
Si le Kirghizstan et la Suisse paraissent aussi éloignés géographiquement que culturellement, les deux pays ne sont pas dépourvus de liens.
Jusqu’en 2018, la Suisse a été le premier importateur d’or du Kirghizstan et garde aujourd’hui encore des relations étroites avec celui-ci dans le secteur de l’exploitation minière. De par sa position de carrefour de l’Asie centrale et de porte d’entrée de la Chine, le Kirghizstan joue également un rôle de pivot dans la région. Bordé par le Kazakhstan au nord et par l’Ouzbékistan à l’ouest, l’histoire et la culture du Kirghizstan ont été influencé par sa position stratégique.
Sortir de la dépendance aux ressources minières
Jusqu’à récemment, les ressources minières, comme l’or et l’uranium, ont été un moteur important de l’économie kirghize. Elles ont certes attiré les investissements étrangers, générant des recettes d’exportation, mais le besoin de diversification de l’économie nationale se fait désormais sentir. La dépendance à l’égard de l’exploitation minière pose des problèmes en matière d’environnement et de vulnérabilité aux fluctuations des prix mondiaux des produits de base.
Ces dernières années, le Kirghizstan s’est efforcé de remédier à ce problème et d’attirer des investissements dans d’autres secteurs, tels que le tourisme et les technologies de l’information. Le gouvernement a mis en œuvre des réformes pour améliorer l’environnement entrepreneurial, notamment en rationalisant les réglementations et en encourageant l’esprit d’entreprise. De plus, le Kirghizstan a tiré profit de son adhésion à des organisations régionales telles que l’Union économique eurasienne (UEEA), qui a facilité le commerce et la coopération économique avec les pays voisins.
Malgré ces efforts, le Kirghizstan est confronté à plusieurs défis économiques, notamment la pauvreté, le chômage et la corruption. Le pays est l’un des plus pauvres d’Asie centrale, avec de fortes inégalités de revenus et un accès limité aux services de base dans les zones rurales.
Une alliée de taille
Face à ces différents défis, la microfinance est apparue comme un moteur de la croissance économique et un instrument pour la réduction de la pauvreté. La microfinance favorise l’inclusion financière en atteignant les communautés et les populations mal desservies. Dans les zones rurales, où les banques traditionnelles sont rares, les institutions de microfinance permettent aux individus d’accéder au crédit, à l’épargne et à d’autres services financiers essentiels. Cela permet non seulement aux individus d’améliorer leurs moyens de subsistance, mais aussi de contribuer au développement et à la stabilité de l’économie en général.
Dans cet effort pour le développement du Kirghizstan, la Suisse s’est là aussi révélée une alliée de taille. Abritant de nombreuses organisations et institutions internationales qui ont joué un rôle important dans la promotion de la microfinance au niveau mondial, la Suisse a pris sa part dans l’aide au développement des services du Kirghizstan, fournissant des financements, une assistance technique ou encore un renforcement des capacités de ces services.
En outre, elle a participé à la fourniture d’une aide humanitaire et d’une aide au développement au Kirghizstan, en particulier dans des domaines tels que les soins de santé, l’éducation et les infrastructures. Des ONG et des agences gouvernementales suisses ont mis en œuvre des projets dans le pays visant à améliorer les conditions de vie et à soutenir les populations vulnérables.
Un cas concret du développement des services
Pour illustrer l’impact de la microfinance sur le quotidien des entrepreneurs au Kirghizstan et sur le développement des services, le cas de M. Bakytbek est parlant. Marié et père de deux enfants, M. Bakytbek n’a pas eu la possibilité de faire des études supérieures. Il a alors quitté le pays pour la Russie, afin d’avoir de meilleures opportunités pour trouver du travail, il y a travaillé en tant qu’ouvrier, tandis que sa femme travaillait comme serveuse. Mais, ils y ont rencontré des difficultés considérables et ont donc décidé de revenir au Kirghizstan.
Leurs revenus étaient modestes, tout juste suffisants pour couvrir la nourriture et les petites dépenses. Pour compléter leurs revenus, Bakytbek a également commencé à travailler à temps partiel sur un chantier de construction, mettant à profit l’expérience qu’il avait acquise précédemment. Au fil du temps, il a reçu davantage de commandes de construction, ce qui lui a permis d’acheter les outils nécessaires et de consacrer plus d’efforts à ce travail.
Cependant, le transport est devenu un obstacle important. Les transports publics n’étaient pas pratiques pour se rendre sur les chantiers, et le prix des taxis était prohibitif. Des amis lui ont suggéré de demander un prêt automobile, mais toutes les banques qu’il a contactées exigeaient des preuves officielles de revenus, qu’il ne pouvait pas fournir. Par conséquent, ses demandes ont été rejetées.
Grâce à un prêt d’une institution de microfinance le fait de posséder une voiture a considérablement réduit ses dépenses et lui a permis d’élargir ses possibilités de travail. Le soir, il a commencé à proposer des services de taxi, ce qui lui a apporté un revenu supplémentaire. Aujourd’hui, son objectif est de rembourser rapidement le prêt automobile afin de pouvoir donner la voiture à sa femme et d’acheter un véhicule plus grand. Cela lui permettrait de proposer des services de transport de passagers entre leur village et la ville, un service dont leur région a grand besoin.