En 2025, les caisses de pension suisses ont continué d'améliorer leur situation. Avec un taux de couverture de 91,2% à fin 2025 (92,3% au 30 avril 2026), les caisses de droit public affichent un niveau record. Du côté des caisses de droit privé, le taux de couverture de 119,6% en 2025 (121,2% au 30 avril 2026) est aussi proche de son plus haut historique de 122,1% atteint en 2021.
En matière de performance, les rendements nets ont atteint en moyenne 6% en 2025, contre 7,6% en 2024 et après 5,1% en 2023. Sur 10 ans, des rendements négatifs n'ont été enregistrés qu'en 2022 (-8,8%) et en 2018 (-2,9%). Il en résulte un rendement net moyen de 4% pour la période allant de 2016 à 2025, indique la 26e étude sur les caisses de pension de Swisscanto présentée par la Banque cantonale de Zurich (ZKB).
L'étude 2026, qui repose sur les indications fournies par 528 institutions de prévoyance dont plus de 100 sont basées en Suisse romande, représente 939 milliards de francs d'actifs sous gestion pour le compte de 4 millions d'assurés.
«Le motif le plus souvent cité par les personnes âgées de 50 ans et plus qui prévoient de percevoir une prestation en capital est de pouvoir disposer d'une flexibilité financière élevée à la retraite.»
Dans une perspective de long terme, l'étude souligne aussi que le rendement des placements (troisième cotisant) a été le principal contributeur pour le financement du deuxième pilier en Suisse avec une part de 39% sur la période allant de 2008 à 2025, suivie par les cotisations des employeurs (35%) et celles des employés (25%).
L'étude met toutefois également en exergue les disparités importantes qui existent entre les différentes caisses de pension. Celles qui font partie du premier décile en termes de rémunération ont rémunéré les avoirs de vieillesse des assurés actifs en 2025 à hauteur de 9,25% (médiane), alors que celles qui font partie du dernier décile ne l'ont fait qu'à hauteur de 2%. Pour la période allant de 2021 à 2025, la rémunération moyenne atteint 3,5%, s'élevant à 6,4% pour les caisses de pension faisant partie du premier décile mais à seulement 2% pour celles incluses dans le dernier décile.
Sur dix ans, il ressort aussi de l'étude que les préférences affichées par les assurés concernant le choix entre le retrait de capital et la rente ont beaucoup évolué. En 2016, plus de la moitié (51%) des nouveaux retraités optaient exclusivement pour la rente, une proportion qui est tombée à 34% en 2025. A l'inverse, la part de ceux qui optent exclusivement pour le capital a atteint 42% en 2025, contre seulement 30% en 2016. La proportion des nouveaux retraités qui mélangent rente et capital est restée stable à 19% entre 2016 et 2024, avant d'atteindre 24% en 2025. Le point sur les différents résultats de l'étude avec Christian Waser, responsable clientèle institutionnelle Suisse romande, à la Banque cantonale de Zurich (ZKB).
La rémunération réelle moyenne des avoirs de vieillesse a atteint 4,6% en 2025, soit le niveau le plus élevé de ces 25 dernières années. Ce résultat peut-il être répété sur la durée ou s'agit-il d'un niveau exceptionnel?
Il s'agit d'une rémunération historiquement élevée. Quant à savoir si une telle performance peut être soutenable à long terme, il est difficile de formuler un pronostic à ce sujet. Il est également important de replacer cette rémunération dans le contexte d'un taux d'intérêt technique qui est situé à 1,5%. Cela signifie que les avoirs de vieillesse sont donc très bien rémunérés actuellement. Il faut s'attendre à ce que cette rémunération va certainement continuer de fluctuer à l'avenir. En comparaison, la rémunération réelle des assurés actifs a atteint 2,3% en moyenne pour la période allant de 2000 à 2025.
Un autre résultat marquant qui ressort de l'étude de 2026 de Swisscanto sur les caisses de pension en Suisse est que 51% des assurés ont opté pour le retrait en capital des avoirs de vieillesse, une proportion qui dépasse le seuil des 50% pour la première fois. A l'inverse, la part des assurés qui retirent leurs avoirs exclusivement en rente est tombée à 34% en 2025, comparé à 51% en 2016. Comment expliquer la préférence affichée par les assurés pour le retrait en capital?
Concernant les raisons qui font pencher les assurés en faveur d'un retrait de capital, le motif le plus souvent cité par les personnes âgées de 50 ans et plus, qui prévoient de percevoir une prestation en capital ou qui l'ont déjà perçue, est d'abord le fait de pouvoir disposer d'une flexibilité financière élevée à la retraite (43%), suivi de la possibilité de décider soi-même des placements. Un faible niveau du taux de conversion ou une rente peu attrayante n'est cité que par 17% des sondés. Les considérations fiscales ne sont mentionnées que par un quart des personnes interrogées.
«La moitié des personnes sondées disent avoir recours à un conseiller financier pour gérer le capital qui a été retiré.»
Comment les personnes qui optent pour un retrait de capital gèrent-elles ensuite leur avoir de prévoyance après l'avoir retiré?
L'étude fournit aussi quelques indications à ce sujet. La moitié des personnes sondées disent avoir recours à un conseiller financier pour gérer le capital qui a été retiré.
Concernant l'évolution de la performance (6% en 2025, contre une moyenne de 4% entre 2016 et 2025), les meilleures caisses de pension ont dégagé presque trois fois plus de rendement en 2025 que les moins bonnes. Les rendements moyens nets du premier décile se sont élevés à 9,1%, alors qu'ils n'ont atteint que 3,2% pour le dernier décile. On voit aussi que les «Top performers» comme on les appelle investissent 9,5% de leurs actifs dans les placements alternatifs, contre seulement 4,2% pour les «Bottom-performers». La première catégorie n'investit aussi que 18% dans les obligations, contre 36,6% pour la seconde. Ces choix différents en matière d'allocation d'actifs expliquent-ils l'essentiel de ces écarts de performance?
On ne peut pas attribuer la sur- ou sous-performance des meilleures et des moins bonnes caisses de pension au seul fait d'investir davantage dans les placements alternatifs, respectivement moins dans les obligations. Ces différences de performance dépendent plutôt de la propension des caisses de pension à pouvoir prendre des risques ou non.
On constate aussi que la part allouée aux infrastructures reste très faible, avec seulement environ 1% de l'allocation d'actifs des caisses de pension. Comment l'expliquer alors que les infrastructures sont souvent mentionnées comme une classe d'actifs particulièrement appropriée pour les investisseurs institutionnels?
Cette proportion est certes toujours faible mais elle s'inscrit néanmoins en légère hausse. Le choix d'investir ou non dans une classe d'actifs est une décision qui dépend de beaucoup de facteurs, qui dépendent aussi du fonctionnement interne des caisses de pension. Cela dépend beaucoup de la philosophie du conseil de fondation en matière d'investissements, de son ouverture à l'idée d'investir dans de nouvelles classes d'actifs, etc. Il arrive également que les mauvaises expériences faites par certaines caisses de pension il y a dix ou quinze dans un domaine donné font qu'elles rechignent à investir dans telle ou telle classe d'actifs. De manière générale, il est difficile d'expliquer les choix faits par les caisses de pension.
Plus de 500 caisses de pension ont disparu en Suisse en quinze ans. Ce mouvement de concentration va-t-il se poursuivre?
La plupart des caisses de pension qui ont arrêté leur activité ont rejoint ensuite des fondations collectives. La concentration dans le secteur va certainement se poursuivre, au moins pour deux raisons. D'une part, dans un but d'optimisation des coûts. D'autre part, pour des motifs liés à la responsabilité du conseil de fondation. La tendance à la consolidation est appelée à perdurer.