Le variant Delta va-t-il tuer la reflation?

Steven Bell, BMO Global Asset Management

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Le second semestre sera moins bon que le premier avec, tout de même, une victoire des investisseurs à risque à la clé.


©Keystone

Les données publiées en fin de semaine dernière par l'Office for National Statistics (ONS) sur les infections et les admissions dans les hôpitaux au Royaume-Uni sont inquiétantes. Elles font état d’un bond en avant de l’épidémie, avec une hausse de 67% des infections par rapport à la semaine précédente. Le nombre d'admissions à l'hôpital augmente lui aussi, passant de 250 à 300 sur les deux derniers jours. Cette progression du variant Delta est sans nul doute lié à l’Euro 2021 de football, les supporters se pressant dans les pubs et les restaurants pour suivre la compétition. 

Pas de retour en arrière 

L’essor de l’économie et la poursuite de la réouverture dépendra entièrement de la capacité des services de santé à encaisser une potentielle quatrième vague. Pour l’instant, le lien entre infections et hospitalisations reste relativement faible et les nouveaux cas sont dominés par les moins de 30 ans, moins vaccinés et plus exposés au virus. 

Comme le Royaume-Uni, l'Europe et les Etats-Unis
se préparent à une nouvelle vague d'infections.

En attendant, le Royaume-Uni devrait annoncer que la quasi-totalité des restrictions sanitaires seront levées à partir du 19 juillet, mais la décision finale sera prise le 14. Les restrictions de voyage seront maintenues mais la quarantaine sera allégée pour les personnes entièrement vaccinées, bien que les gouvernements doivent encore résoudre les problèmes de reconnaissance des vaccins des autres pays. 

Comme le Royaume-Uni, l'Europe et les Etats-Unis se préparent à une nouvelle vague d'infections dues au variant Delta. Tous semblent prêts à résister à la réimposition des restrictions, le plan consistant à vivre avec le virus, grâce aux vaccins.

Qu’est-ce que cela signifie pour l'économie mondiale?

Le boom des économies développées va probablement se poursuivre au cours des prochains mois, mais les marchés émergents resteront à la traîne. En effet, la Chine continue de ralentir, avec une impulsion de crédit plus faible (une mesure de la croissance des nouveaux financements), une chute de l'indice composite des directeurs d'achat et des surprises économiques fortement négatives.

Il semble très peu probable que les entreprises
puissent égaler leur récent record de résultats.

En ce qui concerne les marchés d'actions, ce mois-ci marque la saison des rapports pour le premier trimestre. De bons chiffres sur les bénéfices et les revenus sont attendus, mais il semble très peu probable que les entreprises puissent égaler leur récent record de résultats. Il faudra s’attendre à une réponse terne des actions. Une deuxième vague de pression inflationniste est à anticiper aux Etats-Unis, même si les hausses de prix que nous avons connues jusqu'à présent cette année commencent à s'atténuer.

Dans l'ensemble, les actions finiront l'année un peu plus haut que le niveau actuel, en surperformant les liquidités et les obligations. Le second semestre ne sera pas aussi bon que le premier, mais le score final devrait quand même voir une victoire des investisseurs à risque.

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