La pandémie accélère la réflexion sur les cryptomonnaies de banque centrale

AWP

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Du fait des mesures de confinement, des changements déjà à l’oeuvre dans les moyens de paiements ont nettement accéléré, constate la BRI.

La pandémie de COVID-19 va accélérer la réflexion sur les monnaies numériques de banque centrale, a estimé la banque des règlements internationaux (BRI) dans un extrait de son rapport annuel publié mercredi.

Du fait des mesures de confinement ou de restrictions de mouvements imposées dans différents pays, des changements déjà à l’oeuvre dans les moyens de paiements, comme les règlements sans contact, ont nettement accéléré, a constaté dans ce rapport cette institution considérée comme la banque centrale des banques centrales.

Les règlements électroniques ont également augmenté en raison de la fermeture des magasins qui a dopé l’e-commerce.

Si l’utilisation des pièces et billets a diminué au quotidien, la détention de liquide, à titre de précaution, n’en a pas moins augmenté dans certains pays, comme cela avait été le cas par exemple lors du passage à l’an 2000 ou de la crise financière, a-t-elle nuancé.

«La crise du COVID-19, et l’essor des paiements électroniques qui l’accompagne, est susceptible de doper le développement des monnaies numériques de banque centrale», a jugé l’institution sise à Bâle, en Suisse, dans un chapitre consacré aux systèmes de paiements à l’heure du numérique, publié mercredi en amont de son rapport annuel complet.

La question des monnaies numériques émises par les banques centrales était déjà au coeur d’un vaste chantier pour accompagner l’évolution rapide des moyens de paiements.

Avec l’essor des cryptomonnaies, une poignée de banques centrales s’étaient penchées sur l’idée de lancer une version numérique de leur propre monnaie. Les projets étaient cependant restés isolés, la banque centrale du Suède faisant figure de pionnière en lançant une étude sur une éventuelle e-couronne.

Les pistes de réflexion autour de possibles monnaies numériques de banque centrale se sont toutefois multipliées depuis l’annonce l’an passé d’un projet de monnaie numérique dévoilé par le géant américain Facebook qui avait suscité de vives inquiétudes.

Le projet avait soulevé une levée de boucliers tant chez les banquiers centraux que chez les régulateurs et décideurs politiques, inquiets des risques pour la stabilité du système financier, la lutte contre le blanchiment d’argent ou la protection des données personnelles.

La BRI avait créé un groupe de travail ainsi qu’un pôle d’innovation technologique, confié au Français Benoît Coeuré, un ancien membre du directoire de la Banque centrale européenne.

L’association Libra, qui pilote le projet initié par Facebook, a depuis revu ses ambitions à la baisse, notamment après une série de revers avec plusieurs de ses grands partenaires qui ont quitté le projet.

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