Pilier 3a: assurance ou solution bancaire? Les deux

Olivier Parenteau, Maklerzentrum Schweiz

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Un compte en banque offre plus de flexibilité, l’assurance garantit la constitution d’un avoir de prévoyance.


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Depuis 2017, la prévoyance vieillesse figure au premier rang des préoccupations principales de la population suisse. Rien d’étonnant alors à ce que les solutions de pilier 3a soient très appréciées. 3a désigne la prévoyance liée facultative du 3e pilier du système de prévoyance suisse au moyen duquel les épargnants peuvent se constituer un avoir en vue de la vieillesse, de manière volontaire et en bénéficiant d’avantages fiscaux. La totalité des contributions versées peuvent être déduites du revenu imposable. Il faut payer un impôt lors du versement du capital accumulé, mais le taux applicable est celui, plus favorable, de l'impôt sur le retrait des capitaux de prévoyance.

En 2019, les personnes qui sont assurées auprès d’une institution de prévoyance peuvent verser au maximum 6’826 francs sur un compte du pilier 3a et déduire la somme en question du revenu imposable. Les personnes qui ne sont pas affiliées à une caisse de pension peuvent verser jusqu'à 20% de leur revenu sur un compte 3a, jusqu'à concurrence de 34’128 francs par année. Cet avantage significatif va de pair avec un certain désavantage: l’argent placé sur un compte 3a ne peut être retiré au plus tôt que cinq ans avant que l’on n’ait atteint l’âge légal de la retraite - exception faite en cas de passage à une activité indépendante, de financement d’un logement à usage personnel, d’invalidité, d’expatriation ou de rachat dans une caisse de pension.

Les comptes à intérêts sont peu attrayants à long terme,
même pour les épargnants conservateurs.
Flexibilité contre sécurité

En termes de comptes 3a, on distingue généralement entre les comptes à intérêts et les comptes titres, mais il existe aujourd’hui une multitude de solutions de placement. Avec en toile de fond la politique des taux d’intérêts négatifs de la Banque nationale suisse, les comptes à intérêts sont peu attrayants à long terme, même pour les épargnants conservateurs, bien que les comptes 3a bénéficient le plus souvent de taux d’intérêts plus élevés que les comptes d’épargne conventionnels. Les comptes titres existent comme produits de placement actifs ou passifs, avec des profils de risque divers. La règle d’or: plus le nombre d’actions est élevé, plus les risques sont élevés, c'est-à-dire les fluctuations de valeur auxquelles le portefeuille d’actions peut être exposé – et plus le rendement escompté est intéressant. En tenant compte de l’ensemble des actifs, de ses besoins et des coûts totaux d’une solution de placement, il convient de déterminer dans quel produit et avec quel profil de risque il s’agit d’investir.

Le cas échéant, le profil de risque d’un placement 3a peut être ajusté, mais une autre question de nature plus fondamentale se pose: assurance ou solution bancaire ? En effet, dans le cadre du pilier 3a, il n’existe pas uniquement les comptes en banque, mais également les polices d’assurance. En ce qui concerne le retrait du capital et l’exonération fiscale, les deux variantes sont régies par les mêmes prescriptions légales - mais pour ce qui est des autres aspects, les différences sont importantes. Si l’on opte pour une solution bancaire, la totalité du capital investi est dédiée à la prévoyance vieillesse. En revanche, les produits d’assurance comprennent une protection d’assurance dont les coûts sont déduits du capital. C’est pourquoi, pour des versements d’un montant équivalent et une stratégie de placement identique, les solutions bancaires conduisent à un avoir de vieillesse plus important que les solutions d’assurance. L’épargne de type 3a dans une banque offre aussi une plus grande flexibilité. Il est possible de changer de banque ou de ne pas alimenter le compte chaque année, et le retrait anticipé du capital peut se faire sans frais, pour autant que l’on respecte les dispositions réglementaires.

Les solutions d’assurance offrent une protection globale
pour la constitution d’un capital de vieillesse.

Tandis que les assurances qui incluent une couverture des risques en cas perte de gain, d’invalidité ou de décès prévoient en principe l’obligation de versements annuels. Mais cette contrainte peut s’avérer positive quand il s’agit de jeunes épargnants. En cas de retrait anticipé (rachat avec résiliation de la police d’assurance), il faut compter avec des pertes, cependant les solutions d’assurance offrent une protection globale pour la constitution d’un capital de vieillesse. En cas de perte de gain ou d’invalidité, l’assurance prend en charge le versement des contributions, de sorte que l’on est ainsi assuré d’atteindre l’objectif d’épargne fixé. Notamment pour les familles ayant un besoin en prévoyance, ceci représente un avantage considérable.

Procéder à une évaluation précise de la situation personnelle

Et en ce qui concerne le droit successoral et une éventuelle faillite, les personnes ayant opté pour une épargne au moyen d’une assurance se retrouvent également dans une situation plus favorable. Le solde des comptes en banque 3a est intégré à la masse successorale et réparti conformément au droit de succession. En cas de renonciation à la succession, l’héritier en question ne touche rien. En revanche, avec les capitaux issus d’une assurance, il est possible de privilégier le conjoint, un concubin ou des enfants. Et le versement se fait même si la succession a été répudiée. Par ailleurs, en cas de faillite, les avoirs bancaires de type 3a tombent dans la masse de faillite alors que les avoirs d’assurance sont soumis au privilège en cas de faillite et sont ainsi protégés.

Pour les familles en général, et les familles recomposées en particulier, qui nécessitent une favorisation privilégiée, de même que pour les travailleurs indépendants exposés à un risque de faillite plus élevé, une solution 3a par assurance représente un meilleur choix. En raison d’une perte de valeur de rachat, pour les célibataires jeunes qui prévoient d’employer bientôt leur capital 3a pour l’acquisition d’un logement, la solution bancaire est en revanche une option à favoriser. Souvent, la meilleure des solutions est toutefois une combinaison des deux approches: jusqu'à concurrence d’un montant réalisable sans problème, opter pour une assurance avec couverture des risques, et y ajouter un compte bancaire 3a que l’on peut approvisionner de manière flexible en vue de la prévoyance vieillesse.

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