteurs du sud et les représentants des collecteurs de déchets, qui ramassent environ 60% du plastique après son utilisation dans le monde, veulent également être entendus. Les premiers veulent un accord contraignant sur la production, alors que les seconds souhaitent être accompagnés dans les changements qu’ils auront à mener si le plastique est réduit.

Président ciblé

L’approche du président des négociations continuait aussi de faire jaser. «Beaucoup de personnes auraient préféré qu’Inger Andersen (la directrice exécutive du Programmes des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), NDLR) préside», a dit à Keystone-ATS une source proche des discussions. Le manque de flexibilité de l’ambassadeur équatorien est critiqué.

En près de 25 ans, la consommation de plastique a plus que doublé et s’établissait, selon les estimations pour 2024, à 500 millions de tonnes, dont près de 400 millions finissent en déchets. Si la situation n’est pas stabilisée, elle sera multipliée encore par trois d’ici 2060, au-delà de 1,2 milliard de tonnes. Tout comme les déchets, à plus d’un milliard de tonnes.

Selon Greenpeace, la Suisse arrive en deuxième position dans le classement des pays avec la proportion de population à risque la plus élevée. Plus de 10% des habitants, soit 973’000 personnes, se trouvent à moins de 10 km d’un site de production lié au plastique. Et des experts estiment les coûts annuels de santé liés à la pollution plastique dans le monde à au moins 1500 milliards de dollars.

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