L'industrie pharmaceutique suisse atténue les risques liés aux droits de douane grâce à:
- Des investissements massifs aux Etats-Unis pour obtenir des exemptions tarifaires
Roche et Novartis ont annoncé des investissements respectifs de 50 et 23 milliards de dollars dans des installations de fabrication et de R&D aux États-Unis, et pour étendre leur présence dans le pays.
- Négociations sur les prix
Pfizer, Roche, Novartis et Lonza négocient actuellement des mini-accords avec le gouvernement américain. Même si ces accords ne seront pas accessibles à tous les acteurs suisses du secteur, ils créent un précédent.
- Diversification des chaînes d'approvisionnement
Les entreprises suisses diversifient leurs chaînes d'approvisionnement, par exemple en délocalisant la production d'API vers d'autres régions et en tirant parti de partenariats stratégiques pour garantir leur résilience face à d'éventuelles perturbations futures.
- Plaidoyer auprès du gouvernement
Le gouvernement suisse participe activement à des négociations bilatérales afin d'obtenir des exemptions et de maintenir la compétitivité du secteur. Si ces mesures permettent aux plus grands acteurs de résister à la tempête tarifaire, les petites entreprises, en particulier celles qui se concentrent sur les génériques, sont confrontées à des défis plus importants. Les plus petites entreprises pharmaceutiques suisses n'ont pas accès à leur propre production aux Etats-Unis et ne sont pas en mesure d'acheter ou de développer des capacités de production aux Etats-Unis à court terme. Elles devront donc trouver d'autres mesures pour atténuer l'impact des droits de douane.
Le secteur se prépare à d'éventuelles pertes de PIB si les droits de douane persistent, même si les stratégies actuelles devraient protéger l'industrie pharmaceutique suisse des pires effets à moyen terme.
Si les perspectives du secteur semblent plutôt sombres, une catégorie devrait toutefois en tirer profit. Nous observons que les CDMO (Contract Development Manufacturing Organisations) apparaissent comme les grands gagnants dans le contexte d'incertitude actuel. Alors que de nombreuses entreprises pharmaceutiques cherchent à étendre rapidement leur présence industrielle, les CDMO offrent des capacités flexibles et prêtes à l'emploi. Leurs installations bien établies permettent aux entreprises pharmaceutiques d'augmenter rapidement leur production aux Etats-Unis sans les longs délais et les dépenses d'investissement nécessaires à la construction de nouvelles usines. En conséquence, le secteur connaît une forte augmentation des fusions-acquisitions, des investissements et de la croissance. ING prévoit un taux de croissance annuel composé de 8,5% pour les CDMO jusqu'en 2030, car elles deviennent un maillon de plus en plus essentiel de la chaîne d'approvisionnement.1
- Le soutien des banques dans un contexte d'incertitude
Les entreprises du secteur pharmaceutique suisse ont besoin de solutions bancaires qui leur permettent d’évaluer leur capacité d’endettement, de quantifier leur potentiel financier pour les investissements et les acquisitions stratégiques. Cette approche favorise la prise de décisions éclairées en matière d’investissement, qu’il s’agisse de développer des activités à l’international, d’étendre leur présence ou d’identifier des opportunités de fusions-acquisitions susceptibles d’atténuer les risques liés à l’environnement réglementaire ou commercial.
Un aspect important de ces changements stratégiques est la planification de scénarios. L’analyse de scénarios de diverses solutions de financement aide les entreprises du secteur à comprendre l’impact potentiel sur leurs modèles commerciaux, les flux de trésorerie et les plans d’investissement. Elles doivent avoir accès à des solutions de financement concrètes, qui peuvent inclure le financement d’acquisitions, l’accès aux marchés des capitaux, des prêts d’investissement et des facilités de fonds de roulement, leur garantissant ainsi les ressources et la diversification de financement nécessaires pour naviguer dans l’incertitude et saisir les opportunités de croissance. De plus, des solutions de couverture sur les taux d’intérêt et les devises leur permettront de stabiliser les coûts, de sécuriser les prix de vente et de tirer parti d’un environnement monétaire favorable en fixant des niveaux cibles adaptés.
Alors que les entreprises pharmaceutiques suisses s’adaptent au nouveau paysage commercial mondial, la capacité à agir de manière décisive, que ce soit par le biais d’investissements ou de fusions-acquisitions stratégiques, sera essentielle pour maintenir la position de leader de la Suisse dans le domaine des sciences de la vie.