L’inflation poursuit sa décrue en zone euro

AWP/AFP

2 minutes de lecture

La hausse des prix à la consommation s’est limitée à 2,2% en mars sur un an, après 2,3% en février, grâce à un reflux des tarifs de l’énergie et une accalmie dans les services.

L’inflation a continué de ralentir en mars dans la zone euro, ouvrant la voie à une nouvelle baisse des taux de la Banque centrale européenne (BCE), malgré l’incertitude créée par les droits de douane de Donald Trump.

La hausse des prix à la consommation s’est limitée à 2,2% sur un an, après 2,3% en février, grâce à un reflux des tarifs de l’énergie et une accalmie dans les services, a annoncé Eurostat mardi.

Ce recul, pour le deuxième mois consécutif, est conforme aux attentes des analystes interrogés par Bloomberg.

Il permet de se rapprocher de la cible de 2% visée par la BCE et conforte la possibilité d’un nouvel assouplissement monétaire lors de la prochaine réunion du Conseil des gouverneurs le 17 avril.

La probabilité d’une baisse des taux est «renforcée» notamment par «le fort recul de l’inflation dans les services», estime Jack Allen-Reynolds pour Capital Economics. Dans un contexte de «faiblesse persistante des dernières enquêtes sur l’activité» économique, le ralentissement des prix devrait convaincre l’institution de Francfort de réduire à nouveau ses taux taux d’intérêt de 25 points de base, selon lui.

«Incertitude très élevée»

Les droits de douane américains imposés aux produits européens et les mesures de rétorsion préparées par l’UE maintiennent une «incertitude très élevée» sur l’évolution de l’inflation, souligne Bert Colijn, économiste pour la banque ING. «Mais les chiffres publiés aujourd’hui sont suffisamment modérés pour justifier une nouvelle baisse des taux», explique-t-il.

L’inflation était tombée en septembre à son niveau le plus bas en trois ans et demi, à 1,7% en glissement annuel, avant de repasser au-dessus de 2% à partir d’octobre.

Globalement, dans les 20 pays partageant la monnaie unique la hausse des prix s’est très nettement calmée depuis le record de 10,6% sur un an atteint en octobre 2022, dans le contexte d’une flambée des tarifs de l’énergie liée à la guerre en Ukraine.

Cette tendance favorable a permis à la BCE de baisser ses taux à six reprises depuis juin 2024, après les avoir relevés drastiquement pendant deux ans pour combattre l’envolée des prix.

En mars, la bonne nouvelle provient en particulier de l’inflation sous-jacente - corrigée des prix volatils de l’énergie et de l’alimentation - qui fait référence pour les experts.

Elle a reculé à 2,4% sur un an, après 2,6% en février, plus nettement encore que ce qu’anticipaient les experts de Bloomberg. Entre septembre et janvier, elle était restée inchangée à 2,7%.

L’inflation n’est pas encore vaincue

Toutefois, les tensions commerciales alimentées par les droits de douane du président américain Donald Trump risquent de faire remonter l’inflation des deux côtés de l’Atlantique, tout en freinant la croissance économique.

Depuis le 12 mars, l’acier et l’aluminium importés aux Etats-Unis sont taxés à hauteur de 25%. A compter de mercredi, les automobiles entrant aux Etats-Unis seront à leur tour taxées à 25% et le locataire de la Maison Blanche a promis de nouveaux droits de douane dits «réciproques». Ils seront fixés au même niveau que les taxes en place dans différents pays sur les produits américains.

La présidente de la BCE, Christine Lagarde, s’est montrée prudente lundi sur la radio France Inter au sujet de la bataille contre la hausse des prix. «Dire: +ça y est, c’est terminé, c’est derrière nous+, non. Parce que, malheureusement, on est soumis à des tas d’incertitudes et quand M. Trump décide tout d’un coup d’augmenter les taux de 25% sur le secteur automobile ou décide la réciprocité qui s’appliquera à partir du 2 avril, nécessairement, ça induit des changements».

Le ralentissement de l’inflation en mars résulte en grande partie de l’accalmie des prix dans les services: ils ont progressé de 3,4% sur un an, après 3,7% en février. Il s’explique aussi par la baisse des tarifs de l’énergie (-0,7%, après +0,2% le mois précédent).

A l’inverse, les prix alimentaires (y compris alcool et tabac) ont progressé plus vite en mars à 2,9% (+0,2 point par rapport à février), tandis que l’inflation est restée stable pour les biens industriels, à 0,6% sur un an.

A lire aussi...