Le neutre retrouve des couleurs

Jean-Baptiste Berthon, Lyxor

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Le regain d’importance des facteurs macro-économiques, le retour de la volatilité, la différenciation des facteurs sont autant de facteurs favorables aux stratégies neutres.

 

Sur fond de dissensions commerciales avec la Chine qui ont eu un impact marqué sur les secteurs de la technologie et de la santé ainsi que chez les principaux fournisseurs asiatiques, les hedge funds se sont montrés résilients. Les stratégies CTA, les fusions & acquisitions ainsi que les stratégies actions long/short ont été parmi les plus performantes.

Plusieurs raisons incitent à penser que l’heure est propice au renforcement des allocations en fonds actions long/short à exposition neutre par rapport au marché. Après avoir été confrontés à des rotations sectorielles conséquentes ces derniers mois, les long/short neutres devraient bénéficier d’une amélioration de leur environnement qui se décline sur plusieurs niveaux. 

«Il est probable que dorénavant les rotations de titres résulteront plutôt
de facteurs cycliques ou d’éléments macro-économiques.»

En premier lieu, la dynamique économique approchant de son pic, il est probable que dorénavant les rotations de titres résulteront plutôt de facteurs cycliques ou d’éléments macro-économiques. Or, ces derniers sont plus faciles à prendre en compte dans les stratégies quantitatives ou dans les stratégies neutres par rapport au marché. 

En deuxième lieu, le regain de volatilité est un élément très favorable pour les approches neutres qui, lors de phases de marchés sans mouvement, se voient forcées de prendre du levier. 

Un troisième facteur favorable vient du fait que les facteurs regagnent de leur puissance: la corrélation entre les valeurs qui affichent le même profil en termes de facteur, est revenue à la normale. Cela pourrait donc être un signal d’une fiabilité accrue de la sélection des titres par le biais des approches quantitatives. Et, après une période marquée par un comportement moutonnier, les différents facteurs pourraient retrouver de leur autonomie.

En quatrième lieu, l’absence de corrélation entre la performance boursière d’un titre et la qualité de ses revenus, qui a marqué la dernière période de résultats, ne devrait pas se reproduire. Par conséquent, l’environnement devient plus favorable pour les stratégies neutres par rapport au marché, du fait qu’elles tendent à présenter un biais «substance». Enfin, nous constatons que l’éventail des opportunités dans la sélection de positions short s’élargit et ceci représente une évolution très positive pour les stratégies neutres.