Repli des actions face aux chiffres de l’emploi

James Mazeau, UBS Global Wealth Management

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Récemment, le S&P 500 a chuté de 1,7%. La raison? Les chiffres de l’emploi mitigés du mois d’août aux Etats-Unis. Décryptage.

©Keystone

 

L’économie américaine n’a créé que 142’000 emplois nets au cours du mois, moins que les 162’000 prévus par le consensus. Les créations d’emplois lors des deux mois précédents ont été revues à la baisse (-86’000 au total). La moyenne mobile sur trois mois des créations d’emplois est ainsi tombée à 116’000, au plus bas depuis la mi-2020.

Les investisseurs se sont focalisés sur ce ralentissement des créations d’emplois, faisant fi d’autres aspects plus encourageants du rapport, notamment la baisse du chômage et l’accélération de la progression des salaires.

Dans l’ensemble, ces chiffres ont renforcé l’inquiétude des marchés, qui craignent que la Réserve fédérale américaine (Fed) n’ait attendu trop longtemps pour baisser ses taux, accentuant ainsi le risque d’un brusque ralentissement de l’économie américaine. En outre, l’indice ISM manufacturier pour le mois d’août est ressorti à un niveau plus bas que prévu.

A quoi faut-il s’attendre?

Le marché a accueilli avec pessimisme le rapport sur l’emploi aux Etats-Unis. Cela suggère que de nombreux investisseurs espéraient des signes plus convaincants de bonne tenue de l’économie.

Toutefois, ces chiffres publiés confortent dans l’idée que l’économie américaine se dirige vers un atterrissage en douceur. Les créations d’emplois ont ralenti mais elles restent non négligeables. Le taux de chômage a légèrement baissé, à 4,2% contre 4,3% en juillet, et reste faible d’un point de vue historique.

Enfin, le salaire moyen est ressorti en hausse de 3,8% sur un an, contre 3,6% en juillet, dépassant ainsi la prévision du consensus, ce qui est de nature à soutenir le revenu des ménages.

En outre, la Fed devrait commencer à soutenir l’économie en baissant ses taux d’intérêt à la fin du mois, ainsi que lors des deux dernières réunions de son comité de politique monétaire en 2024. Toutefois, les statistiques publiées récemment ne sont pas suffisamment faibles pour inciter la banque centrale américaine à baisser sensiblement ses taux.

Comment investir?

Malgré les accès de faiblesse des indices boursiers cet été, les fondamentaux des actions devraient rester porteurs. On table sur une croissance des bénéfices de 11% cette année pour les entreprises du S&P 500 et de 8% en 2025. Et historiquement, en l’absence de récession aux Etats-Unis, l’indice progresse de 17% en moyenne dans les douze mois suivant la première baisse des taux de la Fed au cours d’un cycle monétaire.

Toutefois, les investisseurs feraient bien de se préparer à des accès de volatilité. L’incertitude économique et politique est susceptible de perdurer, c’est pourquoi on recommandera de privilégier les entreprises de qualité qui, fortes de leur position concurrentielle enviable, de la bonne tenue de leurs bénéfices et de leur exposition à des facteurs de croissance structurels, devraient être bien placées, en particulier si les inquiétudes économiques s’intensifient.

Cycle d’assouplissement monétaire en vue

On conseille toujours aux investisseurs de se positionner dans l’optique d’une baisse des taux d’intérêt. Que la Fed baisse ses taux de 25 ou 50 points de base à la fin du mois, elle devrait entamer un cycle d’assouplissement monétaire qui ramènera les taux d’intérêt à des niveaux nettement inférieurs à ceux observés aujourd’hui. Les autres grandes banques centrales devraient également poursuivre leur cycle d’assouplissement monétaire.

Par conséquent, la rémunération des liquidités pourrait baisser rapidement désormais. Les profils risque/rendement des obligations investment grade, des portefeuilles obligataires diversifiés et des actions de qualité qui versent des dividendes élevés et durables semblent plus attrayants que celui des liquidités.

Récemment, la Recherche d’UBS a dégradé le dollar américain à Least Preferred dans sa stratégie mondiale. Dans le même temps, elle a formulé un avis Most Preferred à l’égard de l’euro, de la livre sterling, du dollar australien et du franc suisse. Ces devises devraient s’apprécier face au dollar américain jusqu’en juin 2025.

Considérer les actifs alternatifs

Enfin, investir dans les actifs alternatifs semble pertinent pour celles et ceux qui ont la volonté et la capacité de gérer les risques inhérents. Par exemple, certaines stratégies de hedge funds ont démontré historiquement leur capacité à stabiliser les portefeuilles et à générer des rendements en période de forte volatilité.

Par ailleurs, le private equity donne aux investisseurs la possibilité d’investir dans des entreprises en croissance qui ne sont pas cotées en bourse, y compris certaines qui sont exposées à l’intelligence artificielle. 

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