Un déport éphémère

Nitesh Shah & Mobeen Tahir, WisdomTree

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L’évolution des cours des matières premières donne des signaux contradictoires quant à la reprise de l’économie mondiale.

Après avoir été en déport au début de l’année, la courbe des prix à terme du Brent a connu un report très marqué en mars et avril. Récemment, elle a évolué vers un léger déport pour les échéances les plus proches. Or, le déport étant généralement l’indicateur d’une tendance à la raréfaction de l’offre, à en juger par l'importance des stocks, la logique semble avoir failli une fois encore à évaluer correctement le marché du pétrole.

S’il est facile de vider les réserves accumulées, il est beaucoup plus laborieux d’obtenir le respect des quotas de production imposés. Au moment de la rédaction, le léger déport de la courbe des prix à terme du Brent avait disparu, mais la courbe restait néanmoins très plate. Dans un tel contexte, l’avantage pour les investisseurs est que le report n’est plus un frein à la performance.

Tous les secteurs des matières premières, à l'exception
des métaux précieux, ont enregistré des performances positives.

En rupture totale avec les 5 derniers mois, tous les secteurs des matières premières, à l'exception des métaux précieux, ont enregistré des performances positives. Même les matières premières agricoles, longtemps à la traîne, ont progressé. Faut-il en déduire que les matières premières sont sur le point de rattraper leur retard sur les actions qui ont connu une reprise en «V»?

C’est effectivement le cas des métaux industriels, le segment le plus cyclique des matières premières. Cependant, la baisse des stocks de cuivre dans les entrepôts des bourses de Londres et de Shanghai devrait-elle être interprétée comme un certificat de bonne santé de l'économie ou doit-on penser que le rallye a trop duré? Dans ses perspectives sur l’économie mondiale récemment publiées, le Fonds monétaire international (FMI) semble ne pas approuver la première alternative.

Le passage direct à une reprise de l’économie est peu probable.

Cela dit, tant le cuivre que le FMI ont envoyé des signaux erronés par le passé, par conséquent on ne peut se fier totalement à aucun des deux. Une nouvelle flambée des cas de COVID-19 déclarés et les mesures de relance qui par leur ampleur sont susceptibles de mettre à mal les bilans des gouvernements amènent à penser que le passage direct à une reprise de l’économie est peu probable.

Malgré son décrochage le mois dernier, l’or reste la seule matière première qui affiche des performances positives depuis le début de l'année. Compte tenu de l’incertitude persistante autour de la pandémie provoquée par le COVID-19, le métal jaune reste un instrument de couverture parfait pour se protéger d’une aggravation des risques. En effet, les solutions à la crise proposées par les banques centrales, expansion des bilans et taux d’intérêt toujours plus négatifs, ne pourront qu’apporter de nouveaux arguments en faveur de cette pseudo-monnaie qu’est l’or.

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