L’année 2025 est caractérisée jusqu’ici par une actualité boursière agitée, rythmée par la volatilité, les ajustements de politiques tarifaires et un climat d’incertitude marqué. Les investisseurs professionnels, confrontés à de multiples chocs et à la mutation rapide des marchés, repensent la structure de leurs portefeuilles. L’enquête Schroders Global Investor Insights 2025* illustre ce basculement: près de 80% des répondants prévoient d’accroître leur allocation à la gestion active dans les douze prochains mois.
Pourquoi cet engouement? L’environnement de marché récent a mis en évidence la concentration croissante des indices boursiers mondiaux. Aujourd’hui, plus de 70% du MSCI World est constitué de titres américains, principalement dans la technologie. Cela représente un risque pour les portefeuilles — non seulement sur le plan sectoriel et géographique, mais aussi monétaire, la prépondérance du dollar US ayant augmenté. Selon l’enquête Schroders Global Investor Insights, 74% des investisseurs considèrent l’indice S&P 500 comme le symbole de cette concentration, suivi du MSCI World.
Richard Oldfield, CEO de Schroders, prévient: «Il n’y a pas que la concentration sur quelques titres ou pays, mais aussi – de façon cruciale – sur les devises. La récente baisse marquée du dollar face aux principales monnaies a eu un impact important sur la richesse des investisseurs. Je ne pense pas que beaucoup aient mesuré l’ampleur de ces risques dans leur portefeuille.»
Cette exposition involontaire inquiète. Pour la majorité des investisseurs, la priorité devient la robustesse du portefeuille: 55% des sondés dans l’enquête Schroders Global Investor Insights placent la résilience en tête de leurs objectifs, devant la simple recherche de performance ou de rendement. La gestion active est vue comme la meilleure réponse à ce défi, grâce à sa capacité d’ajuster rapidement l’allocation, sélectionner avec discernement et éviter les zones de surchauffe. Son avantage principal: capter les opportunités là où elles émergent réellement, et non pas par défaut d’un indice.
Cette agilité ne reflète pas un désintérêt pour le risque. D’après l’enquête, 62% des investisseurs conservent ou augmentent leur niveau de risque, mais de façon plus maîtrisée. Le recours à l’analyse fondamentale, le suivi des tendances structurelles et la sélection dynamique permettent de transformer la volatilité et l’incertitude en opportunités, plutôt que de les subir.
La diversification s’intensifie également au-delà des actifs cotés. Les classes d’actifs privés – telles que les solutions alternatives de crédit et les actions non cotées – sont désormais plébiscitées. 46% des investisseurs, selon Schroders Global Investor Insights, intègrent ce type de stratégies, cherchant à diversifier les sources de rendement et à réduire leur exposition aux mouvements synchronisés des marchés traditionnels.
La gestion active, selon Richard Oldfield, est avant tout prospective: «L’investissement actif permet une analyse approfondie des entreprises, pour déterminer lesquelles méritent d’être détenues dans une perspective de croissance durable. Elle confère aussi un niveau de gestion des risques et d’allocation plus poussé que les stratégies indicielles à faible coût.»
En somme, 2025 consacre l’agilité, l’expertise et la réactivité de la gestion active comme des atouts essentiels pour relever les défis d’un environnement complexe, guidé par la volatilité, les changements structurels et les concentrations de marché. Pour transformer les incertitudes en opportunités, renforcer la robustesse et capitaliser sur la dynamique mondiale, la gestion active apparaît, selon la majorité des investisseurs interrogés, comme la solution la plus adaptée.
* Schroders Global Investor Insights 2025: enquête internationale menée auprès de 1000 investisseurs professionnels sur leurs attentes, leurs priorités et leurs allocations pour l’année à venir.