Scénarios et prévisions de rendements à dix ans dans un monde en mutation

Communiqué, Amundi

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Des les Hypothèses 2025 d’Amundi, Monica Defend estime que l’Europe a le potentiel de renforcer sa compétitivité, sur fond de montée des nationalismes et de fragmentation géopolitique.
  • Au cours de la prochaine décennie, les gains de productivité générés par l'intelligence artificielle (IA) et la baisse des coûts induits par les politiques climatiques soutiendront le couple «croissance-inflation». Cependant, l’émergence d’un nouveau paradigme pour le commerce international, phénomène qui s’accélère avec le nouveau gouvernement américain, pourrait entraver ce processus. A partir des années 2040, la croissance potentielle sera affectée par le déclin démographique alors que toutes les régions du monde subiront les coûts physiques liés au changement climatique.
  • Ces perspectives plus favorables pour le couple croissance-inflation se traduisent par de meilleures perspectives de rendement pour la prochaine décennie, par rapport à nos projections de l'année dernière. Sur les 43 classes d’actifs analysées, 90% voient les perspectives de performance s’améliorer par rapport à 2024, et 70% environ devraient produire des rendements supérieurs à leur moyenne sur 20 ans. Cela s'explique par l'amélioration des prévisions de rendements obligataires, qui demeurent un moteur de performance malgré une volatilité probablement plus élevée, et par de meilleures perspectives pour les actions car la croissance des résultats bénéficierait notamment d’un meilleur couple croissance-inflation si les annonces tarifaires ne sont pas pleinement mises en œuvre.
  • Les rendements des actions seront, dans un premier temps, essentiellement soutenus par le réajustement des valorisations. La croissance des bénéfices n’interviendra qu’avec l'évolution des modèles de production industrielle. Les investisseurs ont des opportunités de diversification au-delà des Etats-Unis, car l'Europe (7,5%) et les marchés émergents (7,9%) offrent de meilleures perspectives de rendements. Au sein des émergents, l'Inde présente le rendement le plus élevé (8,2 %) au cours de la prochaine décennie, grâce à des politiques d'investissement propices à la croissance, à l'urbanisation et à une démographie favorable. Sur le plan sectoriel, les opportunités à long terme se trouvent dans les services financiers, la santé, l'industrie et, de manière sélective, dans les technologies de l'information.
  • Une diversification accrue est primordiale. Le monde est en pleine mutation et la fragmentation géopolitique, une transition climatique décalée dans le temps, et la dynamique incertaine de l'inflation induisent de multiples risques. Le potentiel de dislocation du marché augmente également, étant donnée la forte concentration sur les marchés actions, le fort endettement, le risque de réajustement brutal de certaines valorisations et l’instabilité des corrélations entre classes d’actifs. En termes de diversification du portefeuille, les actifs les plus attrayants sont la dette des pays émergents et la dette privée.

Amundi dévoile aujourd'hui ses Hypothèses 2025 pour les Marchés de Capitaux (CMA – Capital Market Assumptions) qui fournissent une vision économique à long terme pour 43 classes d'actifs au cours des trois prochaines décennies. Ces hypothèses et les rendements attendus à long terme qui en découlent servent de cadre à l'allocation stratégique des investisseurs.

Vincent Mortier, Group CIO d'Amundi, a déclaré: «Les changements structurels - tels que la généralisation de l'IA - et les niveaux de valorisation actuels entraînent une évolution de la structure des rendements, avec des implications importantes pour l'allocation stratégique. Les obligations sont de retour et l'investissement en actions se réoriente des Etats-Unis vers l’Europe et l’Asie. Les rendements des actifs privés se normaliseront progressivement, mais ces marchés resteront un moteur de diversification essentiel».

Monica Defend, directrice d'Amundi Investment Institute, a ajouté: «Dans un monde en pleine mutation, marqué par la montée des nationalismes et la fragmentation géopolitique, l'Europe a le potentiel de renforcer sa compétitivité. L'Asie émerge comme puissance technologique mondiale et les Etats-Unis continueront à tirer profit de l'IA. Ces tendances laissent présager un équilibre croissance-inflation favorable pour la prochaine décennie mais, à plus long terme, les perspectives de croissance pâtissent de la détérioration de la démographie, des niveaux d'endettement et des effets du changement climatique.»

SCÉNARIO CENTRAL POUR LA PROCHAINE DÉCENNIE

Par rapport à l'édition de l'année dernière, notre scénario central 2025 intègre l’évolution de grandes tendances structurelles. Nous tenons compte des effets socio-économiques qu’induisent la montée des tensions géopolitiques et des rivalités entre régions du monde, la redistribution progressive de la population mondiale, et l’hétérogénéité de la transition énergétique. Nous évaluons également l'impact de l'IA sur la croissance mondiale par une granularité plus fine au niveau des pays.

  • Rééquilibrage de la croissance mondiale - Les perspectives de croissance pour la prochaine décennie s’avèrent globalement plus favorables que celles projetées l'année dernière. L’accumulation de retards dans la transition vers le «Net Zero» en réduisent les coûts supportés par les économiespour la décennie à venir, de par leur étalement sur une période plus longue. Le différentiel de croissance actuel des marchés émergentsdevrait se réduire et se stabiliser, le «dividende démographique» actuel de certains pays émergents s’estompant(1,8% en moyenne sur 2025-2034 contre 2,7% sur la décennie passée). Nous prévoyons une croissance annuelle moyenne de 2,6% pour le PIB mondial réel, de 1,5% dans les pays développés (2,0% aux Etats-Unis et 1,1% dans la zone euro) et de 3,3% dans les pays émergents. L'Asie devrait continuer à croitre plus rapidement grâce aux avancées technologiques et offrir des opportunités d'investissement substantielles. En Europe, l'augmentation des dépenses de défense et les investissements visant à stimuler l'innovation et la compétitivité entraîneront des gains de productivité, s'ils sont correctement cibléssur des projets spécifiques. Nous avons déjà modélisé certains de ces gains, mais nos hypothèses 2025 ne tiennent pas compte de l’effort budgétaire exceptionnel annoncé par l'Allemagne, du plan de l’Union européenne pour renforcer sa défense, ni de l’éventualité d'un cessez-le-feu et de la reconstruction en Ukraine, tous ces facteurs pouvant stimuler davantage la croissance européenne.
  • L'inflation sera volatile et devrait rester globalement supérieure aux objectifs actuels des banques centrales au cours des trois prochaines décennies, alimentée par les tensions géopolitiques et la reconfiguration de l'offre, les problématiques de sécurité alimentaire et la demande croissante de matières premières stratégiques. Sur la période 2025-2034, l’inflation s’établit en moyenne à 2,2% aux Etats-Unis, à 2,1% dans la zone euro et à 3,1% dans les pays émergents. En conséquence, nous prévoyons également une volatilité accrue des taux d'intérêt, la volatilité de l'inflation et l’accroissement attendu des dettes publiques pouvant exercer une pression sur les taux d'intérêt à long terme. En dépit des progrès technologiques et des gains de productivité, les banques centrales resteront sous pression pour contenir l'inflation alors que la dette publique augmente.  Nos hypothèses en matière d'inflation, de croissance économique et de croissance potentielle conduisent à la révision à la hausse des taux neutres réels, en particulier dans la zone euro, aux Etats-Unis et en Inde.
  • La diffusion de l'IA, à un rythme variable selon les pays, devrait progressivement stimuler la productivité mondiale au cours de la prochaine décennie, jusqu’à un pic au début des années 2030.  Elle ne compensera toutefois pas totalement l’impact à long terme sur la croissance potentielle de la détérioration des dynamiques démographique et climatique. Il en résultera une baisse de la croissance à long terme et une nouvelle compression de la prime de croissance des pays émergents. Les gains de productivité issus de l'IA offriront un certain répit aux pays à la démographie la plus défavorable, mais seuls les pays bénéficiant d'une démographie positive conserveront une croissance potentielle durablement plus élevée lorsque les effets de l'IA sur la productivité s'estomperont. À partir des années 2040, la croissance potentielle sera principalement tirée par des facteurs démographiques, les coûts physiques chroniques liés au climat augmentant dans toutes les régions du monde.

L'ALLOCATION STRATÉGIQUE AU COURS DE LA DÉCENNIE 2025-2034

Les changements apportés à notre scénario central 2025 par rapport aux hypothèses de l'année dernière ont des conséquences importantes sur les rendements attendus des différentes classes d'actifs. L'instabilité politique actuelle a provoqué une forte rotation des marchés, confirmant l'émergence de certaines tendances mises en évidence dans l'édition 2024. Cela conforte l'importance d’une diversification géographique et sectorielle, et d’anticiper l’accroissement de la volatilité et l’éventuel bouleversement des préférences régionales que pourraient déclencher d’importants revirements de politiques.

Malgré la montée des incertitudes, la redéfinition des écarts de valorisation signifie des rendements à 10 ans supérieurs à nos projections de l'année dernière. Avec davantage d'accent sur la diversification, nous prévoyons qu’une allocation stratégique 60-40 optimisée produira des rendements de l’ordre de 7% pour les investisseurs en Dollars américains et de 6% pour les investisseurs en euro.

Les obligations restent un point d'ancrage stable, mais les actifs risqués peuvent offrir des possibilités de rendements plus élevés, en particulier dans les actions et la dette privée.

  • Les projections de rendements des titres à revenu fixe sont légèrement en hausse. Dans l’ensemble, les prévisions pour les obligations d'Etat se sont améliorées. La volte-face budgétaire de l'Allemagne change la donne pour les obligations européennes: les perspectives de rendements en Euro s’améliorent et se rapprochent de leur historique de long terme. Les perspectives des autres actifs obligataires restent globalement positives, en particulier pour le segment "investment grade" (IG) et les obligations des pays émergents. Les obligations souveraines des émergents présentent d’ailleurs les perspectives de rendement (près de 6%) et de rendements ajustés du risque les plus élevées parmi les titres à revenu fixe.
  • Les rendements des actifs plus risqués sont également projetés en hausse, avec des rendements supérieurs à 7% attendus pour près de 70 % des actifs risqués couverts (contre 23 % en 2024). Au sein des marchés actions, les rendements les plus élevés ne proviendront pas des États-Unis (rendement annualisé projeté de 6,1%), mais d'Europe (7,5%) et des émergents (7,9%), l'Asie devenant une puissance dans la course mondiale à la technologie. Les marchés actions indiens affichent le potentiel de rendement le plus élevé, à 8,2% sur la prochaine décennie: malgré des valorisations tendues, le pays devrait bénéficier de la rivalité entre les États-Unis et la Chine. L'Europe et les émergents devraient confirmer leur regain d’attractivité malgré les récents mouvements de marché, en raison de valorisations relativement attrayantes et de la croissance potentielle insufflée par les nouvelles politiques industrielles. Sur le plan sectoriel, les dépenses d'investissement (capex) seront un thème plus important que la consommation. Les services financiers, la santé, l'industrie et certaines technologies de l'information se distinguent dans toutes les régions.
  • Diversification accrue au sein de l’allocation stratégique, compte tenu de la volatilité de l'inflation et des taux - L'allocation stratégique favorise davantage les marchés actions, étant donné leurs perspectives de rendement, tout en recherchant un équilibre au moyen d'actifs à volatilité moyenne et moins corrélés aux actions et aux obligations. Cela se traduira par le transfert d'une partie de l'exposition aux agrégats mondiaux vers les obligations des marchés émergents et les actifs réels et alternatifs. La dette privée et les infrastructures, en particulier, représentent des sources de revenus stables.


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