L’activité manufacturière en Chine s’est accrue en mars pour le deuxième mois consécutif, affichant une expansion jamais vue en un an, selon des données officielles publiées lundi.
L’indice d’activité des directeurs d’achat (PMI), baromètre clé du monde industriel, s’est établi à 50,5 en mars, selon le Bureau national des statistiques (BNS). Cet indice témoigne d’une expansion de l’activité manufacturière lorsqu’il est supérieur à 50 et, en deçà, d’une contraction.
Le chiffre de mars est en hausse par rapport à celui de février (50,2) et a atteint son niveau le plus haut en 12 mois.
L’activité manufacturière a été renforcée en mars par le retour des ouvriers dans les usines à l’issue de la période de vacances du Nouvel An chinois de janvier-février, et par le fait que «la production (...) des entreprises» s’est accélérée, a décrit le statisticien de la BNS Zhao Qinghe dans un communiqué.
L’indice PMI non manufacturier s’est de son côté établi à 50,8. Cet indicateur, qui mesure l’activité du secteur des services, est lui aussi en hausse par rapport au mois de février (50,4).
Le reste de l’année reste cependant incertain. «Le secteur manufacturier est confronté à un risque de baisse pour le deuxième trimestre avec l’affaiblissement de la demande extérieure, causée par les droits de douane et le ralentissement économique aux Etats-Unis», a expliqué Zhiwei Zhang, économiste en chef chez Pinpoint Asset Management, dans une note.
«La grande question, c’est à quel point la croissance des exportations va diminuer, et à quelle vitesse la dépense budgétaire va augmenter pour contrebalancer les exportations plus faibles», a-t-il ajouté.
La deuxième économie mondiale est minée par un important chômage des jeunes, une crise persistante du secteur immobilier et une consommation interne en berne.
Dans le même temps, les Etats-Unis ont imposé une série de droits de douanes à l’encontre des produits chinois. Jeudi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Guo Jiakun, a déclaré qu’»il n’y (avait) aucun gagnant dans une guerre commerciale ou une guerre des droits de douane».
Les autorités chinoises ont annoncé en 2024 une série de mesures pour stimuler l’économie, comme des baisses de taux et des allègement de restrictions concernant l’achat de logements.
Début mars, lors des «Deux Sessions», le principal rendez-vous politique de l’année, Pékin a révélé vouloir créer 12 millions d’emplois en zone urbaine en 2025, et viser, comme l’an dernier, une croissance du PIB de 5% - un objectif ambitieux, de l’avis de plusieurs économistes.