Taxonomie européenne: un pas vers la neutralité carbone

Jocelyn Jovène, Morningstar

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Ce cadre européen devrait permettre de mieux flécher les capitaux vers les activités les plus «vertes».

En 2018, la Commission européenne a lancé un plan d’action sur le financement durable de la croissance. Derrière cet objectif rassembleur, l’objectif de la CE était de déterminer un cadre permettant de déterminer quelles activités sont réellement durables (taxonomie) et comment orienter les capitaux européens vers ces activités.

Après de nombreux contentieux au niveau européen sur la classification de certaines activité (comme par exemple: le nucléaire est-il une énergie «verte»?), les Européens se sont mis d’accord fin 2019 sur un cadre commun.

Le rapport final sur la taxonomie (ou classification) des activités durables a été publié en mars de cette année. Face à l’urgence climatique, l’Europe avait en effet besoin de poser les jalons de sa trajectoire vers la neutralité carbone - envisagée à l’horizon 2050.

Depuis, la pandémie de coronavirus a rappelé à quel point il fallait sans doute se montrer encore plus ambitieux. La priorité des gouvernements s’est focalisée sur la gestion de la crise sanitaire et porte désormais sur la relance de l’activité économique dans un cadre qui respecte les objectifs de lutte contre le changement climatique et de neutralité carbone.

La taxonomie européenne fixe donc un tel cadre et permet de déterminer quelles activités permettent réellement d’atteindre l’objectif de neutralité.

Elle représente donc une incitation forte pour les entreprises les moins vertueuses (pensez aux compagnies pétrolières par exemple) à revoir leur modèle économique.

Les entreprises vont devoir déterminer quelle est la part «verte» de leurs activités selon le référentiel européen. L’exercice est loin d’être anodin puisqu’il permettra aux investisseurs de faire la part entre les entreprises «vertes» et celles qui ne le sont pas.

L’exercice devrait également permettre de tourner le dos aux années de «greenwashing», c’est-à-dire d’entreprises qui ont utilisé abondamment l’argument écologique comme outil de communication sans réellement changer leur modèle économique.

Cette taxonomie vient s’ajouter aux pressions croissantes exercées par les investisseurs et épargnants du monde entier, qui demandent une amélioration de la prise en compte des enjeux climatiques dans les stratégies des entreprises, face à un défi clairement identifié et que l’on ne pourra éviter si rien ne change.

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