Les cours du cacao sont fortement tombés cette semaine à cause de données sur le broyage en Europe et en Asie mettant en avant une faiblesse de la demande.
Le broyage des fèves est une étape importante de la transformation du cacao brut en produit fini et fait figure d’indicateur de la demande mondiale.
Au deuxième trimestre, le broyage des fèves en Europe a baissé de 7,2% par rapport à l’année précédente, selon l’association européenne du cacao (ECA).
C’est le niveau «le plus bas depuis le deuxième trimestre de 2020, durant la période du Covid», relève Mark Bowman, d’ADM Investors Services.
En Asie, il a baissé de 16,3% sur la même période selon l’association asiatique CAA.
«La faiblesse de la demande mondiale de cacao pèse sur les prix», affirme Rich Asplund, analyste pour le site Barchart.
Vendredi, vers 13H00 GMT (15H00 à Paris) la tonne de cacao pour livraison en décembre valait 4874 livres vendredi à Londres, après être tombée à 4698 livres au plus bas depuis octobre 2024, contre 5237 livres une semaine plus tôt en fin de séance.
A New York, la tonne pour livraison en septembre s’échangeait à 7595 dollars, contre 8177 dollars vendredi dernier à la clôture.
L’argent scintille, l’or s’essouffle
Le cours de l’argent s’est envolé cette semaine à un nouveau sommet depuis près de quatorze ans, profitant de l’attrait pour les valeurs refuges, avec un temps de décalage sur l’or, qui a lui marqué une pause.
L’argent a touché lundi ce nouveau plus haut depuis septembre 2011, à 39,1319 dollars l’once.
«Le déclencheur semble être l’incertitude accrue» engendrée par les menaces de Donald Trump «concernant les droits de douane, qui a favorisé les valeurs refuges», explique Thu Lan Nguyen, de Commerzbank.
Tout comme les autres métaux précieux, l’argent est porté par «un effet de rattrapage», après n’avoir jusqu’ici pas autant bénéficié que l’or du climat d’incertitudes commerciales, selon l’analyste.
L’argent n’a pas été le premier choix des investisseurs en quête de sécurité, car il demeure «moins adapté comme valeur refuge que l’or»: en tant que métal utilisé dans l’industrie, «sa demande a en effet tendance à baisser en période de ralentissement économique».
Le platine et le palladium ont eux aussi touché vendredi des plus hauts respectifs depuis août 2014 et août 2023.
L’or est lui resté statique cette semaine.
D’un côté, le métal doré est porté par les tensions géopolitiques et commerciales. De l’autre, il demeure lesté par des «données macroéconomiques américaines solides qui ont repoussé les anticipations de baisses de taux», résume Milad Azar, de XTB.
Vendredi, l’once d’or (31,1 g) s’échangeait à 3357,37 dollars, contre 3355,59 dollars sept jours plus tôt à la clôture.
Vent favorable sur le cuivre
Le cours du cuivre a légèrement progressé cette semaine à la Bourse des métaux de Londres (LME).
Le prix du métal rouge a surtout augmenté jeudi et vendredi, après la publication de données économiques montrant une économie résiliente malgré la politique commerciale erratique de Donald Trump.
Les ventes au détail aux Etats-Unis, baromètre de la consommation des ménages américains, sont reparties à la hausse au mois de juin alors que les inscriptions hebdomadaires au chômage, la semaine précédente, se sont affichées en baisse.
Le cuivre est fortement utilisé dans l’industrie, et son cours se montre très sensible à l’activité économique des grands pays consommateurs de métaux, comme la Chine et les Etats-Unis.
Les autres nouvelles ont plutôt freiné la hausse du cuivre, avec notamment une production record de cuivre raffiné par la Chine en juin, qui a «augmenté de 14,2% par rapport à l’année précédente», explique Barbara Lambrecht, analyste chez Commerzbank.
Et «les entrepôts en dehors des États-Unis ont signalé une augmentation des stocks de cuivre», souligne J.P. Steiner d’ADM Investors Services.
«Le cuivre précédemment prévu pour les États-Unis a été redirigé après que le président Trump a annoncé des droits de douane de 50% sur le métal à partir du 1er août», précise l’analyste.
Sur le LME, une tonne de cuivre coûte 9722,50 dollars vendredi, contre 9660,50 dollars sept jours plus tôt à la clôture.