Le prix du pétrole s’effondre en sus de l’épidémie du COVID-19

Marie Owens Thomsen, Indosuez Wealth Management

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On peut s'attendre à ce que de nombreux producteurs de pétrole soient confrontés à des conditions de récession.

Les négociations de l'Opep ont échoué suite à la décision de la Russie de ne pas rejoindre l'Arabie Saoudite dans les réductions de production proposées. 

Une baisse du prix du pétrole contribue principalement à l'augmentation du PIB mondial, mais depuis la découverte du schiste américain, cette relation ne se vérifie pas nécessairement en dessous d'un certain prix - et c'est sans doute la situation actuelle. 

L'Arabie saoudite cherchait à fixer un plancher pour le prix du pétrole, tandis que la Russie souhaitait cibler plus spécifiquement les producteurs de schiste américains. On estime que ces producteurs doivent faire face à un coût de production d'environ 25 USD/baril, et avec le prix du pétrole WTI à 30,7 USD/baril actuellement, ils risquent probablement de ralentir la production à l'avenir. En outre, les prêts destinés à ce secteur seront logiquement réduits. Globalement, à ces prix, on peut s'attendre à ce que de nombreux producteurs de pétrole soient confrontés à des conditions de récession. En revanche, les importateurs de pétrole en profiteront bien sûr, même si la demande est moins forte.

Dans l'ensemble, cela ajoute aux risques de dégradation de notre scénario macroéconomique mondial. Cela aura également pour effet de faire baisser l'inflation. Dans l'indice américain de l'IPC, l'énergie pèse 7,7% alors que dans la zone euro, le poids est de 11%. En Chine, on estime que l'énergie (le Bureau national des statistiques a révélé 8 catégories dans l'IPC mais n'a pas publié les pondérations) ne compte que pour 2 à 3% dans l'IPC. Par conséquent, l'impact de la baisse du prix du pétrole sur l’inflation variera selon les pays. 

Un secteur qui pourrait logiquement connaître une pression à la hausse sur les prix est celui de l'alimentation. La FAO rapporte que les prix des denrées alimentaires en février ont baissé par rapport à janvier, mais qu'ils ont néanmoins augmenté de 8,1% par rapport à février 2019. Dans l'IPC américain, les denrées alimentaires pèsent 13,7% et les aliments et boissons 14,6%. Dans l'IPC de la zone euro, les denrées alimentaires représentent environ 6%, et dans l'indice des prix de la Chine, le poids est de près de 20%. La hausse des prix des denrées alimentaires pourraient donc l’emporter sur la baisse du prix du pétrole, et brouiller la lecture des IPC sous-jacents qui excluent les prix des denrées alimentaires et de l'énergie. Toute personne cherchant une protection abordable contre l'inflation ferait bien de se tourner vers l'or. L'or se négocie actuellement à 1’675,5 USD/Oz et, alors qu'il commence à entrer en territoire de sur-achat, il tente de casser la barre des 1’700.0 USD/Oz, ce qui serait haussier.

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