Les opportunités nées d’un recul du risque de stagflation

Marie Thibout, Mirabaud Asset Management

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L’apaisement des tensions au Moyen-Orient et le reflux des prix de l’énergie favorisent un scénario de reflation modérée, plus favorable aux actifs risqués.

 

Le retour des flux énergétiques réduit les risques pesant sur la croissance mondiale

L’environnement économique s’est montré plus favorable ces dernières semaines. Le protocole d’accord entre les États-Unis et l’Iran ainsi que le cessez-le-feu de 60 jours constituent une étape importante vers la désescalade au Moyen-Orient. La hausse progressive des flux transitant par le détroit d’Ormuz et les principaux oléoducs régionaux a favorisé un retour des prix du pétrole autour de 70 dollars le baril. 

Dans ce contexte, les risques de stagflation se sont nettement réduits. À l’inverse, un scénario de reflation modérée – caractérisé par une croissance robuste et une inflation encore supérieure aux objectifs des banques centrales, sans constituer pour autant une menace immédiate – apparaît aujourd’hui plus probable. De fait, les indicateurs de confiance des directeurs d’achat se sont améliorés à l’échelle mondiale en juin, portés par une reprise des carnets de commandes. Ce phénomène est particulièrement visible en Europe, région plus exposée à la crise pétrolière en raison de sa dépendance aux importations énergétiques. En juin, un redressement des indices PMI y est déjà visible. Aux États-Unis, les données d’activité demeurent solides, portées par la dynamique d’investissement liée à l’intelligence artificielle. Les dépenses de consommation des ménages continuent d’alimenter l’activité, et le marché du travail ne montre pas de signe de détérioration.

Les marchés émergents devraient également bénéficier de l’amélioration du cycle économique mondial et de leur exposition aux chaînes de valeur technologiques.

La normalisation progressive des prix de l’énergie n’a pas dissipé toutes les préoccupations inflationnistes, ce qui conduit les banques centrales à conserver une posture prudente. Plusieurs membres de la Fed ont mis davantage l’accent sur les risques inflationnistes, tandis que le nouveau président Kevin Warsh a lui aussi adopté un ton vigilant. Une à deux hausses de taux directeurs sont attendues cette année aux États-Unis. Certaines poches d’inflation demeurent en effet élevées et sont davantage liées à la vigueur de la demande qu’au choc pétrolier lui-même. En Europe, la BCE a réagi à la hausse des prix de l’énergie en procédant à un relèvement de ses taux directeurs. Il ne s’agit toutefois pas du début d’un nouveau cycle de resserrement monétaire. Comme l’a récemment souligné Christine Lagarde, cette décision vise avant tout à limiter les risques d’effets de second tour.

Environnement plus favorable aux actifs risqués

L’environnement reste donc à ce stade peu porteur pour les obligations souveraines. Les préoccupations liées aux déficits budgétaires demeurent importantes des deux côtés de l’Atlantique, d’autant que les gouvernements européens ont mis en place plusieurs mesures de soutien afin d’amortir le choc énergétique, dont le coût pourrait atteindre 0,2% du PIB européen en 2026. 

À l’inverse, l’environnement apparaît plus favorable aux actifs risqués. Les actions américaines conservent leur attrait dans un contexte de résilience de l’activité économique et de croissance robuste des bénéfices. Les marchés émergents devraient également bénéficier de l’amélioration du cycle économique mondial et de leur exposition aux chaînes de valeur technologiques. Leurs valorisations demeurent par ailleurs relativement attractives par rapport à celles des marchés développés. Sur le plan sectoriel, les segments les plus cycliques du marché semblent mieux positionnés pour profiter d’un environnement économique plus porteur, comme notamment certains secteurs industriels et financiers. Enfin, en dépit de la rotation récente au détriment des valeurs de croissance, les semi-conducteurs et les équipements technologiques restent portés par des perspectives bénéficiaires solides.

L’or continue également de bénéficier d’un environnement structurellement favorable. Au-delà du rebond tactique potentiel après le dernier épisode de correction, plusieurs facteurs structurels devraient continuer de soutenir le métal jaune. La diversification des réserves des banques centrales, les préoccupations persistantes autour de la soutenabilité des finances publiques ainsi que le retour des craintes de dédollarisation demeurent en effet intactes.

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