Private Equity: comment investir 10% de son patrimoine comme un institutionnel?

Frédéric Stolar, Altaroc

2 minutes de lecture

Autrefois, les méthodes du capital-investissement restaient réservées aux investisseurs disposant de plusieurs centaines de millions d'euros.

Supposons qu’un investisseur privé envisage d’allouer 10% de son patrimoine en Private Equity. Cette hypothèse ambitieuse appelle une réflexion approfondie sur la manière d’investir ces 10% de façon optimale, afin de construire une poche cohérente diversifiée et performante. C’est en réalité une question qui traverse les bureaux feutrés des grandes fondations universitaires américaines, des fonds de pension suisses, comme des familles les plus fortunées du globe. Une fois l’enveloppe «Private Equity» définie, la démarche d’investissement rigoureuse qui s’impose repose sur trois questions clés.

Définir le couple risque-rendement

La première question est celle de la volatilité et du profil rendement-risque que l’on est prêt à accepter. Le Private Equity n’est pas un bloc monolithique: il regroupe des stratégies aussi diverses que le venture capital, le growth, le buyout, ou encore le capital-retournement. Certains investisseurs institutionnels bannissent le venture capital en raison de sa volatilité élevée; d’autres refusent les fonds de retournement pour éviter d’exposer leur capital à des entreprises en difficulté.

À cette étape, il faut également arbitrer entre:

  • La taille des fonds: small-cap, mid-cap ou large-cap?
  • La géographie: Europe, Amérique du Nord, marchés émergents?
  • Le secteur: fonds généralistes ou sectoriels (tech, santé, infrastructures)?

C’est une véritable ligne éditoriale patrimoniale qu’il faut définir. Et une fois cette ligne fixée, il est impératif de s’y tenir. Les grands investisseurs ne changent pas de stratégie chaque année pour «varier» leur exposition. Ils construisent patiemment un portefeuille cohérent et diversifié sur plusieurs Millésimes, en restant fidèles à leur allocation cible.

Construire un programme d’investissement pluriannuel

L’erreur la plus fréquente d’un investisseur privé? Tout engager en une seule fois.

Les institutions appliquent une règle d’or: étaler leurs engagements dans le temps. Ainsi, un fonds de pension qui souhaite allouer 300 millions d’euros en Private Equity divisera ce montant par trois et engagera 100 millions par an, sur une période de plusieurs années.

Pourquoi? Parce qu’au bout de six ans, les premières distributions commenceront à financer les engagements futurs. Ce mécanisme vertueux – appelé recyclage des cash-flows, ou Re-Up – permet de bâtir un portefeuille qui, passé un certain cap, devient autofinancé.

Pour un investisseur privé, la logique est identique: si vous souhaitez allouer 1 million d’euros, engagez environ 300'000 euros par an tous les ans.

Au bout de six ans, vous aurez atteint votre cible patrimoniale de décaissement, tout en ayant lissé votre risque macroéconomique et diversifié vos millésimes.

Clarifier son ambition patrimoniale

Enfin, la troisième question est peut-être la plus existentielle: pourquoi investissez-vous?

Deux visions se dessinent:

  • La stratégie de rente, à la manière d’un fonds de pension, pour servir un revenu complémentaire perpétuel.
  • La stratégie de capitalisation, inspirée des fonds de dotation universitaires américains, qui consiste à réinvestir 100% des distributions afin d’optimiser la croissance du capital sur 20 ou 30 ans.

Le choix entre ces deux approches détermine la manière de structurer vos engagements. Mais il exige aussi des outils sophistiqués pour piloter dans le temps ce programme d’investissement.

La démocratisation des stratégies institutionnelles

Autrefois, ces méthodes restaient réservées aux investisseurs disposant de plusieurs centaines de millions d’euros. La révolution du Private Equity réside aujourd’hui dans la possibilité, pour des clients privés, de bâtir leur mini fonds de pension ou leur mini endowment, à partir de montants bien plus modestes – dès 100'000 euros.

 

 

 

Avertissement
Cet article est purement informatif et ne constitue pas une recommandation personnalisée, un conseil juridique ou fiscal ni une stratégie en investissement.   
Les informations présentées sont fondées sur les conditions actuelles et sont susceptibles d’évoluer. Vous êtes invité(e) à vous rapprocher de votre conseiller afin de vous assurer que les produits évoqués sont adaptés à votre profil patrimonial.   
Investir dans le Capital Investissement/Private Equity comporte notamment des risques de perte en capital et de liquidité. La performance d’un FIA n’est jamais garantie, elle dépend de la rentabilité des actifs en portefeuille. Les performances passées ne présagent pas des performances futures.

A lire aussi...