Formation continue dans le secteur bancaire: solide, autonome, tournée vers l’avenir

Dominique Steiner, Association suisse des banquiers (ASB)

2 minutes de lecture

Les banques se disent très satisfaites de l’offre proposée actuellement par les organismes suisses dans le domaine Banking & Finance. Gérer l’IA n’est plus un sujet théorique depuis bien longtemps.

 

A observer le secteur bancaire suisse, on est frappé de voir combien un marché de la formation continue fonctionne bien lorsqu’il est animé par les acteurs de la formation eux-mêmes, sans que l’association faîtière en centralise la coordination. La récente enquête sectorielle de Swiss Banking confirme ce constat. Les banques se disent très satisfaites de l’offre de formation continue proposée actuellement par les organismes suisses dans le domaine Banking & Finance. Les formats et les matières sont très diversifiés, très pertinents pour les établissements financiers, et la perméabilité entre les filières est exemplaire. Les banques continuent d’investir de manière ciblée et globale dans la formation continue de leurs collaboratrices et collaborateurs.

Des stratégies individuelles en matière de formation continue

Les établissements de formation continue proposent une large gamme de formats établis, dont le Certificate of Advanced Studies (CAS), le Master of Advanced Studies (MAS) ou les filières des hautes écoles spécialisées. La qualité et la proximité avec la pratique sont leurs priorités. En collaboration avec des partenaires externes, de nombreuses banques ont développé des programmes «maison» conçus pour répondre précisément à leurs besoins. La coordination centralisée des offres de formation continue par Swiss Banking, c’est désormais du passé – une évolution positive au vu de la dynamique actuelle du marché.

S’agissant de la formation initiale, la situation est différente en raison des prescriptions légales et du traitement uniforme des quelque 250 métiers enseignés: la formation «Employé·e de commerce CFC – Branche Banque» est placée sous la responsabilité de Swiss Banking, qui joue un rôle clé pour définir les conditions-cadres spécifiques à la branche. De même, la «formation bancaire initiale post-maturité», qui contribue grandement à attirer de nouveaux talents, relève de la compétence de l’association faîtière.

Vent en poupe pour les filières des hautes écoles spécialisées

Les préférences en matière de formation évoluent depuis quelques années, de sorte que la filière «Economiste bancaire diplômé·e ES» est de moins en moins demandée. Il est donc logique que l’Ecole supérieure en banque et finance (ESBF) suspende ses activités en fin d’année 2026.

En parallèle, le nombre des personnes en formation post-maturité au sein des banques n’a cessé d’augmenter. Cette filière permet en effet d’accéder directement aux hautes écoles spécialisées – une passerelle que la relève emprunte de plus en plus, d’où la demande accrue. Les banques n’ont pas tardé à identifier cette évolution et à adapter leurs stratégies de formation en conséquence. La suppression de la filière ESBF n’est donc pas une perte à leurs yeux, mais un signe des temps – qui changent.

Les compétences d’avenir intégrées dans la formation continue

Les banques sont prêtes à relever de nouveaux défis. Leurs besoins principaux sont désormais pris en compte par divers organismes de formation, qui proposent des micro-credentials, des parcours de formation modulaires, ou encore des programmes sur l’éthique numérique ou la littératie des données (data litteracy). De même, gérer l’intelligence artificielle n’est plus un sujet théorique pour les banques depuis bien longtemps, c’est un objet concret de formation.

Dans ce contexte, les offres destinées aux personnes travaillant dans le secteur financier font florès sur le marché de la formation continue, où l’on trouve par exemple un CAS «Future Banking & Digital Transformation» ou un CAS «Banking Business Transformation». Ces programmes intègrent l’évolution des modèles d’affaires et des besoins de la clientèle ainsi que les nouvelles technologies.

Le rôle moteur de Swiss Banking

Avec la transition numérique et les exigences réglementaires croissantes, le paysage de la formation évolue en permanence dans le secteur bancaire. Des formations initiales proches de la pratique, des formations continues vraiment continues, un développement ciblé des compétences – ce sont là autant d’éléments déterminants pour l’avenir de la branche.

Compte tenu de la dynamique actuelle, tous les acteurs – banques, prestataires de formation, associations, milieux politiques – sont appelés à assumer leurs responsabilités et à dessiner ensemble un paysage de la formation tourné vers l’avenir. Alors seulement, les banques suisses continueront de disposer d’un personnel remarquablement formé, capable de contribuer à façonner le changement. 

A lire aussi...