Début novembre, de nombreux gérants de portefeuille de BlackRock se sont réunis lors de notre forum annuel pour discuter des perspectives pour 2026 avec pour thème central, l’intelligence artificielle. L’ampleur du déploiement de l’IA et ses implications potentielles ont constitué un sujet clé, d’autant que les prévisions de dépenses d’investissement pour les cinq prochaines années et au-delà, ne cessent d’être revues à la hausse.
Une attention particulière a été portée aux contraintes physiques liées à cette montée en puissance : capacité de calcul, outils et surtout consommation énergétique. Les estimations concernant la future demande électrique des centres de données et des puces dédiés à l’IA sont colossales. Reste à savoir comment cette demande sera satisfaite, en particulier aux Etats-Unis. Les réseaux électriques et l’approvisionnement énergétique se sont ainsi retrouvés au cœur des discussions sur les perspectives de l’IA et ont naturellement été reliés au débat sur la compétition stratégique entre les Etats-Unis et la Chine. Les deux pays poursuivent des objectifs ambitieux en matière d’intelligence artificielle et doivent répondre à la question de la soutenabilité énergétique de ces ambitions.
Nos gérants de fonds ont également commenté l’utilité des mutations structurelles dans un environnement où le contexte macroéconomique n’est plus vraiment un allié. Nous observons concrètement la tendance à la fragmentation géopolitique dans la compétition stratégique persistante entre les Etats-Unis et la Chine autour de l’IA et d’autres secteurs. La récente accalmie commerciale est en partie le résultat des stricts contrôles à l’exportation imposés par la Chine sur les terres rares ; des matières premières essentielles pour une large gamme de produits, des véhicules électriques aux infrastructures d’IA. Nous pensons que, malgré la poursuite de la rivalité stratégique et la fragmentation géopolitique qui reconfigurent les chaînes d’approvisionnement mondiales, ces mesures devraient offrir à court terme une certaine stabilité dans les relations sino-américaines.
Les évolutions fulgurantes autour de la «finance du futur» ont également suscité de vifs débats. Nous avons concentré notre attention sur deux points clés. Premièrement, les stablecoins, dont la diffusion s’est fortement accélérée depuis 2020 et qui, aux Etats-Unis, ont bénéficié pour la première fois d’un cadre réglementaire clair avec l’adoption du Genius Act au début de cette année 2025. Les stablecoins allient la fluidité de transfert des monnaies numériques à la stabilité perçue des monnaies fiduciaires. Ce qui est au cœur des discussions, c’est leur potentiel disruptif, notamment en cas d’adoption dans les marchés émergents, et la manière dont cela pourrait influencer la demande de Treasuries américains ainsi que l’activité des banques. Deuxièmement, l’effacement progressif des frontières entre marchés publics et privés, avec une attention particulière portée au private credit. Selon nous, c’est ainsi que les marchés de capitaux se reconfigurent pour financer l’intersection de ces mégatendances.