La microfinance peut aider les investisseurs en période de crise

Philipp Müller, BlueOrchard

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Le COVID-19 a ébranlé les classes d’actifs traditionnelles, mais la microfinance a, par le passé, démontré sa capacité à résister. Quid de la suite?

La propagation continue du coronavirus (COVID-19) suscite des craintes grandissantes liées à la perturbation des chaînes d’approvisionnement, du tourisme et de la demande mondiale. Ces inquiétudes ont provoqué une forte baisse des places boursières, tandis que les rendements des emprunts d’État ont plongé à leurs plus bas historiques.

Cependant, alors que les classes d’actifs traditionnelles n’ont guère tardé à réagir, l’impact sur les marchés privés, en particulier ceux comme la microfinance, prendra du temps à être évalué. L’effet sera plus nuancé et variera selon les régions, les secteurs d’activité et les modèles économiques.

Garder la tête froide…

Fait important, la microfinance est habituellement moins corrélée avec les marchés cotés, si bien que l’un des avantages majeurs de cette classe d’actifs est la diversification qu’elle peut apporter aux portefeuilles des investisseurs.

Les microentrepreneurs ont particulièrement besoin de pouvoir accéder
à des capitaux pour leur permettre de générer un revenu.

Les investissements dans la microfinance, notamment sur les marchés émergents et frontières, ont fait preuve par le passé d’une bonne résistance aux chocs de cette nature, en particulier lors d’événements tels que l’épidémie de SRAS en 2002, la crise financière mondiale de 2008 et le MERS en 2012.

Zones rurales moins connectées = moindre impact

Le ralentissement de la croissance chinoise pourrait avoir des répercussions sur les marchés fortement dépendants de la Chine pour le commerce, l’investissement et le tourisme.

À ce jour, la plupart des pays dans lesquels nous investissons n’ont recensé que quelques cas de COVID-19. Compte tenu de la forte diminution des déplacements internationaux causée par le virus, il est possible que sa propagation dans les pays en développement reste relativement limitée, l’exposition des investisseurs se concentrant dans des zones rurales qui présentent une faible densité de population.

Cela étant, en tant que spécialiste de l’investissement à impact, BlueOrchard estime qu’en période de crise, les microentrepreneurs ont particulièrement besoin de pouvoir accéder à des capitaux et à d’autres services pour leur permettre de générer un revenu.

L’accès à ces services permet de libérer le potentiel d’individus susceptibles d’être socialement et économiquement vulnérables, et peut contribuer à rompre le cycle de pauvreté et d’oppression, leur conférant une autonomie accrue ainsi qu’à leur famille et à la communauté qui les entoure.

Une approche pragmatique

Bien qu’il soit trop tôt pour quantifier pleinement l’impact du virus sur nos investissements, certains secteurs sont selon nous susceptibles d’être plus durement touchés. Jusqu’à présent, nous ne constatons aucun impact majeur sur les entreprises dans lesquelles nous investissons, mais nous restons très attentifs à l’évolution de la situation et allouons nos placements en conséquence.

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