SpaceX: une galaxie entre les investisseurs professionnels et les fans d’Elon

Philippe Piessens, Econopolis

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L’IPO du siècle intervient à la fin d'une semaine volatile sur les marchés boursiers. Les fabricants d'équipements (ASML) sont recherchés, contrairement aux fabricants de GPU (Nvidia).

«Mars n'est pas l'endroit idéal pour élever des enfants. En fait, il y fait un froid de canard»
-  Elton John dans sa chanson «Rocket Man» en 1972.

Nous saurons après la publication de cet article si la plus grande introduction en bourse de tous les temps, celle de SpaceX d'Elon Musk, décollera ou s'effondrera. Comme toujours avec Musk, les avis sont extrêmement partagés: les investisseurs professionnels, dont Econopolis, se montrent plutôt sceptiques, tandis que les fans d'Elon sont débordants d'enthousiasme. L'introduction en bourse intervient à la fin d'une semaine volatile sur les marchés boursiers. Le secteur des semi-conducteurs s'est quelque peu redressé en début de semaine après la débâcle de vendredi. Cependant, les investisseurs se montrent plus sélectifs: les fabricants d'équipements (ASML) sont recherchés, contrairement aux fabricants de GPU (Nvidia). A noter également la performance décevante des autres membres du Mag-7: Apple a été pénalisée pour son absence de stratégie en intelligence artificielle, tandis que Meta et Microsoft, en particulier, ont été critiqués pour leurs investissements excessifs.

Dans le domaine de l'IA, Anthropic a rendu publique une version de son célèbre modèle Mythos, baptisée Fable. Ce modèle permet le déploiement d'agents autonomes capables d'exécuter simultanément des processus complexes. Cette publication s'est accompagnée des mises en garde habituelles concernant l'IA générale, les bouleversements du marché du travail et les perturbations des services et logiciels. Par conséquent, le rebond des entreprises en difficulté dans le secteur de l'IA observé la semaine dernière a été annulé. A l'heure actuelle, la seule certitude dans le secteur de l'IA est la nécessité d'investissements sans précédent dans le matériel et les infrastructures, tandis que l'impact de l'IA sur les modèles économiques dominants de nombreux secteurs demeure incertain. Les marchés boursiers n'apprécient guère l'incertitude.

Parallèlement, la saga au Moyen-Orient rappelle de plus en plus la description qu'en faisait Lord Palmerston à propos de la question du Schleswig-Holstein: «Seules trois personnes la comprennent. L'une est morte, l'autre est devenue folle et la troisième, c'est moi, mais j'ai oublié.» De plus, les marchés des matières premières ne réagissent pas comme prévu. L'or, souvent considéré comme une valeur refuge géopolitique, se corrige lors des escarmouches et se redresse pendant les négociations. Le prix du pétrole, en revanche, demeure remarquablement bas, malgré des stocks à un niveau historiquement faible.

Les marchés obligataires sont restés calmes. La volatilité attendue autour de l'indice d'inflation américain (IPC) ne s'est pas concrétisée. La BCE a relevé ses taux d'intérêt, comme prévu, sans incidence significative sur les taux à long terme ni sur les taux de change. Les obligations affichent actuellement une performance relativement bonne par rapport aux actions, notamment aux États-Unis, mais un plan de relance macroéconomique ambitieux, les besoins d'investissement du secteur de l'intelligence artificielle et un calendrier d'introductions en bourse particulièrement chargé freinent la demande.

La semaine écoulée a été marquée par une plus grande dispersion des marchés, tant au niveau des classes d'actifs que des secteurs, voire même au sein d'un même thème. Toutefois, une tendance se dégage: lorsque l'incertitude et le consensus des investisseurs se conjuguent, les corrections peuvent être brutales, que ce soit pour l'or, le Mag-7 ou les semi-conducteurs. Ce phénomène est d'autant plus préoccupant que le dénouement de la crise iranienne, l'intelligence artificielle et les introductions en bourse à venir alimentent les tensions.

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