Depuis le début de l’année, l’espace médiatique et financier a été saturé d’annonces et d’informations, principalement en provenance de la Maison Blanche. Sur le plan géopolitique, les signaux de tensions se sont multipliés, tels que le projet de prise de contrôle du Groenland, la capture du président vénézuélien Maduro ainsi que les menaces d’intervention en Iran. Parallèlement, plusieurs mesures de soutien au pouvoir d’achat des Américains et à l’économie ont été annoncées par Trump, tels que le plafonnement des taux des cartes de crédit et le rachat de 200 milliards de dollars de titres hypothécaires.
Sur le plan du commerce international, les tensions se sont ravivées, les Etats-Unis menaçant de représailles les pays commerçant avec l’Iran ou ceux ayant envoyé des troupes militaires au Groenland. L’Union européenne a quant à elle riposté rapidement, menaçant d’utiliser son instrument anti coercition, lequel pourrait restreindre l’accès des entreprises américaines au marché européen.
Nul doute que l’année 2026 continuera donc d’être marquée par des incertitudes politiques, géopolitiques et tarifaires, sources de fréquents soubresauts de marchés mais offrant également des opportunités, notamment pour les investisseurs de long terme qui sauront mettre à profit ces épisodes de volatilité pour renforcer leurs positions, tout en maintenant une diversification sectorielle et géographique.
Malgré nos anticipations d’une légère décélération de la croissance mondiale, les fondamentaux de l’économie restent solides.
Aux Etats-Unis, la configuration actuelle unique d’une économie qui reste dynamique, combinée à une très bonne croissance des bénéfices des entreprises et à des mesures d’assouplissement monétaire et fiscal, reste favorable aux marchés actions en 2026 et justifie notre surpondération tactique des actions américaines. Nous nous attendons néanmoins à une contribution plus équilibrée des différents secteurs à la performance des marchés, avec au-delà d’un secteur technologique toujours porteur, une meilleure performance potentielle de la santé et de la consommation discrétionnaire.
Le marché européen attend un relais de croissance qui pourrait venir d’un euro plus faible, d’une croissance domestique plus forte, ou des deux. Ceci devrait être soutenu par le plan allemand d’infrastructures, mais les incertitudes politiques françaises pourraient peser. Les prévisions de change anticipent un léger renforcement du dollar, insuffisant pour doper fortement les bénéfices qui devraient néanmoins rebondir de 10% ou plus en 2026, ravivant l’intérêt pour les actifs européens, notamment les financières et les industrielles.
Nous favorisons également les marchés émergents qui restent plus faiblement valorisés, malgré leur hausse en 2025. La conjonction des baisses de taux attendues et d’un dollar faible devraient leur permettre de poursuivre leur dynamique même si l’argument de sous valorisation est moins décisif et nécessite de nouveaux catalyseurs. Les mesures de relance en Chine ou de nouveaux flux provenant de l’arbitrage des investisseurs cherchant à diversifier leurs actifs hors des Etats-Unis en sont un exemple.
Plus globalement, les thèmes de la défense et de la souveraineté seront toujours prédominants en 2026, tout comme celui de l’intelligence artificielle dont les gros acteurs représentent toujours une part importante de la capitalisation et de la croissance des bénéfices des indices boursiers.
Vers une pentification des taux dans les pays développés
Sur le marché obligataire, les politiques monétaires et fiscales expansives ainsi que l’aggravation des déficits devraient conduire à une pentification de la courbe des taux dans la majorité des pays développés. Nous sous-pondérons nos expositions aux dettes gouvernementales et favorisions des durations courtes, moins sensibles à la hausse des taux longs. Le marché des obligations d’entreprises reste marqué par des primes de crédit extrêmement faibles qui devraient légèrement s’écarter en raison de la hausse des incertitudes et de l’augmentation des nouvelles émissions obligataires en 2026.
Or et marchés privés
L’or reste un pilier important de nos portefeuilles, porté par des dynamiques structurelles de flux qui resteront de mise cette année qui justifient le maintien de notre surpondération induite par la dérive de marché.
L’année 2026 sera une période de transition pour les marchés privés qui deviennent plus que jamais essentiels à la construction de portefeuilles robustes, en offrant de nouveaux moteurs de rendement et de diversification comme alternative aux marchés côtés.
La finance peut parfois se résumer à un flux continu d’informations quasiment impossible à «digérer» rapidement. Il sera donc important cette année de savoir distinguer le bruit du message essentiel, en s’appuyant sur les solides dynamiques économiques et sur des processus d’investissement basés sur des éléments d’analyse rigoureux. Il conviendra d’éviter de tomber dans le piège de l’hyperactivité, erreur souvent fatale quand il s’agit de construire une performance robuste à long terme.